mardi, août 11, 2009

L’ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT -Juillet 2009


Depuis le début de l’année, trois moments forts sont à noter, en l’occurrence, le documentaire intitulé « Bernadotte et Monarchie suédoise. » diffusé sur ARTE, les visites au Musée Bernadotte de Sa Majesté le Roi de Suède accompagné de son épouse ainsi que celle de la Princesse Christina et enfin la levée des couleurs à Sceaux.

La diffusion du documentaire a permis à beaucoup de nos concitoyens de connaître une partie de l’histoire de Jean-Baptiste Bernadotte. Et si j’en juge les informations communiquées, l’impact au sein du musée Bernadotte a été perceptible. En effet, le nombre de visiteurs du musée a été en moyenne de 15 par jour, soit le double par rapport aux années précédentes. On m’a rapporté que certains visiteurs du musée disaient qu’ils avaient le musée à la télé.

Deux autres facteurs ont joué un rôle important, je veux parler des visites privées du Roi de Suède accompagné de son épouse et quelques semaines plus tard de celle de la Princesse Christina.

Concernant la levée des couleurs, ce fût une cérémonie marquée par l’amitié entre les deux états. Cette manifestation, était organisée à l’occasion de la présidence de l’U.E par la suède. A noter la présence de Per Holmstrom, ministre plénipotentiaire suédois. Je profite de cet éditorial pour remercier la Ville de Sceaux pour cette riche initiative.

Un petit mot sur le musée. L’accueil du public reste un des paramètres les plus important dans une telle structure. Que les agents du musée soient ici remerciés.

S’il n’existe pas à ce jour de vrai site internet des Amis du Musée Bernadotte (nous avons un blog http://les-amis-de-bernadotte.blogspot.com/), je peux vous annoncer qu’avant la fin de l’année, cette lacune sera comblée. En effet, un site est actuellement en création et devrait être opérationnel en octobre. Je ne vous cacherai pas que cette opération à un coût…J’espère que cet espace de communication permettra d’échanger avec les chercheurs, les passionnés ainsi que les autres musées du monde entier.

Dans le prochain bulletin j’évoquerai, d’une part nos acquisitions et les actions réalisées, et d’autre part, la situation quant aux manifestations pour 2010. Cependant, outre les villes souhaitant participer aux manifestations (Pau, Savigny le Temple, Sceaux) des viticulteurs de crus connus devraient créer des cuvées spéciales. (Château le Til-Comte Clary , de notre ami Gérard de Laitre et le Domaine de Cinquau)

Avant de vous souhaiter bonnes vacances, je veux remercier tous les acteurs qui ont participé à l’élaboration de ce bulletin

Je vous souhaite de très bonnes vacances.

Photos de la cérémonie à Sceaux




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Crédit "Photos" de Sylvie SCALA

La famille Bernadotte mise à l’honneur à Sceaux


Photo de Sylvie SCALA

La famille Bernadotte mise à l’honneur à Sceaux

Texte de la Direction de la Communication de la Ville de Sceaux

Le 1er juillet 2009, la prise de présidence de l’Union européenne par la Suède a été célébrée à Sceaux, ville historiquement liée au Royaume de Suède par la célèbre famille Bernadotte dont les descendants étaient présents.

Historiquement tournée vers l’Europe, la ville de Sceaux, célèbre traditionnellement chaque changement de présidence de l’Union européenne en présence d’un représentant officiel du pays prenant la présidence, du maire, Philippe Laurent, de Chantal Brault, premier adjoint délégué à la Citoyenneté, du conseil d’Enfants local et de la population scéenne. Le 1er juillet dernier, la cérémonie organisée en l’honneur du Royaume de Suède revêtait un caractère particulier en raison des liens historiques qui unissent Sceaux et le Royaume de Suède grâce à la famille Bernadotte.

En effet, en 1798, la petite ville de Sceaux a accueilli le mariage de Désirée Clary et de Jean-Baptiste Bernadotte qui deviendra par la suite roi du Royaume de Suède et de Norvège. Cet événement, tant historique qu’anecdotique, a marqué l’histoire de Sceaux qui, depuis, conserve précieusement l’acte de mariage de ce couple au destin hors du commun et aime à célébrer ce pan d’histoire, proche du conte de fée. C’est ainsi que deux allées scéennes portent aujourd’hui les noms de nos héros, qui ont également été les sujets de l’exposition à succès « Les mariés de l’an IV » organisée par la bibliothèque municipale de Sceaux, en 1998, pour célébrer le bicentenaire de leur mariage.

Le 1 er juillet dernier, étaient ainsi mis à l’honneur, lors de ce lever des couleurs suédoises, françaises et européennes, Per Holmstrom, ministre plénipotentiaire suédois, ainsi que les descendants et représentants de la famille Bernadotte, Bertil Bernadotte, Président de la Société des Amis de Bernadotte, Jean-Pierre Bernadotte, sa femme, et Didier Perichon. Une première cérémonie franco-suédoise réussie avant les grands événements prévus en 2010 pour commémorer l'élection de Jean-Baptiste Bernadotte, à Örebro en Suède, mais également à Sceaux.

"dessins inspirés pour saluer la présidence de l'U.E"



"dessins inspirés pour saluer la présidence

de l'union europénne par la Suède"

par Paul BARINGOU

www.baringou.com






RÉUNION ANNUELLE DE 2009

Réunion annuelle de 2009 de la section

suédoise de la Société des Amis du Musée Bernadotte

La section suédoise de la Société des Amis du Musée Bernadotte a tenu sa réunion annuelle mardi 26 mai au Château Royal à Stockholm. Le président Lars O. Lagerqvist a ouvert la réunion en souhaitant la bienvenue à tous les membres.

Un télégramme envoyé à leurs Majéstés Le Roi et La Reine a été lu. Le président a prononcé des mots commémoratifs sur trois membres d´honneur qui sont décédés l´année passée : La Comtesse Sonja Bernadotte af Wisborg (1944 – 2008), l´ancien Grand Maréchal du Royaume, Gunnar Lagergren (1912 – 2008) et l´ancien Grand Maréchal du Royaume Sten Rudholm (1912 – 2008). Les membres ont été honorés par minute de silence.

Le bilan avec les les comptes de l´année 2008 ont été présentés et ont également été approuvés par le Commissaire aux comptes.

Le conseil d´administration, qui durant l´année a été composé par M. Lars O. Lagerqvist,

président, M. Leif T. Jansson, secrétaire et trésorier, Mme Mika Jacobson Mann et Baron Per Sparre ont été réélus pour une année encore ainsi que le Commissaire aux comptes Mme Anne Lengholt avec l´assistant M. Michael Alfort.

Après la réunion annuelle, le Consul Général Olof Sjöström a fait une conférence sur le Roi Charles XIV Jean nommé « Karl XIV Johan et l´ économie – une étude sur la création des banques en Suède ».

Après la réunion les participants ont dîné ensemble dans un restaurant dans la vielle ville de Stockholm, situé dans une cave du 14ème siècle.

Leif T. Jansson – Secrétaire de la Société


JOSEPHINE, REINE DE SUEDE ET DE NORVEGE

JOSEPHINE, REINE DE SUEDE ET DE NORVEGE

( 1807 – 1876 )

Texte d´Eveline SUNDSTROM

Introduction

Le 13 Juin 1823, par une magnifique journée printanière, une frêle jeune-fille de 16 ans, une véritable princesse de conte de fées, Joséphine de Leuchtenberg, reçut un accueil triomphal à son arrivée dans le port de Stockholm. Le peuple suédois et le roi Charles XIV Jean l´attendaient avec impatience. La jeune Joséphine, qui allait épouser le prince héritier Oscar, était la future reine de Suède, et celle qui assurerait la postérité de la dynastie des Bernadotte.
Mais d´abord, qui était Oscar ?

Un jeune Prince Héritier: Oscar

Fils unique de Jean-Baptiste Bernadotte ( Charles-Jean en Suède ) et de Désirée Clary, Oscar était venu en Suède avec sa mère en décembre 1810. Il avait à peine onze ans et un destin unique l´attendait : il était le future prince héritier de Suède.

Dès le début, son père lui fit donner une bonne formation, car il tenait à ce que son fils soit instruit au plus vite des devoirs d´un future monarque. Charles-Jean se montra très exigeant pour l´éducation de son fils, qu´il confia à des précepteurs. Il insistait sur l´importance de lui transmettre le bon exemple et de l´initier à la culture suédoise.

Oscar se familiarisa rapidement avec la vie et les habitudes de la Suède; il apprit facilement la langue suédoise et même le norvégien. Il ne tarda pas à émerveiller les membres de la Cour par son caractère jovial, son allure; on remarqua également ses beaux yeux noirs, sa douceur, mais aussi son courage et son intelligence. La reine Hedvig Charlotta ( épouse du vieux roi Karl XIII ), qui avait un faible pour le jeune enfant, écrivait dans son journal personnel : « Il est encore trop tôt pour dire comment le prince Oscar se conduira dans sa vie d´adulte; en tout cas, il est très doué, c´est incontestable; il a un coeur en or, il s´émeut facilement, et il est toujours prêt à venir en aide à son prochain ! » (1)

Ses proches le décrivaient comme un enfant obéissant, serviable, consciencieux et soucieux de plaire à tout son entourage. Cependant, Oscar souffrait d´être séparé de sa mère, puisque celle-ci n´avait pas voulu rester en Suède. Cette séparation interminable a beaucoup marqué la jeunesse du prince, et la correspondance entre mère et fils ne pouvait pas remédier à l´absence d´une mère. Et assez vite, Oscar apprit à dissimuler ses sentiments, ses faiblesses et sa vulnérabilité. Il avait donc été obligé très tôt de se comporter en adulte. Il se sentait délaissé lorsque son père quittait Stockholm pour se consacrer aux affaires du royaume.

