mercredi, août 06, 2008

L’ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT- JUILLET 2008


Lorsqu’une chaîne de télévision nationale commence à s’intéresser à la vie de Jean-Baptiste Bernadotte, c’est que les choses commencent à bouger… En effet, dernièrement j’ai eu le privilège de rencontrer Gérold Hoffman de la Chaîne ARTE ; ce dernier a désiré réaliser un tournage, en France, dans deux sites où Bernadotte a laissé son empreinte, en l’occurrence le musée Bernadotte et le Château de la Grange à Savigny le Temple. Lieu qui fut la dernière demeure où Bernadotte et Désirée Clary ont résidé avant de partir pour la Suède. Je sais que des séquences ont également été tournées au Palais Royal. Le documentaire devrait être programmé pour la fin de l’année 2008 .

Avant de vous souhaiter de bonnes vacances estivales et d’émettre le vœux de vous revoir lors de notre assemblée générale d’octobre(très certainement à Pau), je voudrais remercier particulièrement Madame la Députée-Maire d’avoir accepté de nous rédiger un éditorial, Eveline Sundström pour son dévouement et son courage (dernièrement, elle a consacré énormément de son temps afin de trier et répertorier nos bulletins au musée), Paul Mirat pour sa pugnacité et sa volonté de voir aboutir nos projets, et Jean-Marc Baradat, guide du Musée Bernadotte, qui propose d’offrir une chronique régulière aux lecteurs de notre bulletin.

Enfin, je désire dédier ce bulletin à Bertrand Jonquoy, décédé en mai. Cet homme était un passionné de généalogie et de l’histoire de Bernadotte. Je veux, à travers ces quelques mots , exprimer toutes mes condoléances à son épouse, et aux siens, au nom de notre association.

LES BUREAUX

En FRANCE
Président : Bertil BERNADOTTE
47, Rue Jean Robin – 58130 GUERIGNY - ( . 06.98.77.26.06 - 03.86.60.01.51
. : bertil.bernadotte@free.fr
Vice Présidents:
Anne-Marie RIGOULET
2 avenue des Etats Unis - 64 000 PAU
Paul BARINGOU
7 rue Madame de Staêl - 72 000 LE MANS - . : baringou.sp@wanadoo.fr
Trésorier : Dominique BERNADOTTE
184 rue des Hirondelles - 40 180 RIVIERE - ( . 05.58.97.42.55
. : dominique.bernadotte@wanadoo.fr
Secrétaire/interprète : Évelyne SUNDSTROM
16 avenue Béziou Villa Cordoba - 64 000 PAU
consultant culturel : Paul MIRAT
12 route de Lourdes - 64510 MEILLON . : paulmirat@yahoo.fr
Assistante "communication" : Marie-Pascale OLLIVIER
16 avenue - 64 000 PAU - ( . 05.59.05.45.51 - . : mariepascale.ollivier@wanadoo.fr
Consultant : Jean-Claude PREVOST
31 rue Bernes-Cambot - 64 000 PAU - ( . 05.59.02.81.04

En SUEDE

Président: Lars O. LAGERQVIST,
Le Cabinet Royal des Monnaies et Médailles, Box 5428, SE - 114 84 STOCKHOLM, Suède
( . + 46 8 519 553 18 - . : lars.o.lagerqvist@myntkabinettet.se
Vice Président: Barbro Lindhagen,
Valhallavägen 108, SE - 114 41 STOCKHOLM, Suède
( . + 46 8 662 41 92
Trésorier: Leif T. Jansson, Sippvägen 29, SE - 183 63 TÄBY, Suède
( . + 46 8 566 20 219- . :Leif.Jansson@ap1.se
Secrétaire: Lars Blomberg, Rådmansgatan 84, SE - 113 29 STOCKHOLM, Suède
( . + 46 8 30 30 57
Membre du Conseil: Per Sparre, Kungsvägen 14, SE - 182 79 STOCKSUND, Suède
( . + 46 8 85 61 30 . : Per.S.Sparre@telia.com

EDITORIAL DE MADAME LA DÉPUTÉE-MAIRE DE PAU

Il y a des signes qui ne trompent pas : la Société des Amis du Musée Bernadotte a le vent en poupe. Acquisitions, réceptions de hauts dignitaires danois et suédois, organisation du Jubilé Bernadotte, elle est sur tous les fronts.

Récemment, le prince consort du Danemark, Henrik de Monpezat, est venu visiter la ville de ses aïeux. L’accueil chaleureux qui lui fut réservé rue Tran restera dans sa mémoire, il me l’a confié avant de s’envoler pour Copenhague.
Quelques semaines plus tard, les Amis recevaient le Comte Oscar Af Wisborg et sa fille, la comtesse Christina. Je sais que des conversations constructives ont eu lieu entre le comte et le bureau des Amis du Musée ; les relations avec la Suède sont bien actives et la ville de Pau ne peut que s’en réjouir.

