lundi, septembre 25, 2006

Jean-Baptiste BERNADOTTE -Roi de Suède - A cheval

L’ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT - juillet 2006


Ce début d’année 2006 aura endeuillée notre association. En effet les disparitions de Messieurs André LABARRERE et de Christian BAZIN laisseront un grand vide intellectuel au sein de notre association.
Le Sénateur Maire de Pau a toujours œuvré pour faire reconnaître Jean-Baptiste Bernadotte en autre, à travers la vitrine que représente le musée. Il avait de grande ambition pour faire valoir cette enfant du pays, tel ce projet d’une magnifique statue de celui qui devint Roi de Suède Nous perdons non seulement un membre éminent de notre association, mais un grand défendeur de nos actions.
Christian Bazin a certainement écrit l’un des meilleurs ouvrages sur l’illustre personnage qu’est Jean-Baptiste Bernadotte. "Bernadotte, un cadet de Gascogne sur le trône de Suède". Centralien, diplômé de Sciences Politiques et de la Columbia Université de New-york, il portait un grand intérêt aux bouleversements de la révolution française et à l’Empire et avait un regard objectif sur la carrière historique de celui qui allait devenir Roi de Suède.
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Je profite de cet encart pour remercier un de nos membres, en l’occurrence Monsieur Robert Malus. Ce dernier a réalisé un très bel opuscule relatif au fabuleux destin des sœurs Clary. Un document riche en information, qui sera prochainement consultable sur notre site.
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Chez les « Bernadotte » l’Art est une seconde nature, qu’il soit pictural, littéraire ou autre. C’est pourquoi nous avons décidé d’y consacrer une chronique dans nos bulletins. De plus, comme notre site devrait être opérationnel cette année, nous insérerons, en autre, une rubrique avec les différentes photos des œuvres de nos artistes avec leurs coordonnées ainsi que les liens Internet utiles.
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Dernièrement, une question insolite m’a été posée : Jean-Baptiste Bernadotte était-il Franc-Maçon ?Certes, il existe une historiographie officielle ou du moins classique de la franc-maçonnerie, société dont le secret nourrit tous les fantasmes. Une franc-maçonnerie respectueuse des puissants de l'heure, policée et symbolâtre à souhait.
Cependant, toute société organisée étant par essence conservatrice, il faut donc des hommes décidés pour écrire les seules pages de l'histoire qui méritent qu'on ouvre et qu'on pose le livre : celles des révolutions.Depuis 1789, ils ont conquis le monde à leurs idées. Vérifiant ainsi le vieil adage : "la franc-maçonnerie nulle part, les francs-maçons partout".
Parmi eux se trouve effectivement Jean-Baptiste Bernadotte. Il a été reçu initié en France par une " loge militaire " A noter que la plupart des généraux de l’époque ont également été reçus "frères" ( Kellermann, Masséna et Soult) Après son accession au trône de Suède, il devient Grand Maître.Pour votre information, il faut savoir que plusieurs "Bernadotte" ont également été initiés maçon, en l’occurrence, le fils de Jean-Baptiste (Oscar) qui fut Grand Maître de la Loge suédoise et le Roi de Suède Gustave-Adolphe VI, pour ne citer qu’eux…

LE COMITE D’HONNEUR DE LA SOCIETE DES AMIS DU MUSEE BERNADOTTE

sous le haut patronage de
LL. MM. CARL XVI GUSTAF
Roi de Suède
et la Reine SILVIA
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Comte Carl Johan BERNADOTTE af WISBORG, Båstad
Comtesse Sonja BERNADOTTE af WISBORG, Insel Mainau, Allemagne
S.E. Gunnar LAGERGREN, Ancien Grand Maréchal du Royaume, Djursholm
S.E. Sten RUDHOLM, Ancien Grand Maréchal du Royaume, Stockholm
S.E.M. l’Ambassadeur de Suède en France
S.E.M. l’Ambassadeur de France en Suède
S.E.M. l’Ambassadeur de Norvège en Suède
S.E. Le Pro-Nonce Bruno B. HEIM, Olten, Suisse
S.E. Alfonso de la SERENA, Madrid, Espagne
S.E. Hersleb VOGT, Ancien Ambassadeur de Norvège, Paris
Monsieur le-Maire de Pau