En 1817, Oscar atteignit l´âge de la majorité ( 17 ans pour un prince ), et ce fut l´occasion de festivités à la Cour et dans tout Stockholm. La reine Hedvig Charlotta nous a laissé de lui un portrait tout à fait élogieux : « Le prince Oscar est vraiment un jeune-homme accompli. Pourvu qu´aucune mauvaise influence ne vienne gâcher son avenir..... Ainsi la Suède pourra s´estimer heureuse d´avoir un jour un roi comme Oscar…....qui se montre noble, judicieux, et cultivé. De plus, il est doué de bon sens et de tact, et il est soucieux de justice …... » (2)

En 1819, Oscar se rendit à Uppsala en vue d´y poursuivre des études universitaires. Il était surtout passionné de chimie, de questions socio-politiques, et il possédait des dons musicaux exceptionnels. : il pratiquait le chant, la danse, il jouait du piano, et même composait de petites pièces musicales. S´il n´avait pas été destiné à devenir roi, Oscar aurait fait une carrière de pianiste compositeur. Le célèbre Ludvig van Beethoven, ayant entendu parler du talent d´Oscar pour la musique, s´était proposé comme mentor pour « l´aider à développer son don musical » (3) Toutefois, Oscar ne disposait pas de beaucoup de temps, car il participait aussi à la vie mondaine d´Uppsala, et il côtoyait savants, académiciens et gens de lettres.

De retour à Stockholm, Oscar commença à poser son regard sur les élégantes demoiselles de la Cour, et la gent féminine ne résistait pas au charme du prince qui séduisait avec ses grands yeux noirs et sa chevelure bouclée. La comtesse Jacquette Löwenhielm, une jeune femme fort jolie et coquette, finit par enflammer le coeur du prince. Elle était l´épouse du chambellan d´Oscar, le comte Gustaf Löwenhielm. Cette liaison, qui dura fort longtemps, eut pour résultat la naissance secrète d´une fille, vers 1820, nommée Oscara.

Naturellement, le roi Charles-Jean voyait d´un mauvais oeil cette intrigue galante entre son fils et la comtesse; sans parler de la position embarrassante dans laquelle se trouvait le mari trompé. Le roi s´ínquiétait sérieusement de la conduite de son fils et estimait qu´il était temps de le marier. En 1822, Oscar approchait de son 23ème anniversaire, et Charles-Jean considérait que le moment était propice à la recherche d´une fiancée.

Une alliance avec une maison princière d´Europe était hautement souhaitable pour affermir la légitimité de la famille Bernadotte, et il fallait à tout prix empêcher le retour de la dynastie du roi Gustaf IV Adolf, détrôné et exilé en 1809. Il était donc primordial qu´Oscar trouve une princesse à sa convenance pour fonder une famille et assurer la prospérité des Bernadotte.

Cependant, Oscar n´était pas pressé. Néanmoins son père jugea qu´il devait partir en voyage de reconnaissance, rendre visite aux cours royales du Danemark, des Pays-Bas et aux cours princières d´Allemagne. Oscar venait d´être gravement malade, donc un changement d´air s´avérait bénéfique pour sa santé. En outre, c´était l´occasion rêvée pour une rupture avec la belle comtesse.

En juin 1822, accompagné de quelques dignitaires de la Cour, Oscar entreprit un long périple qui l´amena au Danemark, aux Pays-Bas et dans plusieurs principautés allemandes ; finalement aucune princesse n´était à son goût. Entre temps, Charles-Jean entretenait une correspondance suivie avec son fils et l´incitait à se rendre en Bavière, à Eichstädt, pour entrer en relation avec la famille de Leuchtenberg, parents d´une certaine Joséphine.

Oscar comprit que son père manoeuvrait derrière son dos et cela l´irritait grandement. L´occasion s´offrit de revoir sa mère, à Aix-la-Chapelle, après tant d´années, et il prit la décision de faire une halte dans cette ville, en attendant de se soumettre aux désirs de son père. De son côté, Charles-Jean avait recueilli tous les renseignements possibles sur la personne de Joséphine de Leuchtenberg et d´après lui, le choix de Joséphine se présentait comme le meilleur parti pour son fils, tant par la position financière que par l´honorabilité de la famille de la jeune-fille. C´est sur les conseils de son père qu´Oscar se résigna, un peu à contrecoeur, à rejoindre le château d´Eichstädt, en Bavière, où il fut d´ailleurs accueilli chaleureusement.

Une jeune Princesse bien née: Joséphine de Leuchtenberg

Joséphine de Leuchtenberg ( 1807 – 1876 ) était la fille aînée d´Eugène de Beauharnais, beau-fils et fils adoptif de Napoléon, et de la princesse Augusta Amalia Wittelsbach de Bavière, fille du roi Maximilien Ier de Bavière. Joséphine nacquit à Milan, en mars 1807, du temps où son père était vice-roi d´Italie. Elle fut baptisée Joséphine comme sa grand-mère paternelle, l´ex-impératrice de France, Joséphine de Beauharnais, et également Maximilienne comme son grand-père maternel, le roi de Bavière, Eugénie comme son père et enfin elle reçut le prénom de Napoléone comme son parrain l´empereur Napoléon. Ce dernier lui accorda le titre de princesse de Bologne, et en 1813, il la fit duchesse de Galliera. Le mariage d´Eugène et d´Augusta avait été arrangé par Napoléon en vue d´établir des liens de parenté entre la nouvelle dynastie impériale française et la dynastie bavaroise des Wittelsbach, une des plus anciennes principautés d´Europe.

Pendant son enfance, Joséphine connut l´apogée et la décadence de l´ère napoléonienne. Lorsqu´il apprit l´exil de Napoléon à Ste-Hélène, Eugène fut obligé de fuir l´Italie avec sa famille en 1814 pour se réfugier en Bavière. La jeune Joséphine se souviendra toujours de ce départ précipité, et longtemps elle gardera cette sensation d´être une réfugiée. Grâce à la générosité de Maximilien Ier, son beau-père, Eugène fut en mesure d´acquérir la principauté d´Eichstädt, ce qui lui valut les titres de prince d´Eichstädt et duc de Leuchtenberg. Eugène et sa famille vécurent à Munich, au Palais de Leuchtenberg, et adoptèrent Eichstädt comme résidence d´été. Joséphine grandit donc à la Cour de son grand-père, où elle reçut une éducation soignée.

En août 1822, elle n´avait que quinze ans lorsque le prince héritier de Suède se présenta à Eichstädt. Ses soeurs cadettes et elle se tenaient alignées derrière leur mère, droites comme une rangée de tuyaux d´orgue.

Oscar avait encore en mémoire toutes les recommendations de son père: « Tu as le droit de choisir librement, mais je te prie de ne blesser personne. Toute l´Europe sait que tu recherches une princesse ! N´oublie pas qu´elle est la petite-fille d´un roi, la nièce de l´Empereur d´Autriche et du roi de Saxe ! » (4) lui avait écrit Charles-Jean depuis Stockholm, en lui vantant les qualités de la jeune-fille. De surcroît, par sa mère, Joséphine descendait des Wittelsbach, qui avaient un lien de parenté éloigné avec les rois Vasa de Suède.

La romantique jeune-fille ne se doutait peut-être pas des raisons de la venue du prince ; en vérité, elle était timide et n´osait pas lever les yeux vers lui. Le jeune-homme fit une excellente impression et on le trouva fort aimable ; lui-même tomba sous le charme de la gracieuse Joséphine, au visage d´ange. Et dès que leur regards se croisèrent, ce fut le coup de foudre réciproque.

Bientôt, Oscar poursuivit son voyage vers l´Italie et d´autres familles princières, et il se rendit même à Rome où il avait demandé audience au Pape Pie VII.

En novembre 1822, il entreprit son retour vers la Suède en passant par la Bavière. A présent, son choix était fait, et les fiançailles d´Oscar et de Joséphine furent proclamées. « Nous nous sommes revus avec une grande joie, et nous sommes tout à fait séduits l´un par l´autre ! Je l´aime passionnément ! » (5) écrivit Joséphine dans son journal intime.

On discuta des clauses du contrat de mariage, car le seul obstacle au mariage était la question religieuse. Joséphine était catholique et très fervente. Ses parents exigèrent qu´elle puisse continuer à pratiquer la religion catholique, ce qui était en désaccord avec la loi suédoise. En effet, à cette époque-là, le culte catholique était interdit en Suède ; tout citoyen suédois qui se convertissait au catholicisme était condamné à l´exil et ses biens étaient confisqués. Cependant, pour Joséphine, les ecclésiastiques pouvaient bien faire une exception. Certes, on ne pouvait pas le lui refuser, étant donné que la reine Désirée, elle aussi, était catholique. De toute façon, les enfants à naître seraient élevés dans la religion protestante.

De retour à Stockholm, Oscar fut accueilli avec enthousiasme à la Cour; le nom de la princesse était sur toutes les lèvres. Il ne manquait plus qu´à attendre la venue de la jeune-fille dans la capitale suédoise.