L’association vient de faire plusieurs acquisitions dont un charmant tableau de Jean-Baptiste Butay, peintre palois, ami d’enfance de Jean-Baptiste Bernadotte, qui, devenu roi de Suède et de Norvège, lui avait commandé plusieurs portraits officiels et une dizaine de vues de son Béarn aimé.
Cette acquisition est importante. Je remercie la Société des Amis pour leur générosité et je salue Guillaume Ambroise, conservateur du Musée des Beaux-Arts et du Musée Bernadotte d’avoir attiré l’attention de l’association. J’en profite également pour saluer le travail du service éducatif du Musée des Beaux-Arts qui édite prochainement le livret consacré à Bernadotte. Il est splendide et devrait avoir un vrai succès auprès des scolaires de la région à qui il est destiné.
Une lettre manuscrite du roi béarnais va également rejoindre le fonds du musée palois ; elle a été dénichée par Bertil Bernadotte, dynamique président de la Société des Amis qui ne ménage pas ses efforts pour faire connaître son aïeul et le musée palois.
La Mairie a elle aussi participé à l’enrichissement des collections en offrant à la maison natale une épée de parade ayant appartenue à un officier de la garde de Bernadotte. Ces objets seront dévoilés au public très bientôt.
La semaine dernière, une équipe d’Arte est venue filmer Pau dans le cadre d’un documentaire historique de 52 minutes, consacré à Jean-Baptiste Bernadotte, qui sera diffusé prochainement. Je remercie ici les membres de l’association qui ont reçu et guidé cette équipe de tournage.

En 2010, Örebro, siège du Parlement suédois, fêtera le bicentenaire de l’élection du Béarnais au rang de prince héritier. Je suis attentivement le bon déroulement de ce dossier ; l’événement est d’importance et aura une résonance européenne.
Bravo aux Amis du Musée et au personnel qui, ensemble, mettent tout leur cœur à faire connaître l’histoire et le patrimoine exceptionnels de Pau.

Avec tous mes vœux de réussite pour vos nombreux projets,
Amicalement à tous,

Martine Lignières-Cassou,Maire de Pau

DES NOUVELLES DES ARTISTES DE LA FAMILLE

Paul Baringou : Un nouveau livre est sorti "buvez de La Fontaine sans modération". Ce livre peut être commandé en librairie ( 13 euros) ou commandé directement à l'éditeur . " le Petit Pavé ", 02 41 54 60 21,par internet à: editions@petitpave.fr, (12 euros 35, frais d'envoi à la charge de l'éditeur) fax: 02 41 54 68 70, adresse: BP:17 . Brissac 49 320
De plus à signaler que Paul et son épouse ont obtenu le premier prix d'un concours photo dont le thème était "regard décalé sur l'ouest". Du 14 juin au 21 septembre 2008,ils exposent 5 photos "décalées" sur des thèmes divers, à St Germain des Angles, à 10 kilomètres d'Evreux ,dans une usine désaffectée, transformée en lieu culturel .
site : www.baringou.com
***
Cédric Bernadotte. : La dernière critique lu sur cet artiste créateur :
« Architecture d'urgence réappropriation de l'espace public sous forme d'interventions / Avec une économie de moyen affirmée, scotch, film d'emballage, bâche plastique, réinvente la vie; le mobilier urbain lui inspire de nouvelles situations, de nouvelles fonctions. La ville, où toutes les formes sont possibles, plus ludique, plus multiple que les dispositions mono-fonctionnelles qui sont proposées. L'artiste prône le repos dans ces villes en mouvement perpétuel, et met en évidence que le citoyen a un rôle très important à jouer dans le développement et la construction du milieu dans lequel il vit »
site : http://cedricbernadotte.free.fr/