vendredi, septembre 22, 2006

Maison natale de Jean-Baptiste Bernadotte

Bernadotte - sur pied

Buste de Bernadotte

DIvers portraits de bernadotte



Gravure datant de 1814

Gravure

portrait de Désirée Clary

Remise du dessin de Paul Baringou à notre société

Fresque visible à la ville de Pau

Les armoiries du 1er Baron Bernadotte


Signatures de Jean Baptiste Bernadotte


CHATEAU DU 1er BARON BERNADOTTE

Maison natale de la mère de Jean-Baptiste Bernadotte

acte de mariage de Jean-Baptiste BERNADOTTE

Dessin de Paul Baringou

dimanche, septembre 17, 2006

LA FAMILLE FRANCAISE


OUVRAGES SUR JEAN-BAPTISTE BERNADOTTE

Liste de quelques ouvrages en français sur
Jean-Baptiste Bernadotte
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Bernadotte, chef de guerre, chef d’Etat
Par Gabriel Girod de l’Ain (Edition Perrin, Paris)
(le plus complet)

Bernadotte
Par Bernard Nabonne (La nouvelle édition, Paris)
(un « tantinet » anti-Bernadotte)

Bernadotte
Par Dunbard Plunket Barton (édition Payot, Paris)
(le point de vue anglais)

Bernadotte et Désirée Clary
Par Françoise Kermina (Edition Perrin, Paris)
(la vie maritale)

Bernadotte, Roi d’aventures
Par Guy Mathélie-Guinet (librairie des Pyrénées, Pau)
(un résumé)

Jean-Baptiste Bernadotte, le soldat de Pau devenu Roi de Suède
Par Bernard Conte, 90 place des Cordeliers,
40120 Roquefort
(la réhabilitation de Bernadotte)

Bernadotte, un cadet de Gascogne sur le trône de Suède
Par Christian Bazin (Edition France-Empire, Paris)
(excellent ouvrage)

La légende de la dame du lac d’Estaing –par Paul Baringou


Voici, résumée, une belle légende pyrénéenne concernant la famille de Jeanne de Saint Jean, la mère de Jean-Baptiste Bernadotte devenu Roi de Suède et de Norvège en 1818 - légende relatée dans le « guide des Pyrénées Mystérieuses » de Bernard Duhourcau (Edition Tchou Paris) .

Jeanne de St Jean faisait partie de la famille d’Abbadie (une d’Abbadie avait épousé un de St Jean) originaire de Sireix - Sirex est dans les Hautes Pyrénées au sud-ouest d’Argeles-Gazost où se trouve le très beau lac d’Estaing.

Il était donc une fois deux jeunes gens de Sireix qui, revenant d’Espagne, rencontrèrent près du lac d’Estaing, deux très belles jeunes femmes, des fées qui leur dirent : « Un mauvais sort nous retient au fond du lac, mais vous pouvez nous rendre la liberté et nous épouser si vous avez mangé, tout en restant à jeun ». Un matin, l’un des deux, le jeune d’Abbadie, se dirigeait vers le lac d’Estaing en mâchant des graines de seigle. Lorsqu’il arriva au lac, l’une des fées se jeta dans ses bras. «Je suis redevenue femme, épouse-moi, je t’apporterai le bonheur, la prospérité, mais il ne faudra jamais me traiter de folle ou de fée ». De cette union, naquirent cinq beaux enfants.