Le mariage catholique de Joséphine eut lieu par procuration, à Eichstädt, le 22 mai 1823, et un de ses oncles, Charles de Bavière, avait été chargé de représenter Oscar. Joséphine avait tout juste 16 ans. La cérémonie officielle du mariage protestant était prévue à Stockholm pour le 19 juin ( date devenue emblématique des mariages à la Cour de Suède ). Deux jours plus tard, Joséphine quitta sa famille et son pays natal, avec sa poupée dans ses bras. Elle était loin d´imaginer la vie future, les devoirs et les contrariétés qui l´attendaient dans sa nouvelle patrie. Elle ignorait totalement la vie qu´Oscar menait à Stockholm avant leur rencontre.

De sa maison natale, et selon les exigences de son père, deux personnes de confiance suivaient Joséphine : son aumônier Lorentz Studach et sa dame d´atour Berta Züch, qui sont restés auprès d´elle en Suède jusqu´à leur mort pour apporter à la princesse toute l´aide et le réconfort nécessaires. Ces trois personnes ont été surnommées : « le trio » (6)

Joséphine voyagea accompagnée d´une escorte importante, à laquelle se joignit sa belle-mère Désirée, et traversa la Baltique à bord d´un vaisseau de la marine suédoise, « le Karl XIII ».

Joséphine: la Princesse tant attendue

Le 13 juin 1823, au son de la fanfare, des coups de canon, et des vivats de la foule, la jeune princesse descendit du bateau et s´avança vers Oscar et son beau-père, le roi Charles XIV Jean. Dans sa robe blanche à ceinture bleue, elle impressionna par la beauté et la fraîcheur de ses 16 ans, sa minceur et son corps aux belles lignes. Un air de douce amabilité et de simplicité se dégageait de sa personne. Elle était vraiment une princesse de contes de fées. Elle s´inclina devant son beau-père qui ne la quittait pas des yeux. Avec ses longues boucles brunes qui encadraient un visage à l´ovale parfait, Joséphine attirait tous les regards vers elle.

Derrière elle, venait Désirée, majestueuse, dans une robe à la dernière mode de Paris, parée de bijoux et de plumes d´autruche, et qui revenait auprès des siens après douze années en France. Elle fit sensation, mais c´est Joséphine qui enthousiasma la foule et fut la plus acclamée.

En cette journée ensoleillée de début d´été, le cortège royal se fraya un chemin parmi le peuple en liesse jusqu´au château de Haga, au nord de la capitale. C´était là que Joséphine allait séjourner les quelques jours précédant le mariage protestant.

La jolie princesse gagna le coeur de son nouvel entourage par son charme et son amabilité. Un diplomate anglais remarquait que : « Elle incarnait une telle candeur et un telle douceur, que cela lui conférait un charme infini . » (7)

De plus, elle émerveilla tout le monde par ses connaissances dans la langue suédoise qu´elle avait déjà entrepris d´étudier avant son départ pour la Suède, et elle commençait à s´exprimer sans trop de difficultés. Au château de Haga, Joséphine se familiarisa avec les membres de sa nouvelle famille, en particulier la vieille princesse Sofia Albertina, soeur des rois Gustav III et Karl XIII, et qui devint son amie et sa confidente.

Le mariage protestant d´Oscar et de Joséphine fut célébré avec magnificence le 19 juin 1823. De somptueux carrosses accompagnèrent les jeunes époux et la famille royale à la cathédrale de Stockholm où se déroula une cérémonie en grande pompe. La jeune mariée était resplendissante dans sa robe de brocart brodée d´argent et ses bijoux fastueux. C´était la première fois que Joséphine pénétrait dans une église protestante. Avec une certaine réticence, elle prononça les voeux du mariage, en présence d´un pasteur luthérien, mais puisque la cérémonie l´exigeait, elle fut bien obligée de se plier au rituel. Les festivités se prolongèrent pendant plusieurs jours avec divers spectacles à l´Opéra et grands dîners à la Cour.

Après toutes ces célébrations, les choses sérieuses commencèrent alors pour Joséphine. Elle s´en rendit compte lorsqu´on lui retira sa poupée qu´elle avait emmenée à Stockholm et qu´elle ne quittait pas, même pendant la nuit. Elle n´eut pas non plus la permission de conserver son prénom de Napoléone, qu´elle avait porté avec fierté. En Suède, on évitait de mentionner le nom de Napoléon. On changea également son prénom de Joséphine en Josefina.

Charles-Jean avait toutes les raisons d´être fier et satisfait de sa belle-fille. Il avait un faible pour elle et la considérait un peu comme sa propre fille. Il remplaçait d´une certaine façon les parents dont Joséphine avait dû se séparer à un si jeune âge. Dans son journal intime, elle évoquait sa tristesse causée par l´éloignement de sa famille.

Assez vite, Joséphine organisa sa vie d´une façon méthodique; elle s´acquitta avec aisance de ses obligations à la cour. Elle était d´un naturel trop sérieux pour se contenter uniquement de bals, de dîners et de réceptions. Elle ressentait le besoin de se retirer dans la petite chapelle qui avait été aménagée pour elle dans une aile du palais, et là elle goûtait quelques moments de solitude. Elle était très matinale et se levait tôt, contrairement à Charles-Jean et Désirée, et même Oscar. Au fil des ans, elle délaissa les divertissements pour se consacrer à sa correspondance, la rédaction de son journal, ses oeuvres, ainsi que d´autres centres d´intérêt.

Joséphine se plaisait-elle en Suède ? Probablement, oui. Cependant, ce n´est jamais facile pour une jeune personne de quitter ses parents, son pays, et d´apprendre une nouvelle langue, de s´adapter à une culture et une mentalité différentes. Heureusement, elle pouvait s´adresser en français à ses beaux-parents, qu´elle avait pris l´habitude d´appeler « papa » et « maman » et elle vivait en bonne intelligence avec eux. Par contre, Joséphine n´appréciait pas du tout les commentaires indélicats que Charles-Jean émettait de temps à autre au sujet de la famille Bonaparte, ce qui lui faisait verser quelques larmes. En Bavière, son père Eugène avait toujours été un admirateur incontestable de l´empereur Napoléon. Désirée, à qui on témoignait généralement une grande déférence, se rendait compte que Joséphine attirait maintenant toute l´attention, et en éprouvait de la jalousie, ce qui provoquait quelques heurts entre elle et sa belle-fille.

Joséphine et Oscar formaient un beau couple et au cours des premières années, ils connurent une vie de famille heureuse, un bonheur sans nuages. Fritz von Dardel, le célèbre humoriste suédois de l´époque, faisait remarquer que : « Le prince Oscar était certes un bel homme, doté d´un regard langoureux, mais qu´il ne possédait pas le même visage expressif que son père ; ses cheveux uniformément frisés et sa moustache le privaient d´une certaine originalité. Avec sa mise toujours parfaitement soignée....., il était la coqueluche des dames ... » (8)

A la Cour, on s´accordait à dire que Joséphine était la plus charmante et la plus belle des princesses, quoiqu´un peu timide. De plus, elle était très grande, ce qui à l´époque n´était pas courant. En quelques mois, elle approfondit sa culture et ses connaissances en littérature suédoise. Elle se mit également à apprécier la ville de Stockholm et le peuple suédois.

Oscar et elle étaient tous les deux très doués pour les arts et la musique, et s´intéressaient à toutes sortes d´activités artistiques : le théâtre, la peinture, le dessin, le chant. Joséphine jouait du piano et Oscar composait quelques pièces musicales ( par exemple, il avait composé une marche funèbre pour les funérailles du roi Karl XIII, en 1818, et qui fut très admirée ). Ensemble, ils exécutaient des dessins et des peintures, ils écrivaient, lisaient, chantaient ; ils montaient à cheval, jouaient de petites pièces de théâtre en famille, et recevaient des amis. Tantôt ils habitaient au Palais Royal, au centre de la capitale, tantôt au château de Haga ou de Drottningholm, un peu en dehors de la ville, suivant les saisons de l´année. A la mort de la princesse Sofia Albertina, ils héritèrent de son château de Tullgarn, situé dans la province de Stockholm. Oscar et Joséphine affectionnaient particulièrement cette résidence d´été que la princesse aménagea et décora à son goût, pour y séjourner plus confortablement en famille.

Depuis qu´il était prince héritier de Suède, Oscar n´avait pas vraiment participé aux affaires du royaume. Charles-Jean hésitait à lui confier des missions, et de son côté, le prince désapprouvait les idées et le comportement despotique de son père. Au fil des ans, Joséphine intervenait quelquefois pour apaiser les esprits et éviter une rupture entre eux. En 1824 ( et plus tard en 1833 ), le prince héritier fut brièvement vice-roi de Norvège, ce qui offrit à Oscar et Joséphine l´occasion de connaître ce pays. Le 5 avril 1824, ils rejoignirent Kristiania, la capitale norvégienne, où le prince devait régler les problèmes sociaux et politiques du pays, car la Norvège se trouvait dans une situation assez précaire. Joséphine apprécia particulièrement l´atmosphère de la Cour norvégienne, qui était plus chaleureuse que celle de Stockholm, et elle se sentit bien accueillie par toutes les dames et les membres de la Cour.

A son retour en Suède, Joséphine retrouva la froideur du Palais Royal de Stockholm, l´indifférence de Désirée et les rumeurs de plus en plus précises des incartades passées de son époux. Bientôt elle allait ressentir les affres de la jalousie.