PASSAGE DE BERNADOTTE EST DES CLARY SUR LE PLATEAU DE NOZAY

Par Jean-Pierre Dagnot



Situation avant leur arrivée sur Nozay
L'histoire de Villarceau et Lunezy fera l'objet de plusieurs chroniques traitant des seigneurs de ces lieux. Les baux et descriptions de bâtiments feront également l'objet de récits séparés. Faisons le point:
- Philippe Fontenilliat, fils de la dernière dame de Villarceau, est entré en possession de ce domaine par héritage. Il consiste en un pavillon servant de logement au maître, cour, jardin, grand & petit parc, terres, le tout contenant 211 hectares. Il a obtenu de manière indirecte (achat en commande) le domaine de Lunezy qui comporte un château, parterre, potager, parc, colombier, bâtiment de ferme, 40 hectares de terres, 43 hectares de bois. Egalement, il reprend le bail des lieux afin de les rendre libre.
Du côté des Bernadotte, nous ne reprendrons pas l'histoire des époux (rappel historique sur Bernadotte :* wikipédia), mais seulement, pour la clarté du récit, des informations montrant l'ascension rapide ce couple.Tout d'abord l'union du couple en thermidor an 6. Jean Baptiste Bernadotte (35 ans), général divisionnaire, demeurant rue de la Lune à Sceaux d'une part, et Joseph Bonaparte (son futur beau-frère), représentant du peuple, procureur de la veuve du défunt François Clary, vivant négociant de Marseille, stipulant pour Bernardine Eugénie Désirée Clary, fille mineure de 18 ans, demeurant rue du Rocher à Paris, d'autre part. C'est un contrat classique. Etaient présents Marie Julie Clary, soeur de Désirée et épouse de Joseph Bonaparte. Pas de communauté de biens entre les époux. La future n'apporte que son linge et ses bijoux. Le futur déclare que son revenu n'excède pas 3.000 livres. La future estime le même revenu à provenir du huitième de la succession de son père. Donc, à cette époque, il n'est pas encore question de richesses apparentes.
Deux années passent, Jean Baptiste est devenu conseiller d'Etat, général en chef de l'armée de l'ouest, ci-devant ministre d'état du département de la guerre. Il fait avec Désirée une donation entre vifs. Notons l'achat du domaine de la Grange-la-Prévôté à Savigny-le-temple (400 hectares). Du côté des Clary, citons Henry Joseph Gabriel Blait de Villeneuve, capitaine du génie sous Louis XVI, qui se marie à Marseille en 1791, avec Catherine Honorine Clary (soeur de Désirée).A cause de la révolution, Henry émigre en l'an II, et le couple divorce pour préserver ses biens. A son retour ils se remarient à Neuilly en 1806. Notons également qu'ils achètent un domaine de 400 hectares dit la Chaloterie avec maison de maître du côté de Chaumes-en-Brie.

Les documents consultés nous montrent que les familles Clary et Bonaparte cohabitent. En 1803, Bernadotte donne également procuration à Nicolas Joseph Clary, un de ses beaux-frères, banquier et ingénieur.

Ce préambule est suffisant, passons maintenant à notre région.

Acquisition de Villarceau et Lunezy
Une semaine avant Austerlitz, Philippe François Fontenilliat, négociant à Rouen, y demeurant, vend à Monseigneur Jean-Baptiste Bernadotte, maréchal de l'Empire, grand officier et grand cordon de la légion d' honneur, commandant en chef de la première division de la grande armée en Allemagne et Madame Bernardine Eugénie Désirée Clary, son épouse, demeurant en leur hôtel au 28 rue d' Anjou, faubourg Saint Honoré, représentés par Nicolas Joseph Clary, propriétaire:- les terres domaines et ferme de Villarceaux, ci-devant fiefs de Villarceaux et des Villevents, situés à Nozay et Villejust, consistant en un pavillon servant de logement au maître, cour, jardin, grand et petit parc, terres labourables, prés bois vignes, contenant 212 hectares.- les terres et domaine de Lunezy, sis paroisse de Nozay, consistant en château, parterre, potager, parc, colombier, bâtiment de ferme, 40 hectares de terres, 43 hectares de bois, le tout représentant 308 hectares. La vente est réalisée moyennant la somme de 350.000 frs (260.000 Villarceau et 88.000 Lunézy), payée en numéraire métallique. A noter que les meubles dans le château et dépendances sont compris et correspondent à 2.855 frs.Les Bernadotte sont tenus de respecter la clause de jouissance par la veuve Fontenilliat durant sa vie du logement et dépendances dans le domaine de Villarceaux évalué à 500 frs.

Revente de Lunezy, Villarceau, Savigny-le-Temple

Nous arrivons en 1810. Des transactions curieuses vont commencer. Son altesse sérénissime Monseigneur Jean Baptiste Bernadotte, prince et duc de Ponte Corvo, maréchal de l'Empire, grand aigle et chef de la huitième cohorte de la Légion d'honneur, grand dignitaire de l' ordre de la cohorte de fer, grand croix de l' aigle noir de Prusse et de celui de l'éléphant de Danemark, ...etc, et la princesse Bernardine Eugénie Désirée Clary, princesse et duchesse de Ponte Corvo d' une part, Henry Joseph Gabriel Blait de Villeneuve, un des administrateurs généraux des postes,et Madame Catherine Honorine Clary, son épouse, d' autre part: les premiers "vendent" aux seconds, la terre ou domaine de Lunezy avec tout ce qui en dépend soit 99 hectares, consistant en un château avec cour, avant cour, et parc planté de plusieurs pièces de bois au dehors, et une ferme appelée la ferme de Lunézy composée de bâtiments pour l'exploitation, verger et petit jardin et de terre labourables. Le prix de 160.000 frs a été payé comptant en espèces sonnantes d'or et d'argent ayant cours. Dans les conditions continuer le bail de la ferme , payer les gages du garde.Fait et passé à Paris en l'hôtel et demeure des parties, signatures des quatre personnages. Il est intéressant de remarquer que Bernadotte vient de recevoir son élection de prince héritier de Suède. Il délègue à son épouse un renouvellement de procuration générale et spéciale, très détaillé lui accordant tous pouvoirs (la liste est longue) sans aucune réserve, lui montrant une totale confiance. Le couple agit de même avec leur beau-frère Henri Joseph Blait de Villeneuve, administrateur général des postes, pour vendre et gérer leurs biens dans l'étendue de l'empire français.


L'acte est passé au château de Stockholm
Les ventes continuent. Le couple princier vend à Nicolas Joseph Clary (le banquier), le château et la ferme de la Grange-la-Prévôté à Savigny. Cette vente est réalisée par le mandataire du prince, un suédois.
La même semaine, le même mandataire vend cette fois-ci à l'autre beau-frère Henri Joseph Gabriel de Villeneuve, les terres domaines et ferme de Villarceaux contenant 222 hectares moyennant 175.000 frs. le beau-frère se trouve ainsi propriétaire de la totalité des biens à Nozay.
Le même jour, un acte sous seing privé avec le même mandataire où Monsieur et Madame de Villeneuve ont déclaré que la vente qui leur avait été faite n'était pas sérieuse et qu'ils n'avaient aucun droit à la propriété n'en ayant pas payé le prix, dont cependant le contrat porte quittance. La vente n'a été acceptée que pour faire plaisir à leurs altesses, et ils reconnaissent que les titres et pièces n'ont point été remis. Cette affaire va resurgir 6 ans plus tard avec les bureaux de l'enregistrement!
De ces ventes dont certaines sont factices, on peut remarquer qu'à cette époque, Charles Jean s'est opposé officiellement à la France et doit redouter une saisie de ses biens, donc il les "vend".
Gabriel de Villeneufve à Nozay
En 1812, l'état des inscriptions hypothécaires sur Villarceau considère Charles Jean, prince royal de Suède des Goths et des Vandales et Bernardine Désirée son épouse princesse royale, toujours propriétaires.
L'année suivante, Henry Joseph Gabriel de Villeneuve, propriétaire, demeurant rue d'Anjou, chez Désirée, loue pour 9 ans (ce qui lui sera reproché plus tard, le bail entérinant le seing privé comme une rétrocession) à Marie Madeleine Hautefeuille, veuve d'Etienne Lepère et à son fils Louis Marie, cultivateur:- la ferme et domaine de Villarceaux, composée de bâtiments propres au logement de fermier et à l'exploitation,- un pavillon servant de maison de maître, cour jardin clos de murs, autre jardin clos de hayes vives,- 205 hectares de terres prés.- de ne pouvoir chasser le bailleur se réservant la chasse.Le bail est fait moyennant 11.000 francs, en pièces d'or ou d'argent au cours du jour, exceptionnellement des piastres d'Espagne seront acceptées.

A la même époque, une note sans date ni signature concerne la ferme de Lunezy, baillée aux mêmes pour 3.000 frs nets. Ces documents associés à un projet de bail fait par Fontenilliat en l'an XIII aux Lepère pour Lunezy. Les baux et la vie de ces fermes seront traités séparément.
En 1815, Henry Joseph Gabriel Blait de Villeneuve décède. Honorine, héritière pour un quart en toute propriété & un quart en usufruit & Joséphine Baptistine sa fille font procéder à l'inventaire des biens:1°) l'inventaire à Paris, chez la princesse de Suède où le couple réside, relevons une berline de 800 livres, 450 bouteilles de vin,2°) à Lunezy, en présence des fermiers, peu de choses, ils s'y rendent peu. Notons la chapelle et une salle de billard au second étage, le tout en mauvais état.Honorine Catherine Clary étant donataire, son unique fille devient seule et unique héritière.
Notons l'année suivante, que pour dégager sa responsabilité, la veuve dépose chez le notaire le fameux seing privé de la fausse vente. La suite du récit devient maintenant, séparée pour chaque domaine.

Domaine de Lunezy

En 1818, la reine de Suède vend à sa soeur, Madame de Villeneuve, 16 hectares de bois pour harmoniser le domaine.

La veuve gère elle-même ses biens et les baux des fermiers, toujours avec la même famille Lepère. Elle passera la main à un homme de confiance en 1827, pour les actes classiques et ira vivre à Florence

Sa fille Baptistine, Julie, Joséphine s'unie en 1832 à Florence, avec Joachim Charles Napoléon Clary (un cousin au premier rang). Le couple, séparé de biens, a deux enfants Victorine et Adolphe. Elle confie à Joseph Avignon, ami de la famille, résidant également rue d'Anjou (le mandataire de sa mère), les mêmes pouvoirs. Notons que ce dernier agit également pour la reine de Suède. Les baux dont il s'occupe se paient toujours en or ou argent. le mandataire se réserve la chasse.