La famille royale s´agrandit

Le 3 mai 1826, Joséphine, âgée de 19 ans, donna naissance à son premier enfant, un petit prince qui reçut le nom de Karl Ludvig Eugène, et le titre de duc de Scanie. L´année suivante, un petit frère vit le jour, le 18 juin 1827, prénommé Frans Gustav Oscar, duc d´Uppland. En 1828, elle espérait cette fois avoir une fille. Ce fut encore un garçon, Oscar Fredrik, duc d´Östergötland, qui nacquit le 21 janvier 1829, suivi enfin de l´arrivée d´une petite princesse, Charlotta Eugénie Augusta, le 24 avril 1830, et d´un quatrième petit prince, Nikolaus August, duc de Dalécarlie, né le 24 août 1831.

Le roi Charles XIV Jean était désormais entouré d´une nombreuse descendance et n´avait plus à s´inquiéter de l´avenir des Bernadotte. La postérité paraissait bien assurée. Ces cinq naissances affaiblirent quelque peu Joséphine, bien qu´elle conserva encore sa fraîcheur et sa beauté. La Cour et ses plaisirs l´attiraient de moins en moins et la vie conjugale ne lui apportait plus autant de satisfactions ; d´ailleurs Oscar n´était pas le plus fidèle des maris.

Après la naissance du petit Karl, l´église luthérienne de Suède désirait que la princesse Joséphine prenne part à la cérémonie religieuse des « relevailles de couches » , et qu´en même temps, elle s´engage à se convertir au luthéranisme. Toutefois, elle n´avait nullement l´intention de renoncer à la foi catholique, et Charles-Jean lui apporta son soutien dans cette question religieuse ; fervente catholique qu´elle était, Joséphine se sentait humiliée et malheureuse, et allait trouver refuge et consolation dans sa chapelle privée. Elle réussit toute sa vie à tenir tête aux instances de l´église suédoise.

Joséphine se consacra corps et âme à l´éducation des petits princes et fut secondée par des précepteurs, dont certains étaient des savants renommés. Les enfants grandissaient surtout au Palais Royal, dans un milieu cultivé et privilégié. Ils disposaient de quelques pièces dans une aile du château, où ils pouvaient s´adonner à leurs études et à leurs distractions, ainsi que d´un square jouxtant le château pour leurs jeux en plein air. Promenades, excursions et leçons constituaient le programme de leurs journées. Ils apprenaient aussi la musique, le piano, la peinture et la gymnastique. A mesure qu´ils avançaient en âge, la discipline se faisait plus sévère, et le travail scolaire plus exigeant. Les enfants étaient très différents les uns des autres et ils étaient tous très doués, surtout pour la musique et les arts, à l´instar de leurs parents. Leur éducation comportait également l´apprentissage de l´ordre, la politesse et l´obéissance.

Profitant du jeune âge de ses petits-enfants, Charles-Jean leur consacrait volontiers de longs moments de détente et de jeux dans les couloirs du Palais. Plus tard, il introduisit des exercices militaires dans leur emploi du temps pour les préparer à leur avenir.

Joséphine était une mère affectueuse, néanmoins sans excès, et elle avait peur de trop gâter ses enfants, en leur prodigant souvent des marques d´affection. « Je ne crois pas que je les gâte d´une manière excessive, et je m´efforce d´éviter cela ; au contraire, j´essaie de les aguerrir et de les habituer aux rigueurs du climat suédois ! » (9) écrit-elle dans une de ses lettres. Oscar, par contre, qui n´était pas constamment avec ses enfants, leur témoignait souvent une affection paternelle un tant soit peu exagérée.

Hélas les petits princes n´étaient pas de constitution très robuste, et leur santé délicate en pâtit, d´autant plus qu´un des éducateurs, le mathématicien norvégien Otto Aubert, était lui-même tuberculeux, et qu´il contamina plus ou moins gravement chacun des enfants. August, Gustav et Eugénie restèrent fragiles des poumons toute leur vie, et Karl ( futur Karl XV ) succomba des suites d´une tuberculose en 1872. Oscar fut le seul à guérir complètement.

Au début des années 1830, tout portait à croire qu´Oscar et Joséphine formaient une famille unie et heureuse. On prenait exemple sur eux, on admirait leur assiduité dans leurs rôles respectifs, leurs qualités artistiques, leurs aspirations pour une société meilleure. Leur vie quotidienne se déroulait dans la simplicité, sans vanité ni débordement dans leur attitude ou leur langage. Ils ne laissaient rien paraître de leur haut rang, à part une politesse infinie et une amabilité hors pair. Cependant, derrière cette façade idyllique, se cachait une autre vérité. Graduellement, Joséphine se rendit compte que les absences de son mari n´étaient autres que des escapades amoureuses, elle n´en était pas dupe. Oscar cherchait à se distraire de son côté, dans les milieux artistiques, et se familiarisait peu à peu avec les nouvelles idées libérales.

Dans son journal personnel, Joséphine notait ses réflexions sur la fidélité et l´infidélité conjugales. Elle considérait avoir fait son devoir, en mettant au monde cinq enfants, et elle constatait, comme de nombreuses femmes dans sa position, que : « La femme doit souffrir en silence ! » ( 10) Elle n´avait pas d´autre choix. Oscar vivait à une époque, où, à la Cour, on fermait les yeux sur les infidélités des princes et des rois, qui, une fois mariés et ayant assuré leur postérité, cherchaient d´autres satisfactions ailleurs que dans la famille. On s´était habitué et on acceptait les incartades d´Oscar, alors que Joséphine ne l´admettait pas ; elle en souffrait énormément et avait même des périodes de dépression. L´ambiance joyeuse et les rires disparurent progressivement du Palais.

Peu avant son mariage, Oscar avait renoué avec son ancienne maîtresse, Jacquette Löwenhielm ; mais bientôt cette relation prit fin avec le départ de celle-ci pour l´étranger. La nouvelle conquête du prince s´appelait Emilie Högqvist, une jeune artiste de théâtre très renommée et très cultivée. A cette époque, Oscar avait 35 ans, et Emilie 23. En 1836, Oscar acheta pour elle un superbe appartement situé à proximité du Palais Royal, et dans leur salon, ils recevaient leurs amis du milieu artistique et théâtral. Pour ne pas s´éloigner de son actrice pendant la saison d´été, Oscar lui fit construire une villa sur le domaine du château de Tullgarn. Le prince avait ainsi une deuxième famille, puisqu´Emilie lui donna deux enfants : Max, né en 1829 et Hjalmar, né en 1830. Ils reçurent le nom de « princes de Laponie » .

Cette nouvelle aventure amoureuse d´Oscar divisait le couple princier et brisait le coeur de Joséphine. La pauvre princesse était vexée et offensée et Charles-Jean avait pitié de sa belle-fille. Pour oublier son désarroi, Joséphine et ses enfants partirent séjourner à Medevi, une station thermale suédoise. La princesse s´attira l´admiration de tous par sa dignité dans ses déboires. De son côté, Charles-Jean, qui cherchait à adoucir la peine de sa belle-fille, éloigna Emilie Högkvist et l´envoya à Paris pour un séjour d´études. Néanmoins, son absence fut de courte durée, et tout recommença comme avant entre elle et le prince Oscar.

La cure thermale n´apaisa pas le chagrin de Joséphine, et de retour à Stockholm, malgré ses occupations, on pouvait constater que la princesse, naguère si gaie et si aimable, devenait une femme au regard mélancolique, à l´air grave. Oscar ne cachait pas ses rendez-vous, et tout Stockholm fut rapidement au courant de ses escapades. C´était une rude épreuve pour son épouse qui chercha un refuge auprès de ses enfants. Elle se montrait calme et ferme, comme si de rien n´était. Mais l´ambiance au château n´était plus la même, la gaieté avait disparu.

Joséphine et les oeuvres caritatives

Joséphine n´était pas passionnée par la politique, et ce qui lui tenait le plus à coeur, était naturellement l´éducation de ses enfants, la religion, et son engagement pour le bien-être de la société. Elle consacra alors toute son énergie à des oeuvres de bienfaisance. Elle s´isolait dans ses appartements pour gérer ses comptes ; elle se donna à corps perdu dans l´administration des fondations et oeuvres de charité qu´elle avait pris l´initiative de créer, comme par exemple : « l´association pour les femmes » , « la ligue pour la charité aux démunis » , « la ligue pour l´équité des soins maternels » , « la ligue pour l´encouragement au travail » etc.

Joséphine se préoccupait des disparités sociales au sein de la population suédoise, ce qui la détournait des pensées maussades qui accaparaient son esprit. Elle ressentait la nécessité d´apporter de l´aide à la société et elle le faisait plus par conviction que par devoir. Cela constituait un recours à sa solitude, et lui procurait un peu de paix et de consolation. Elle rendait visite à des institutions pour les pauvres et les malades et vérifiait le bon fonctionnement de ses associations. Par ailleurs, elle fut progressivement attirée par de nouvelles idées, assez radicales pour l´époque. Elle ne partageait pas l´avis général que les pauvres devaient vivre de l´aumône et de la charité chrétienne, et elle estimait que c´était à l ´Etat d´intervenir.

Dans les années 1840, Stockholm n´était pas une grande ville, et comptait à peine 100.000 habitants, et ce nombre avait crû d´une façon explosive depuis le début du siècle ; la pauvreté, la criminalité, les vices et la décadence gagnaient les couches les moins favorisées de la société. C´étaient les femmes de la classe ouvrière qui souffraient le plus souvent des moeurs dissolues des quartiers sombres de la ville. Joséphine recevait régulièrement des pauvres qui se présentaient au Palais Royal, et qui quittaient rarement les lieux les mains vides.