En 1840, Joséphine de Villeneuve décède. Son époux Joachim Clary, capitaine de cavalerie en disponibilité, qui demeure également chez la reine de Suède demande l'inventaire après décès. Il précise qu'il demeure dans les appartements et mobiliers de sa belle mère:- notons pour l'anecdote dans les bibelots et tableaux: une mèche de cheveux de Napoléon donnée par Mme Murat, des tableaux de David, Delacroix, Robert. Le domaine de Lunezy ( le château n' existe plus), propriété de la défunte vient de la communauté de biens de ses parents. Dans le testament de la défunte qui lègue tout à son mari, on apprend la coupe des bois de Lunezy et leurs transformations en terres cultivables. Elle lègue à son incomparable mère, "la meilleure de toutes les mères", ses bijoux à l'exception de la bague de mariage pour son mari en souvenir du bonheur parfait dont il l'a comblée.
Trois ans plus tard, à Florence, la mère tant chérie décède à son tour, laissant ses biens à ses deux petits enfants. Il est fait l'inventaire des meubles de l'appartement de la rue d'Anjou appartenant à la reine de Suède. ( plus de 80 lots)




TOURNAGE D’UN DOCUMENTAIRE SUR JEAN-BAPTISTE BERNADOTTE

M.Gérold Hoffman et son équipe de tournage



le Domaine de la Grange à Savigny le Temple

De gauche à droite
Pierre Wylleman (trésorier des Amis de la Grange),
Jean-Pierre Bernadotte
Bertil Bernadotte et
Alain Traca (Président des Amis de la Grange) expliquant la naissance de la rose prénommée Désirée

En 1800, le général Bernadotte acquiert le domaine de la Grange pour son épouse Désirée Clary, dont on connaît la destinée, et construit une grande bâtisse sur l'emplacement de l'ancien château ruiné. Devenue reine de Suède après 1815, Désirée Clary cède le domaine à son frère Nicolas en 1823.
Son neveu, François-Jean, Comte Clary, hérite du domaine en 1846 et fut longtemps sénateur et maire de Savigny. Il y mourut en 1889. Sa femme, la comtesse Clary, née Sidonie Talabot, céda à la commune, en 1906, son école de filles dont le bâtiment existe toujours au vieux bourg de Savigny. Depuis, le domaine de la Grange eut des fortunes diverses dont la dernière en date est la fermeture, en 1998, de l'annexe de l'Institut Gustave Roussy, fondation mondialement réputée dans le domaine de la cancérologie
La grille et les deux pavillons d’entrée portent leurs insignes : un « C » pour Clary et un « T » pour Talabot, tous deux entrelacés sur un écusson.

L’EXCEPTIONNEL DESTIN DE JEAN-BAPTISTE BERNADOTTE

par Paul Baringou

Rien ne prédisposait Jean-Baptiste Bernadotte à connaître le fabuleux destin qui, de Pau où il naquit en 1763, le conduisit à Stockholm où il devint Prince Héritier du Royaume en 1810 et Roi de Suède et de Norvège en 1818, sous le nom de Charles XIV ou Charles –Jean.

C’est la conjonction d’événements exceptionnels qui expliquent un itinéraire aussi surprenant : la Révolution Française, le Premier Empire et l’absence d’héritier du Roi de Suède Charles XIII (1748-1818). Mais ces événements ne doivent pas occulter les qualités propres à Jean-Baptiste Bernadotte : diplomatie, courtoisie, générosité, courage, sens de l’organisation qui lui permirent d’accéder aux plus hautes responsabilités.

En 1780, au décès de son père, Henri Bernadotte, magistrat, il renonça à devenir un juriste comme son père et son frère aîné, Jean Bernadotte, avocat (le futur 1er baron
Bernadotte). Il s’engagea alors dans l’armée royale ; en juillet 1789, il avait le grade de sergent major ; deux ans plus tard, la Révolution Française en fit un lieutenant puis un colonel en 1792, un général de brigade en 1793, de division en 1794. Napoléon 1er lui attribua le titre de Maréchal d’Empire en 1804.

Sous le Directoire, il fut ambassadeur de France à Vienne (Autriche) en 1798, Ministre de la guerre en 1799 (il procéda à la réorganisation de l’armée). En 1798, il épousa Désirée Clary, l’ancienne fiancée de Napoléon Bonaparte, devenant ainsi le beau-frère de Joseph Bonaparte, l’aîné de la famille Bonaparte (époux de Julie Clary, la sœur de Désirée). Un an plus tard, naissait à Paris leur fils Oscar (le futur Oscar 1er, Roi de Suède et de Norvège après la mort de son père).

De 1790 à 1808, Jean-Baptiste Bernadotte se couvrit de gloire dans les batailles de la Révolution. (Il passait pour un des meilleurs généraux de la République et un possible rival de Napoléon Bonaparte) et de l’Empire (il prit une part brillante aux campagnes de 1804 à 1808). A partir de la bataille de Wagram, en 1809, il se brouilla avec Napoléon notamment pour des raisons militaires.
Sans commandement, en disgrâce, il accepta, bien volontiers, en 1810, son élection par la Diète Suédoise, comme Prince Héritier du Roi Charles XIII ; élection singulière mais cohérente : des officiers suédois, ses prisonniers en 1806, qu’il avait traités avec humanité et générosité lorsqu’il était gouverneur du Hanovre (Allemagne), avaient apprécié ses qualités de stratège militaire, de gestionnaire administratif et de diplomate. Toutes qualités qui, selon eux, permettraient à la Suède de conserver son rang de grande puissance nordique. Ces officiers furent de précieux et efficaces avocats de Jean-Baptiste Bernadotte auprès des membres de la Diète suédoise