Pendant que la princesse oeuvrait pour ses pauvres, l´actrice Emilie Högkvist incitait un public nombreux et fortuné à venir l´admirer au théâtre de la capitale. Son succès ne faiblissait pas et sa liaison avec le prince Oscar durait encore. Les rumeurs ne cessaient pas de se répandre dans la ville et à la Cour, où la haute société formait un groupe restreint.

Joséphine, toujours en proie à une certaine mélancolie, était réconfortée par les membres de son « trio », son aumônier et guide spirituel Lorentz Studach et la fidèle Berta Zück, qui était devenue comme une amie. Berta était à son service depuis toujours, et la suivait comme une ombre. Joséphine lui confiait toutes sortes de tâches délicates, comme celle de faire venir régulièrement de Suisse son fromage de gruyère favori.

Lorentz Studach se consacrait aussi à la petite communauté catholique de Stockholm, qui était composée de quelques centaines de membres : notamment des diplomates et un certain nombre d´artisans étrangers. Ces derniers possédaient une autorisation spéciale pour pratiquer un autre culte que celui de l´Etat suédois. Au début, ces fidèles se réunissaient dans un local minuscule pour célébrer la messe. Joséphine soutenait l´activité de ces quelques catholiques, ce n´était un secret pour personne. Elle apporta son aide à la construction d´une église, et ce fut grâce à elle et à ses dons personnels que la paroisse catholique put s´établir solidement et disposer de la première église catholique en Scandinavie depuis l´époque de la Réforme ( Au XVIème siècle, le roi Gustave Vasa avait aboli le catholicisme en 1527, confisqué les biens du clergé, des églises et des monastères, et rompu les relations avec la Papauté ).

L´église de Sainte Eugénie fut inaugurée en 1837. Ce fut une victoire pour la princesse et ses corréligionnaires, puisque la Suède était encore farouchement opposée à la liberté de religion. Pour éviter les désaccords avec la famille royale, Joséphine assistait régulièrement aux offices dans la chapelle du Palais Royal, et ses enfants étaient élevés dans le luthéranisme, suivant ce qui avait été stipulé auparavant.

Oscar et Joséphine sur le Trône de Suède

Au début des années 1840, la santé de Charles-Jean était chancelante, et Oscar comprenait que ce serait bientôt son tour de régner. Il se devait de faire preuve de dignité et prendre ses devoirs au sérieux. Joséphine avait perdu son père, déjà en 1824, et en cet été de 1843, elle dut se rendre en Bavière, en compagnie d´Oscar et de leur fille Eugénie, au chevet de sa mère malade. Oscar profita de ce voyage pour prendre la résolution de renoncer à la vie plus ou moins frivole qu´il avait menée jusque-là. De toute façon, la carrière théâtrale d´Emilie connaissait moins de succès, et elle quitta la Suède pour l´Italie, où elle mourut en 1846.

Au décès de Charles XIV Jean, le 8 mars 1844, Oscar Ier fut proclamé roi, à l´âge de 44 ans, et après 26 ans comme prince héritier. Joséphine avait 37 ans lorsqu´elle fut couronnée reine de Suède, le 28 septembre 1844, aux côtés de son époux. C´était une femme éprouvée, qui avait perdu sa fraîcheur et sa prime jeunesse. On devinait sur son visage les marques prématurées de la vieillesse et des soucis matrimoniaux. Pourtant, depuis l´été 1843, Oscar s´était bien assagi et la relation entre les époux s´était nettement améliorée. Joséphine avait regagné la confiance et l´attention de son mari.

L´enthousiasme pour l´accès au trône d´Oscar Ier était sans limite, et le peuple suédois aspirait à un changement avec leur nouveau souverain qui était favorable aux réformes. Du temps où il était prince héritier, il s´était rendu populaire, car il était de tendance libérale, contrairement à son père qui, avec les années, était devenu de plus en plus conservateur et était partisan d´un retour en arrière.

Cependant, le sacre d´Oscar et de Joséphine n´avait pas fait l´unanimité du peuple, et beaucoup se demandèrent pourquoi elle avait pu ceindre la couronne des reines de Suède, au cours d´une cérémonie luthérienne, alors qu´elle était de culte catholique. Par contre, en Norvège, l´évêque de Trondheim avait impérativement refusé d´effectuer la cérémonie, et invoqua le prétexte de la religion de la reine.

Les premières années de règne furent une période heureuse pour la reine Joséphine. L´époux, qu´elle n´avait jamais cessé d´aimer, lui était revenu. A présent, ils travaillaient beaucoup ensemble et l´influence de Joséphine sur le souverain était indéniable ; Oscar comptait grandement sur ses conseils et son appui. Dans une lettre, l´écrivain suédoise Fredrika Bremer livrait ses pensées sur la reine : « La nouvelle reine agit suivant son propre vouloir. Des deux souverains, c´est elle qui a la plus forte personnalité. » (11)

A la Cour, on remarquait que, maintes fois, à l´occasion de crises politiques, le roi se retirait avec la reine dans leurs appartements et ils entamaient de longues discussions, à l´abri des oreilles indiscrètes. En principe, ils tombaient d´accord sur les réformes à entreprendre.

Avant son avènement, Oscar se montrait discret et prudent, et comme il se sentait concerné par les problèmes de l´école et de l´enseignement, déjà en 1842, il s´était attaqué à la réforme de l´école publique et fut l´un des promoteurs de l´école primaire communale en Suède. Il s´intéressait également au régime carcéral et il écrivit un livre sur la nécessité d´améliorer les conditions des détenus dans les prisons. Son livre, intitulé « le livre jaune » , obtint un tel succès international, qu´il a été traduit en plusieurs langues.

Oscar Ier s´engagea dans la question de l´assistance publique, de la politique industrielle et commerciale, il établit la liberté de la presse et fit abolir le système des Corporations en 1846. Il fit voter, d´une part, la réforme des droits de succession, en 1845, ce qui concernait surtout les femmes, et d´autre part la réforme de l´âge de la majorité pour les femmes non mariées, ce qui autorisa les femmes célibataires à devenir majeures à l´âge de 25 ans. Une des premières personnes à en profiter fut la princesse Eugénie qui ne s´était jamais mariée. Le roi avait bien amélioré la prospérité matérielle du royaume, probablement plus qu´aucun de ses prédécesseurs. Oscar travaillait d´arrache-pied et ne se ménageait pas. On lui conseillait bien de modérer son ardeur, mais personne, hormis Joséphine, n´avait d´ascendant sur lui.

Les dernières années: épreuves et deuils

En Europe, la situation politique devenait de plus en plus inquiétante. La révolution de 1848 en France eut des répercussions dans plusieurs pays et en particulier en Suède. Les 18 et 19 mars 1848, Stockholm connut deux journées d´émeute. Le peuple réclamait la République, l´abolition de la royauté et l´abdication du roi, et exigeait des réformes et les mêmes libertés qu´en France. Derrière les murs du Palais Royal, Joséphine suppliait le roi de ne pas laisser l´armée intervenir. Pourtant, les soldats à cheval tirèrent sur la foule et il y eut des victimes.

En 1850, l´ordre était revenu. Oscar Ier s´était maintenu au pouvoir et sa politique était moins libérale qu´avant. Il se méfiait de toutes les tendances qui pourraient bouleverser l´ordre établi. Joséphine éprouvait de la douleur en apprenant les actes de violence, les excès auxquels on se livrait un peu partout sur le continent. Mais, il en fallait plus que cela pour la faire trembler. « Une femme ayant une forte personnalité comme elle, ne lache pas prise facilement » (12) écrivait un contemporain.

Peu à peu, la fatigue accablait le roi Oscar ; d´ailleurs, il avait toujours été de santé fragile, et en 1852, ses conditions physiques baissaient progressivement. Au milieu d´une conversation, il se taisait, perdait le fil, puis reprenait comme si de rien n´était. C´étaient des symptômes alarmants, cependant, on ne parlait pas encore de maladie. Joséphine prenait cela pour des signes de fatigue et elle ne quittait guère son époux, elle lui devenait indispensable.

En juillet 1852, le couple royal, accompagné du prince Gustav et de la princesse Eugénie, partit en Allemagne pour suivre une cure thermale à Kissingen. Le séjour profita au roi qui revint en meilleure forme. Sur le chemin du retour, ils s´attardèrent quelque temps en Norvège, pour faire connaître ce pays à leurs enfants. Ils y furent reçus dans une grande allégresse par les habitants de la capitale Kristiania. Le voyage fut malheureusement interrompu par la maladie subite du prince Gustav. Une forte fièvre et un refroidissement ne parurent pas inquiétants au premier abord. Néanmoins, l´état du prince s´aggrava très vite et le 24 septembre, il mourut, soi-disant de la fièvre typhoïde, à l´âge de 25 ans. L´annonce du décès du prince Gustav sema la consternation générale et une stupeur immense, car personne ne le croyait gravement malade.

Le prince Gustav jouissait d´une grande popularité, et à cause de son talent de musicien compositeur, on l´avait surnommé « le prince musicien » . Il avait composé une cinquantaine d´oeuvres pour piano, des chants et des hymnes qui sont restés célèbres et toujours d´actualité, en particulier : « l´hymne du printemps » , et « l´hymne des bacheliers » , chantés encore de nos jours, lors des festivités pour les étudiants reçus au baccalauréat. Le prince Gustav avait également montré un grand intérêt pour l´histoire de la Suède et le dessin.