En 1812, coup de théâtre, Napoléon 1er envahit la Poméranie suédoise (région située au sud-est du Danemark, en Allemagne actuellement) pour consolider le blocus continental contre l’Angleterre et mieux préparer l’invasion de la Russie. Il s’agissait d’un acte de guerre délibéré de la part de l’Empereur contre le Royaume de Suède : Jean-Baptiste Bernadotte, Prince Héritier, devenu suédois, se devait donc légitimement de défendre son pays d’adoption ; c’est pour ces raisons que Français et Suédois (ces derniers alliés aux prussiens, russes, autrichiens,et anglais) se combattirent jusqu’en 1814, date de la première abdication de Napoléon.

A noter que les troupes suédoises ne pénétrèrent jamais sur le territoire français en 1814, sur ordre de Bernadotte. Il convient de se rappeler qu’avant de mourir à Sainte Hélène, Napoléon déclara :
« Bernadotte … Je ne puis dire qu’il m’ait trahi ; il devint en quelque sorte suédois et il n’a jamais promis ce qu’il n’avait pas l’intention de tenir. Je puis l’accuser d’ingratitude mais non de trahison ».

La Suède ne participa pas à la coalition de 1815 qui s’acheva par la défaite de Napoléon à Waterloo.

De 1810 à 1844, comme Prince Héritier et Roi, il redressa les finances au plus bas en 1810, dynamisa le commerce et la production industrielle qui doublèrent en 15 ans. La Suède devint un véritable chantier (construction d’écoles, d’hôpitaux, d’arsenaux, de casernes, creusement du canal allant de la mer Baltique à la mer du Nord, réforme des codes civil et pénal, affranchissement des juifs de Suède….). Le règne de Charles XIV fut considéré comme le nouvel âge d’or de la Suède.

Il lui fut reproché, cependant, un certain conservatisme, des lenteurs dans l’application de réformes sociales promises.

Fait notable, il maintint la Suède en dehors des turbulences politico-militaires européennes ; car, particularité étonnante, ce militaire fut un monarque pacifique, trop indigné qu’il fut par les hécatombes de batailles sanglantes auxquelles il avait assisté.

Les Suédois, peuple de guerriers, ne furent jamais plus en guerre après l’accession au trône de Jean-Baptiste Bernadotte.


Charles XIV mourut en 1844 à Stockholm à l’âge de 81 ans. La dynastie, qu’il créa, règne toujours en Suède ; ses descendants sont actuellement Roi de Suède, Reine du Danemark, Roi de Norvège, Roi de Belgique et du Grand Duché du Luxembourg.

LE COMTE FOLKE BERNADOTTE- 1948



M. Folke Bernadotte était le petit-fils de Oscar II de Suède, qui fut roi de Suède et de Norvège, et le neveu de Gustave V de Suède. Il fut un grand diplomate pendant la Seconde Guerre mondiale

En 1945, alors vice-président de la Croix-rouge suédoise, Bernadotte essaya de négocier un armistice entre l'Allemagne et les Alliés. À la toute fin de la guerre, il reçut l'offre faite par Heinrich Himmler d'une reddition complète de l'Allemagne vis-à-vis de la Grande-Bretagne et des États-Unis, à la condition que l'Allemagne soit autorisée à poursuivre la résistance contre l'Union soviétique. Cette offre fut transmise à Winston Churchill et Harry S. Truman.
Peu avant la fin de la Seconde Guerre mondiale, Bernadotte organisa une opération de sauvetage pour évacuer des déportés, notamment norvégiens et danois, dans des hôpitaux suédois, ainsi que des déportés francophones du Cap Arcona. Il libéra ainsi 15 000 personnes de l'enfer des camps de concentration, et acquit une immense popularité.


Médiateur de l'ONU
À la suite du plan de partage de la Palestine de 1947, des affrontements éclatent entre juifs et arabes en Palestine. Bernadotte est nommé médiateur des Nations unies en Palestine le 20 juin 1948. Il est ainsi le premier médiateur officiel de l'histoire de l'organisation. Sa mission est alors immense : faire cesser les combats et superviser la mise en application du partage territorial