De retour dans son pays, le roi Oscar Ier s´affaiblit rapidement et l´on s´attendait au pire. La santé de la princesse Eugénie donnait également des inquiétudes à son entourage, car elle souffrait de pneumonie. Joséphine, telle une infirmière dévouée, était au chevet de ses malades ; elle soignait, elle priait et veillait aux moindres signes d´amélioration. Lentement, l´état du roi se stabilisa et tout doucement, il reprit ses fonctions au cours de l´année 1853. Eugénie, par contre, garda toujours des séquelles de sa maladie.

L´année 1854 marqua le dixième anniversaire de l´accès au trône d´Oscar Ier. Pour commémorer cet évènement, une statue équestre de Charles XIV Jean fut érigée sur une place de la vieille ville de Stockholm. Le peuple en liesse manifesta son attachement et sa sympathie à son souverain, dont les forces déclinaient à vue d´oeil. Les médecins avaient beau recommander au roi de se retirer du pouvoir au profit du prince héritier Karl, Joséphine insistait pour qu´il continue sa mission, et prétendait que le travail l´aidait à combattre sa fatigue. Oscar avait une confiance aveugle en son épouse et suivait ses conseils à la lettre.

Le comte Gustav Löwenhielm décrivait ainsi Joséphine : « La reine est une personne remarquable qui soutient son époux dans sa politique.........mais elle ne le contrarie pas dans les circonstances décisives. » (13) On la jugeait ambitieuse, dominatrice. En effet, son influence sur le roi était totale. Elle voulait à tout prix l´empêcher de transmettre les rênes du pouvoir à leur fils Karl, dont elle n´appréciait pas le mode de vie et les aventures amoureuses. Mais depuis 1850, le prince Karl était marié avec la princesse Lovisa des Pays-Bas.

Malgré tout, en septembre 1857, Joséphine se rendit compte qu´Oscar n´était plus en mesure de gouverner, et progressivement, le prince Karl dut remplacer son père plus souvent. A partir de 1857, l´état de santé du roi Oscar Ier était tel que son épouse devait constamment l´assister. Ainsi les stockholmois apercevaient leur souverain dans sa calèche, en promenade dans les rues de la ville et soutenu par son épouse. Elle l´aidait à se maintenir assis, et à soulever le bras pour saluer ses sujets, comme s´il était une marionnette.

On critiquait la pauvre reine par tous les moyens : « Elle veille sur son mari, comme un souverain qui craint pour son empire.......Quel besoin a-t-on de rabaisser le courage de cette femme frappée par le deuil ? Pourquoi la ridiculiser, elle, l´épouse autrefois bafouée et qui, à présent, se sacrifie pour un mari malade ?...... » (14) écrivait la comtesse Montgoméry-Cederhielm, outragée, et qui la défendait, malgré la méfiance que Joséphine éveillait.

Le roi s´enfonçait dans la mélancolie, et terrassé par la maladie, il devait rester alité. Il s´était retiré de la vie publique et ne faisait que de brèves apparitions, comme, par exemple, à l´occasion de la naissance de son petit-fils Gustave ( futur Gustav V ).

Pendant la maladie d´Oscar Ier, la question religieuse était redevenue actuelle, et avait de nouveau soulevé des polémiques. A la suite de quelques incidents et de l´intervention de la reine Joséphine, la loi en faveur de la liberté de culte fut votée en 1860. Cette nouvelle mesure fit sensation en Europe, où l´on s´était indigné de l´intolérance de la Suède.

Joséphine : reine douairière

En Juillet 1859, le roi Oscar Ier mourut des suites d´une maladie qu´on ne savait pas encore diagnostiquer à l´époque : une tumeur cérébrale. Il avait à peine 60 ans. L´héritier du trône, le prince Karl, succéda à son père sous le nom de Karl XV.

A partir de ce moment, l´influence politique de la reine Joséphine cessa. Pourtant les évènements qui se produisaient en Europe retenaient encore son attention. La guerre franco-allemande ne lui laissait aucun répit : « Que mon coeur est déchiré par cette guerre sanglante qui oppose deux nations pour lesquelles j´éprouve de la sympathie. » (15) écrit la reine à un ami, en 1870. Ses pensées allaient naturellement vers Napoléon et la famille de Beauharnais, sa grand-mère Joséphine, l´impératrice des Français, répudiée par Napoléon, et elle n´oubliait pas non plus son père, Eugène, obligé de fuir l´Italie. La déchéance en 1870 et l´exil de Napoléon III, qui était son cousin germain, l´affligeaient grandement.

Depuis son veuvage, la reine vivait un peu à l´écart, menait une vie calme auprès des siens. Cependant, plusieurs deuils vinrent une fois de plus l´ébranler et, dans les années 1870, les malheurs continuèrent de s´abattre sur elle. En mars 1871, le décès inattendu de la jeune reine Lovisa, sa belle-fille, à peine âgée de 42 ans, ainsi que celui de son fils, le roi Karl XV, en septembre 1872, acheva de démoraliser la pauvre Joséphine. Ce fut Oscar II qui succéda à son frère Karl XV sur le trône de Suède, en mai 1873. Joséphine avait toujours considéré que c´était Oscar qui avait l´étoffe d´un roi et que c´était à lui que devait revenir la couronne .

De plus, 1873 fut une année éprouvante pour Joséphine, qui perdit tour à tour sa soeur Amélie, ex-impératrice du Brésil (épouse de Pedro Ier) et qui vivait au Portugal, puis son dernier fils August, à l´âge de 41 ans, et enfin le dernier membre de son « trio » , le père Lorentz Studach, qui avait apporté son précieux soutien à la reine pendant longtemps.

Par contre, 1873 marqua le cinquantenaire de la venue de Joséphine en Suède. Le 13 juin 1873, les habitants de Stockholm rendirent hommage à leur reine, en commémoration du 13 juin 1823. La reine, attendrie par ces manifestations de joie, écrivit : « Depuis un demi-siècle, je vis dans ce pays, et cela me réchauffe le coeur de voir la Suède, profondément protestante, acclamer à l´unanimité une reine catholique comme moi. Ce sera un souvenir inoubliable pour le restant de mes jours ! » (17)

En 1875, il ne lui restait plus qu´un seul voeu à réaliser : revoir Milan, visiter Rome et rencontrer le Pape Pie IX. Au printemps 1875, Joséphine mit son projet à exécution et effectua un voyage vers l´Italie, sous le nom de comtesse de Tullgarn. Dans la capitale du christianisme, la reine douairière de Suède reçut la bénédiction du Souverain Pontife. Un évènement similaire s´était produit en 1655, lorsque la reine Kristina ( fille du roi Gustav Adolf II ) avait abdiqué pour se convertir au catholicisme, et s´était établie à Rome. Il y avait donc 220 ans qu´une reine de Suède avait été accueillie auprès du Saint-Siège.

En juin 1876, la reine douairière était souffrante, et sentant l´heure de son décès approcher, elle fit venir le Premier Ministre Louis de Geer pour vérifier et conclure son testament. Elle voulait s´assurer que les dons qu´elle avait destinés à ses amis, à ses serviteurs et aux institutions fondées sur son initiative, leur seraient bien attribués selon ses dernières volontés.

Joséphine s´éteignit le 7 juin 1876, à l´âge de 69 ans. Ses derniers mots furent : « Je rentre à la maison maintenant ; je suis si heureuse ! » (18) La reine fut enterrée selon le rite catholique dans l´église de Riddarholm, à proximité du Palais Royal. L´archevêque Sundberg fit l´éloge de la reine défunte, de sa dévotion, de sa constance dans les épreuves, de ses oeuvres caritatives, et il n´y avait rien d´exagéré dans son discours.

La reine Joséphine est l´ancêtre des actuels souverains de Suède, Norvège, Danemark, Belgique, Luxembourg et de l´ex-reine Anne-Marie de Grèce. Au Palais Royal de Stockholm, elle laissa un héritage non négligeable d´oeuvres d´art provenant de son duché de Galliera. Des peintures de la Renaissance italienne et de l´époque baroque ornent les cimaises des salons et appartements Bernadotte . Quelques joyaux de la couronne de Suède proviennent aussi de la famille de Joséphine, en particulier un diadème orné de perles et de camées, légué par sa grand-mère, Joséphine de Beauharnais, et une splendide parure de saphirs, héritée de sa mère Augusta de Bavière.

Texte d´Eveline SUNDSTROM

Notes de l´auteur

1. Eva H. Ulvros p : 40 10. Lars O. Lagerqvist p : 46

2. Idem p : 62 11. Ulvsäter-Troell p : 127

3. Idem p : 147 12. Idem p : 133

4. Ulvsäter-Troell p : 90 13. Idem p : 141

5. Idem p : 97 14. Idem p : 145

6. Herman Lindqvist p : 411 15 Idem p : 150

7. Ulf Sundberg p : 212 16. Idem p : 150

8. Lars O. Lagerqvist p : 42 17 Lars O. Lagerqvist p : 52

9. Herman Lindqvist p : 413 18 Idem p : 52

Bibliographie

Lagerkvist Lars O., Bernadotternas Drottningar ( les reines Bernadotte ) Librairie Bonniers - Örebro 1979

Lindqvist Herman, Historien om alla Sveriges Drottningar ( histoire de toutes les reines de Suède ) Librairie Nordsteds / Stockholm 2006

Sundberg Ulf, Kungliga Släktband : Kungar, Drottningar, Frillor och deras barn ( Liens de parenté dans les familles royales : rois, reines , concubines et leurs enfants ) Editions : Historiska media , Lund 2004

Ulvsäter-Troell Agneta, Drottningar är också människor ( Les reines sont aussi des êtres humains ) Editions Swedala, Trelleborg 1996

Ulvros Eva Helen, Oscar I, en biografi ( Oscar Ier, une biographie ) Editions Historiska Media , Lund 2007

La dernière exposition de cédric BERNADOTTE

cédric BERNADOTTE

http://cedricbernadotte.free.fr/

Cédric Bernadotte a fait la une du journal Sud-Ouest à l’occasion de sa participation à l’Expopromenade 2009 organisée par AERA (Association Européenne pour une Rhétorique des Arts). L’objectif de cette expo, était de reconvertir le centre ville palois, le temps d’une Expopromenade, en un lieu de connexion et de rencontre : chercheurs, acteurs sociaux, artistes, critiques, public. les « promeneurs » - devaient construire ensemble cet événement qui a permis de découvrir la ville sous un autre jour.