Les causes derrière l'assassinat de Bernadotte

Très vite, la tension avec la partie israélienne grandit. Le 27 juin, le comte propose un premier plan, avec un État israélien sur 20% de la Palestine (au lieu des 55% prévus), qui plus est confédéré avec la Transjordanie. L'État palestinien disparaît et son territoire est attribué à la Transjordanie. Ce plan est rejeté par toutes les parties, y compris arabes. « Bernadotte devient la cible, en Israël, d'une virulente campagne de presse » . « En juillet, les membres du Lehi avaient déjà menacé Bernadotte de mort, suite à une rencontre qu’il avait eue avec deux membres du Stern, le 24 juillet : "Nous avons l’intention de tuer Bernadotte et tout autre observateur des Nations unies en uniforme qui viendra à Jérusalem ". Lorsqu’il leur demanda pourquoi, "Ils répondirent que leur organisation était déterminée à ce que Jérusalem soit sous l’autorité de l’État d’Israël et qu’elle ne permettrait pas d’interférence de la part d’une organisation nationale ou internationale" »
Le 1er août, Israël Eldad, un des trois dirigeants du groupe Stern (ou Lehi, un groupe armé sioniste radical) déclare, lors d'une assemblée publique à Jérusalem : « Les combattants pour la liberté d'Israël adressent une mise en garde aux observateurs des Nations Unies [et] aux généraux de Bernadotte [...]. Nous emploierons contre les représentants d'un pouvoir étranger les mêmes méthodes que nous avons employées contre les Britanniques ».
D'après Israël Eldad, la décision de tuer Bernadotte est prise en août par les trois dirigeants du Lehi.
Le 16 Septembre, Folke Bernadotte propose un nouveau plan de partage de la Palestine, dans lequel la Transjordanie annexerait le Néguev et la Cisjordanie. La confédération entre Israël et la Transjordanie disparaît. Ce plan prévoit également un État juif occupant l'entière Galilée, le passage de Jérusalem sous contrôle international et le rapatriement (ou dédommagement) des réfugiés. Concernant ce dernier sujet, le Comte Bernadotte écrivait « Ce serait offenser les principes élémentaires que d'empêcher ces innocentes victimes du conflit de retourner à leur foyer, alors que les immigrants juifs affluent en Palestine et de plus menacent de façon permanente de remplacer les réfugiés arabes enracinés dans cette terre depuis des siècles. » Il critique « le pillage sioniste à grande échelle et la destruction de villages sans nécessité militaire apparente. »
Ce second plan est de nouveau refusé par les Israéliens et les pays arabes (la Transjordanie, grande gagnante du projet de Bernadotte, n'ose pas accepter, compte tenu de l'ambiance générale).

L'assassinat de Bernadotte

Après l’atterrissage à Kalandia - Jérusalem, Bernadotte et ses accompagnateurs se rendent en voiture à Jérusalem. Au programme du jour, deux choses : rencontrer les Observateurs de la trêve et faire un choix pour l'emplacement d’un nouveau quartier général, car jusque-là Bernadotte et son équipe opéraient depuis l’Hôtel des Roses, situé sur l’île grecque de Rhodes, laquelle était à ses yeux beaucoup trop loin de la zone de guerre.
Après avoir rencontré les observateurs de la trêve et visité quelques emplacements possibles pour le bâtiment du quartier général, le convoi de Bernadotte, composé de trois voitures, entra dans le quartier Katamon de Jérusalem. Chaque voiture arborait les drapeaux des Nations Unies et de la Croix Rouge, et personne, dans ce convoi, n’était armé. Bernadotte, quant à lui, avait refusé à plusieurs reprises le gilet pare-balles qu’on lui proposait
Dans la voiture du Médiateur, sur la banquette arrière, avaient pris place : Bernadotte, le colonel français André Sérot, chef des observateurs des Nations Unies à Jérusalem, et le général suédois Aage Lundstrom, chef de la supervision de la trêve en Palestine, et représentant personnel de Bernadotte. Le quartier de Katamon, sous contrôle de l’armée israélienne, était presque désert. Les habitants chrétiens de cette partie de Jérusalem naguère encore aisée avaient été expulsés à la pointe des baïonnettes par les forces armées sionistes, fin avril.
Peu après avoir franchi un check-point de l’armée israélienne, le convoi est arrêté par une jeep qui lui barre le passage. Trois hommes armés, revêtus de l’uniforme de l’armée israélienne, surgissent de cette jeep tandis que le conducteur reste au volant. Les trois voitures sont arrosées de balles. Bernadotte est abattu à bout portant de six rafales de mitraillette Schmeisser.
Dans leur déclaration dactylographiée, reconnaissant leur responsabilité dans le double assassinat, les tueurs demandent qu’on veuille bien les excuser d’avoir abattu Sérot « par erreur »..
On sait aujourd'hui que « Le meurtre a été planifié par Zettler, le commandant de la section de Jérusalem (la dernière en activité et la plus dure), qu'il a été décidé en août au plus haut niveau par les trois responsables du centre et que l'exécution en a été confiée à un vétéran du Lehi, Yéhochua Cohen.. Les deux autres tireurs étaient Yitzhak Ben-Moshe et « Gingi » Zinger, et le conducteur de la jeep s'appelait Meshulam Makover.
L’assassinat de Bernadotte suscita une condamnation universelle.
Le Lehi est immédiatement suspecté. « En 24 heures, plus de 250 membres du Lehi sont interpellés dans tout le pays. Le gouvernement en profite pour dissoudre les unités de l'IZL à Jérusalem, bien qu'il sache qu'elles n'ont pas été mêlées au crime. Le surlendemain, le Lehi est officiellement dissous au titre d'une loi “pour la prévention du terrorisme”. » « Zettler affirmera avoir reçu une promesse explicite du ministre de l'intérieur Yitzhak Grünbaum : “vous serez condamnés pour satisfaire l'opinion mondiale. Après quoi, vous serez amnistiés”. » De fait, « Yalin Mor et son adjoint Mattiyahu Shmulovitz, condamnés le 2 février 1949 à plusieurs années de prison, non pour meurtre mais pour appartenance à une organisation terroriste, seront relâchés deux semaines après [...] tous les autres détenus du Lehi bénéficieront d'une amnistie générale ».Nathan Yalin Mor fut élu à la Knesset en janvier 1949 et le tireur Yeoshua Cohen devint le garde du corps personnel de Ben Gourion dans les années 1950. Yitzhak Shamir, le chef des opérations du Lehi, deviendra quant à lui premier ministre d'Israël à deux reprises.
Ses propositions pour la paix
Trois jours après son décès, fut publié un rapport décrivant les efforts proposés par Bernadotte pour aboutir à la paix. Il contenait les propositions suivantes :
Transformer la première accalmie dans les combats en une paix permanente, ou au moins en un cessez-le-feu, et déterminer les frontières définitives des États juif et arabe en Palestine ;

Accorder le désert du Néguev à l'État arabe et la Galilée à l'État juif ;
Internationaliser Jérusalem ;
Donner le contrôle des parties arabes de la Palestine aux États arabes (en fait à la Transjordanie) ;
S'assurer que le port d'Haïfa et l'aéroport de Lod desservent à la fois les parties arabes et juives de la région, ainsi que les États arabes du voisinage ;
Organiser le rapatriement des réfugiés palestiniens ou, à défaut, leur dédommagement ;
Établir un comité de réconciliation, première étape devant mener à une paix durable dans la région.
Le gouvernement israélien rejeta ces propositions. Bernadotte fut remplacé par le médiateur états-unien Ralph Bunche, qui négociera finalement un cessez-le-feu signé sur l'île grecque de Rhodes.

Source :fr.wikipedia.org

1908-2008 IL Y A DEUX CENTS ANS BERNADOTTE

par Jean-Marc Baradat, Guide du Musée Bernadotte de Pau

1808 Hambourg. A 45 ans l’ancien sergent « Sergent Belle-Jambe » n’a rien perdu de sa superbe. Il porte toujours beau et, ici comme ailleurs, le charme de ses manières, sa générosité, son humanisme, le font apprécier des populations, bien que sa tolérance exagérée à l’égard de « la clique » qui l’entoure, nuise à sa bonne réputation. S’il jette un regard sur le passé, Bernadotte a bien des raisons de s’étonner. Que de chemin parcouru par le jeune et intrépide béarnais qui, comme tant d’autres « cadets » avant lui, a un jour quitté son « pays » pour étancher sa soif d’aventure et de gloire.
Qu’il est loin le beau ciel de Pau à Hambourg, ville dans laquelle il occupe la fonction de gouverneur des « villes hanséatiques », mais pas de regrets, et pour cause.
Soldat du roi de France à 17 ans, il est aujourd’hui maréchal et prince de l’Empire français. Il a vécu des évènements extraordinaires, il a rencontré les plus grandes figures de son époque. Il y a dix ans, il épousait Désirée Clary, ancienne « fiancée » de Napoléon. Une situation ambiguë et des rapports assurément singuliers entre ces trois êtres. Pourtant son mariage avec Désirée semble heureux. Elle est venue fin mars à Hambourg avec leur fils Oscar voir son époux, puis elle est repartie fin mai, comme elle repartira…
1808 est une année cruciale pour Bernadotte. Il doit, appuyé par les Danois, envahir avec des troupes franco-espagnoles,le Sud de la Suède, alors que les Russes entreront en Finlande (suédoise depuis sept siècles). Cela fait suite à l’accord de Tilsit en 1807, entre le Tsar Alexandre et Napoléon qui souhaitaient punir les Suédois pour leur alliance avec l’Angleterre.
Cette expédition lui plaît, et si ses vues l’avaient emporté, on peut penser que l’affaire eût été vite réglée, et la Suède dans une situation terrible.
Cependant Napoléon, qui ne veut pas trop en faire pour aider ses « alliés » Russes, va tergiverser, traîner les pieds… , à cause de l’occupation de leur pays par les Français, les troupes espagnoles du marquis de la Romana déserteront, aidées par les Anglais, et le projet ne sera jamais réalisé au grand regret de Bernadotte.
Et pourtant la chance le sert merveilleusement.
En effet, la conquête de la Finlande par les Russes va provoquer une cascade d’évènements qui aboutira à son élection de Prince héritier par les Suédois, qui ne l’auraient jamais choisit s’il avait envahi leur pays.

1808, une voie royale s’ouvre devant Jean-Baptiste Bernadotte, dans dix ans, il sera roi de Suède et de Norvège.

Cet article a été rédigé avec l’aide des ouvrages de messieurs Girod de l’Ain et Torvald T son Hodjer qui sont deux auteurs de biographies remarquables sur Bernadotte