Il s’agit donc de vivre dans une dimension ludique familière, chaleureuse, et de favoriser l’accès aux problématiques de l’art contemporain par la présence des artistes sur les lieux d’intervention ; mais aussi de (re)créer du lien social en se réunissant pour vivre l’art et la ville autour des valeurs conviviales de partage et d’échange ; d’ouvrir au dialogue et de laisser place aux rencontres, à la découverte et aux surprises.

- http://rhetart.wordpress.com/projets-digeres/expopromenade-2009/programme-expopromenade-2009/

- www.flickr.com/photos/35360702@N05/3481207750/

Une histoire de Famille

Une histoire de Famille

Adhérente de l’Entraide Généalogique du Midi Toulousain depuis sa création, mes recherches m’ont amenées à Ganties, village près de Saint-Gaudens (31). La famille BUGAT et plus précisément Jean, mon ancêtre direct, avait une sœur prénommée Antonine. Elle part à Bayonne (64) pour y trouver du travail. Antonine se marie avec Jean Blaise SAINT-PAU, meunier. Ils auront deux enfants : Charlotte et Jacques.

À ma grande surprise Charlotte SAINT-PAU se marie alors avec Jean BERNADOTTE, frère aîné du roi de Suède.

Après cette belle découverte nous avons réalisé un tableau que nous exposons en bonne place à chacune de nos journées généalogiques comme dernièrement à Pamiers (09) et prochainement à Bélesta (09) les 1er & 2 août prochains, ainsi qu’à nos journées nationales de généalogie que nous organisons les 3 & 4 octobre prochains à Toulouse. Lors de l’exposition généalogique à Pamiers, la Dépêche du Midi a fait paraître un article concernant notre manifestation et en particulier l’exposition dédiée à la Famille BERNADOTTE.

De ce fait Mr Paul BARINGOU, arrière arrière arrière petit-fils de Charlotte SAINT-PAU, m’a contacté. Fière de cette alliance je n’hésite pas à mettre en avant cet arbre généalogique comme l’article paru dans la revue de l’EGMT n°43 du 3e trimestre 2008.

Michèle VITAS - Adhérente de la Société des amis du musée Bernadotte

Entraide Généalogique du Midi Toulousain

33 avenue Pierre Marty – 31390 Carbonne - 05 61 87 14 51

Le Jurançon et la Suède





Le Jurançon et la Suède

Par Pierre Saubot propriétaire du Domaine de Cinquau *

Mon arrière-arrière grand-père, originaire d'une famille de vignerons, et grand développeur du domaine du Cinquau, polytechnicien et officier du génie, a participé au chantier de construction de la caserne Bernadotte sur la Haute Plante ( maintenant place de Verdun) à Pau.

Mon arrière-grand-père, agrégé d'histoire, a été parmi les premiers historiens de sa génération, a décrire dans ses livres, de façon objective et équilibrée, les relations entre Bernadotte et Napoléon.

Lorsque la "Garbure", association de la diaspora béarnaise que je préside, a décidé, il y a quelques années, d’organiser son premier voyage en dehors de France, c'est tout naturellement qu'elle a choisi d'aller en Suède et en Norvège sur les traces de Bernadotte. Il a suffit de dire que nous étions tous béarnais pour recevoir un merveilleux accueil au château royal de Stockholm.

Dans ce contexte, et alors que se prépare le bicentenaire de l'arrivée sur le trône de Suède de ce grand béarnais, il est logique de proposer de donner à l’une de nos cuvées le nom de "Bernadotte"

*Le domaine du Cinquau est une exploitation viticole en pleine expansion, située sur les coteaux d'Artiguelouve à proximité de Pau, capitale du Béarn.. La superficie plantée en vigne est de 9 ha.

" UN DOMAINE POUR LE MARÉCHAL "

Domaine de la Grange - la - Prévôté

Par Gilles Debarle, directeur du Domaine de la Grange

Comme tous les généraux de Bonaparte, Jean-Baptiste Bernadotte compte se porter acquéreur d’un domaine, à une condition, qu’il soit à moins de vingt-quatre heures à cheval de Paris. Nous sommes à l’automne 1800, Bernadotte s’est marié à Désirée, en 1798 et, un an plus tard, a donné naissance à un fils, Oscar. La dot de Désirée Clary permet au couple de se porter acquéreur du domaine souhaité. Après avoir étudié plusieurs possibilités, leur choix se porte sur le Domaine de la Grange – la Prévôté, à Savigny-le-Temple, en Seine-et-Marne. L’histoire de ce domaine de la Brie Française ne sera plus jamais la même.

Au Moyen-Âge, le domaine de la Grange- La Prévôté est administré par un prévôt, d’où vient le qualificatif. En 1467, Guillaume d’Harcourt, Vicomte de Melun, Comte de Tancarville, s’intitule seigneur de La Grange-la-Prévôté. Plusieurs familles d’écuyers se succèdent jusqu’à la famille Mithon, au XVIIIe siècle dont Jean-Jacques, Intendant des Île-Sous-le Vent et Charles-Gabriel, maréchal de camp des armées du roi en 1788. Le château se transforme selon le goût du Siècle des Lumières, les jardins à la Française sont dessinés, ainsi qu’une perspective Est-Ouest de 5,5 Km de long, au centre de laquelle est situé le château rénové. L’ascension de la famille est stoppée nette par la Révolution. Son frère, Jacques-Louis, le succède, mais demande, en 1796, de mesurer toutes les terres du domaine. Le domaine est acquis le 17 février 1798 (29 Pluviôse an VI) par Dame Marie-Nicole Dionis des Carrières, veuve d’Albert-Marie de Romé. Elle l’avait acquis peu avant une vente en licitation au profit des petits enfants du précédent propriétaire (jugement du 17 frimaire an VII), vu l’impossibilité de partager la propriété entre les héritiers de C. Mithon Genouilly, d’après le contrat de vente entre Mme de Romé et les époux Bernadotte.

· « Observe-lui qu’elle renferme toute notre fortune »

1800. Jean-Baptiste Bernadotte est en mission dans l’Ouest de la France. De Rennes, son épouse, Désirée Clary correspond avec son frère Nicolas, demeuré à Paris. L’un des sujets de leurs courriers est la recherche d’une terre, dans les environs de Paris. L’an VIII, Désirée et Nicolas Clary se sont intéressés à Monhuchon (Chevry-Cossigny), la Marsaudière, Riz (Ris-Orangis), Travel ou Draveil. Dans les lettres, Désirée Clary donne ses impressions à son frère, qui prospecte, visite et rencontre les propriétaires. « Je ne puis pas encore te donner une réponse pour la Marsaudière. Bernadotte ne s’est pas encore décidé. Les bois lui font de la peine et surtout l’isolement de la maison » (Lettre du 23 prairial). « Les offres que tu as faites à M. Dubois Livry pour la ferme de Riz me conviendraient beaucoup » (Lettre du 23 prairial). « (Travel nous plait infiniment mais il faut être fort riche pour en faire l’acquisition » (Lettre du 2 messidor). «Terre de Monhuchon : elle est à quatre lieux de Paris. Elle rapporte 1100 livres de rente. Il y a une maison, de l’eau » (Lettre du 19 messidor). Le prix, les revenus des terres, le coût des travaux et les qualités esthétiques des propriétés déterminent leur choix.

Mme de Romé cède la propriété au couple Bernadotte pour 200 000 Francs Une copie de l’acte de vente est conservée au château. La raison de cette vente prématurée reste à déterminer. La propriété compte 530 hectares, dont le parc sur près de 40 Ha, une grande partie de la forêt de Rougeau et plusieurs fermes. L’acte fut passé devant maître Gibé le 25 novembre 1800 (4 Frimaire An IX). Maître Gibé n’avait pas mis toute la diligence nécessaire pour terminer l’affaire. Madame de Romé n’avait pas elle-même fini de payer les héritiers Mithon et le notaire de ceux-ci empêchait l’entrée en jouissance des Bernadotte.

Le 7 juin 1801 : Bernadotte écrivait à sa femme : « Presses maître Gibé et dis lui que je tiens beaucoup à ce que qu’il termine sans perte de temps l’affaire de la Grange. Observe lui qu’elle renferme toute notre fortune et qu’ainsi il est de la plus grande importance pour nous que notre libération soit prononcée juridiquement ».

L’acte de vente est complété par les quittances des 2 ventôse de l’an IX (20 février 1801), 24 ventôse de l’an IX (14 mars 1801), 13 plairial de l’an IX (1er juin 1801), 16 pluviôse de l’an IX (4 février 1802), 2 prairial de l’an IX (21 mai 1802), 2 complémentaire de l’an XII (18 septembre 1804) et de 1811.

Bernadotte fit faire d’importants travaux tant au château que dans les jardins et Désirée les surveillait, vérifiant les mémoires des entrepreneurs et réglant les dépenses par la caisse de son frère Nicolas Clary.

· Des travaux étalés sur dix ans

La période 1801 – 1811 est, certes, l’occasion de très nombreux voyages et déplacements des Bernadotte et comme dans bien des cas, le domaine est considéré comme une résidence de campagne. Néanmoins, la correspondance retrouvée atteste la présence de nombreux passages à La Grange. Les quittances retrouvées s’échelonnent durant toute la période.

Désirée Clary supervise elle-même de nombreux travaux, dans le parc et au château. Cet enthousiasme n’est sans doute pas étranger au fait que sa sœur, Julie Clary, mariée à Joseph Bonaparte possède le parc de Mortefontaine, dans l’Oise, et son magnifique parc à l’Anglaise, très en vogue à l’époque, parc qu’elle aurait visité en 1799. D’ailleurs, le Baron Gérard peint en 1808 un tableau de Désirée assise sur un rocher du parc de Mortefontaine, aujourd’hui conservé dans la grande galerie du palais royal de Stockholm.

En son absence, c’est Nicolas Clary, son frère, qui supervise les travaux et les plantations. Il est tenu informé par Nicolas Guiard, concierge, régisseur « L’allée du milieu du parc est plantée à fait en marronniers » (27 frimaire an XIII). Chênes, châtaigniers et bouleaux agrémentent le parc. La cour et le jardin anglais comprennent entre autres des cerisiers. En avril 1812, il prend « une femme une à deux jours pour couper les mauvaises herbes dans le gazon qui sert à nourrir le cerf et la biche ». Un cygne est aussi mentionné.

La partie Nord du parc est donc transformée en parc « à l’Anglaise ». D’un paysage plat uniquement marqué par des perspectives rectilignes, plusieurs hectares sont entièrement retravaillés, un étang et une cascade sont créés, ainsi qu’une glacière et un local à bateau. Dans Oudiette (1817 – cf. Michelin, 1829) : « On y remarque des jardins anglais et des eaux, une rivière avec des ponts chinois et de superbes plantations ».

L’entrée principale est entièrement rénovée. Une superbe grille marque l’entrée d’apparat, avec deux pavillons de chaque côté et Bernadotte aurait fait rasé les derniers vestiges de l’ancien château fort, mais des douves longent le domaine au Sud et à l’entrée principale.

Le château est lui aussi rénové. En 1808 et 1811, maçons, menuisiers, terrassiers, couvreurs effectuent des travaux au château. Le 20 novembre 1808, Désirée demande à son frère : « je voudrais bien que tu eusses la bonté de remettre à M. Laussel 2168 livres que je lui dois et de lui donner aussi 7000 livres, pour distribuer encore aux ouvriers de la Grange pour les nouveaux travaux ». M. Mongin, sculpteur de Paris, orne la cheminée de la salle à manger, décore l’appartement du Prince et la salle de billard. M.Mongin sculpte également les chapiteaux et aigles de la volière, le péristyle et agrémente les pavillons des grilles de faisceaux, aigles et couronnes (Etat des sommes dues par Bernadotte, 20 septembre 1811), toujours présents sur certaines grilles dans la forêt de Rougeau, longtemps détenues et non entretenues par un propriétaire privé, une partie acquise par l’Agence régionale des Espaces Verts en septembre 2009. On y trouve encore les ruines d’une des deux fabriques construites selon des dessins de Kraft et Ransonnette.

C’est dans les allées du parc où, d’après l’historien Léonce Pingaud (Bernadotte et Napoléon, 1797-1814 – Paris, Plon, 1930), Oscar aurait incité son père à accepter la proposition de la Diète de Suède par cette phrase que Jean-Baptiste rappelait lui-même « Pourquoi Papa, ne feriez-vous pas le bonheur de ce brave peuple ? » alors qu’ils se promenaient avec « la Maréchale ». Léonce Pingaud ajoute : « De là, il alla trouver Napoléon à Saind-Cloud. »

Plus loin dans le parc, les plans du XIXe Siècle attestent la présence d’une « île Oscar » dans un étang, aujourd’hui regagné par la forêt.

· Menacé de réquisition, sauvé par le sucre

Mais 1810 marque un tournant dans la vie du domaine. Le 21 août 1810, le vote de la Diète de Stockholm confirme le choix de Bernadotte comme Prince Royal de Suède. Désirée et son époux souhaitent vendre le domaine. En 1812, dans l’intérêt de la Suède, Bernadotte participe à la coalition contre Napoléon. Bernadotte étant accusé d’avoir trahi l’Empereur est rayé des listes électorales seine-et-marnaises. Craignant de se voir confisqués leurs biens, ils cèdent le domaine à Nicolas Clary, à bas prix, le13 mai 1813. le domaine est laissé à l’abandon, même si Nicolas Guiard en assure toujours l’intendance. Les relations entre Bernadotte et Napoléon se détériorent. Le 18 mai 1813, suspectée de trahison et craignant de se voir expropriée, Désirée Clary cède le domaine à bas prix à son frère Nicolas (1760-1823), actionnaire de la Banque de France, homme d’affaires de Désirée. Au moment de l’embargo britannique sur l’Empire, Nicolas Clary, avec l’aide du banquier Delessert à Passy, exploite la betterave sucrière sur ses terres. Le palliatif à la canne à sucre est trouvé et Nicolas Clary reste en bons termes avec Napoléon ce qui assure aussi le maintien et la prospérité du domaine. En 1816, Désirée Clary, vivant toujours à Paris, effectue un séjour à La Grange avec sa sœur Julie, avec qui elle est très liée. Nicolas aime lui aussi séjourner à La Grange où ses enfants sont élevés.

Dès 1830, son fils, François-Jean, est désigné par les habitants comme capitaine de leur garde nationale, à 16 ans. En 1841 il devient maire de la commune, mais y réside peu. En 1846 il se marie, s’installe dans son domaine, mais perd son poste de maire, qu’il retrouve de 1852 à 1871 puis de 1879 à 1884, signe de l’influence de la famille Clary dans la commune. Ses innovations dans le domaine de l’agriculture et le fait d’avoir caché Napoléon III avant son accession au trône assurent son statut (il est nommé sénateur et Pair de France à vie et maire de Savigny-le-Temple à plusieurs reprises) et la prospérité du domaine, qui compte à présent 1100 hectares et cinq fermes. L’aménagement du parc se perpétue dans l’esprit imprimé par Bernadotte et Désirée. Adhérent de la société d’horticulture de Fontainebleau, il développe les plantations du parc, dont l’ensemble constitue à présent un patrimoine remarquable.

· Une Ville qui entend préservé la mémoire des lieux

De 1926 à 1957, le domaine est repris par des industriels, puis devient une annexe de l’Institut Gustave Roussy, qui ferme quarante ans plus tard. Le domaine est menacé par des projets immobiliers peu scrupuleux. L’association des Amis du Château de la Grange se créé dès la fermeture de l’Institut pour monter un projet patrimonial et culturel tourné vers les habitants. Le programme est ambitieux et difficile. La propriété reste celle du Conseil général du Val-de-Marne, lieu du siège social de l’Institut Gustave Roussy. Cependant, la mairie de Savigny-le-Temple décide de reprendre la gestion du site, dans le cadre d’un bail emphytéotique de 35 ans avec Val-de-Marne, depuis 2002. Un contrat régional est signé la même année.

Le bail exige d’abord la réhabilitation de l’ancien hôpital à des fins médico-sociales. Dès le 14 janvier 2004, les deux-tiers de cet immense centre (11000 m²) sont réaménagés pour accueillir une maison médicalisée pour personnes atteintes de la maladie dite « d’Alzheimer ». Le bail oblige aussi la Ville à la rénovation du domaine. Démarrés en décembre 2002, les travaux sont achevés en 2006 et le domaine ouvre au public en septembre de la même année. Le château accueille à présent la mairie annexe de la Ville et on y célèbre toutes les cérémonies officielles. Le premier étage abrite le centre d’interprétation sur la période des Premier et Second Empires, sous l’angle des Bernadotte et des Clary. Le deuxième étage est destiné aux réunions et à l’accueil d’artistes en résidences dans trois studios aménagés.

Rectangle à coins arrondis: Les grilles et le perron comptent parmi les travaux réalisés.curies sont réhabilitées et accueille la brigade équestre de la commune ; ainsi que le potager historique, dont les premiers dessins connus remontent au XVIIe Siècle, le plus vaste potager en activité de Seine-et-Marne. Il permet de mettre en œuvre un programme régional de sauvegarde et de mise en valeur des variétés de plantes cultivées en Île-de-France, dont le patrimoine est immense. Le parc, conduit en gestion différenciée, est dorénavant ouvert au public. La cascade vient elle aussi d’être remise en service et permet d’arroser le potager par l’eau de la nappe phréatique superficielle existant juste sous le domaine.

A la première ouverture au public, aux Journées du Patrimoine de septembre 2006, le château fait plus que le plein avec au moins mille visiteurs dénombrés en quelques heures. En juin 2007, la commune reçoit le prix régional au concours des Rubans du Patrimoine pour la réhabilitation du château et, en 2009, le prix départemental du développement durable et le deuxième prix du concours national des jardins potagers de la SNHF.

A présent, elle se prépare à célébrer comme il se doit le bicentenaire de l’élection au Trône de Suède de l’ancien propriétaire du domaine.

Gilles Debarle, directeur du Domaine de la Grange – la Prévôté – Hôtel de Ville – BP147 – 77547 Savigny-le-Temple cedex – Tel : 01 60 63 29 40 – g.debarle@savigny-le-temple.fr