Un jour en rentrant du marché d’Argelès, le jeune d’Abbadie constata que ses récoltes avaient été fauchées et rentrées mais pas celles de ses voisins. Il demanda à sa femme qui avait ordonné cela. « C’est moi ! ». De colère, il lui cria : « Tu es folle » ; aussitôt, elle disparut. Quelques instants plus tard, un violent orage détruisait toutes les récoltes des voisins.

La fée, qui venait chaque matin revoir ses enfants, fut surprise par son époux qui la pria de lui pardonner. « Je ne peux pas ! Je ne reviendrai plus, mais je n’abandonnerai jamais mes enfants et leurs descendants deviendront illustres ». La promesse de la fée se réalisa, puisque ses descendants, les Bernadotte, règnent encore de nos jours, sur la Suède, la Norvège, la Belgique, le Danemark et le Grand Duché du Luxembourg.

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Si vous regardez l’arbre généalogique de la famille d’Abbadie dressé par les Musées de Pau, vous remarquerez que l’un de ses membres a eu cinq enfants, sans que les prénom et nom de leur mère ne soient indiqués. Est-ce la dame du lac d’Estaing ?

Je suis allé voir et revoir ce magnifique lac, lieu de légende des amours de mes ascendants. Allez-y à votre tour ! Laissez vagabonder votre imagination dans ce site romantique, vous finirez bien par rêver et voir la belle dame du lac d’Estaing dans les légères vapeurs blanches surnageant au-dessus des eaux.

Dictée de feu S. M. le Roi Charles Jean, le 11 Février 1844 par LARS O. LAGERQVIST

Je ne désire point la mort, je ne la crains point; j´ai quatre[-]vingt[s] ans passés; la nature reprend ses droits.

Personne a fourni une carrière semblable à la mienne; que l´on ouvre tous les volumes depuis que le monde est sorti du cahos. J´ai gouverné un peuple jaloux de ses droits et dont les ancêtres (les ases) pour échapper à la tyrannie des Romains, s´étaient réfugiés dans cette Scandinavie d´où, plusieurs siècles après, ils sortirent pour faire trembler ces mêmes romains.

Quand il fut question de mon élection comme Prince Royal de Suède, j´étais décidé à rentrer dans la vie privée. Cependant j´acceptais. Tout le monde connait si j´ai intrigué pour cette élection. J´avais même dit au Général Wrede que je n´accepterais pas; mais un rapport me fut fait que l´Empereur avait dit au Maréchal Davoust, quand il apprit qu´il y avait des Suédois à Paris qui m´offraient la succession au trône de Suède: ”Le Prince de Ponte Corvo ne doute de rien; il n´y est cependant pas encore.” Cela me détermina à faire connaitre que si j´étais élu, j´accepterais. Napoléon me dit lui même, dans cette occasion: ”Vous ne serez pas heureux; il leur faut un Dieu” (en parlant des Suédois). Il ne pouvait tolérer qu´un mortel fut aussi grand que lui.

J´eusse peut être pu consentir à être son second; mais quand il attaqua le pays qui avait remis ses destinées entre mes mains, il ne trouva plus en moi qu´un rival. Les évênemen[t]s qui ont bouleversé l´Europe et qui lui ont rendu son indépendance sont connus. On connait aussi la part que j´y ai prise. Qu´on étudie notre histoire depuis les tem[p]s d´Odin jusqu´à nos jours et qu´on me dise si la presqu´île Scandinave n´est pas de quelque poids dans les destinées du monde!

Commentaires:
”Les ases”. Dieux païens des peuples nordiques, dont Oden (Odin) était le premier. Le roi avait appris beaucoup de l’historie de la Suède, et à ce temps les historiens supposaient encore, que les ases (asarna en suédois) étaient une tribu, venant de l’Asie Mineure un ou deux cents ans avant J.C. sous leur chef Oden - une théorie présentée déjà au 13ème siècle par le fameux raconteur d’histoire Snorre Sturluson (Islande).

”Ils sortirent” fait allusion aux invasions germaniques; les ostrogoths venant de la province de Œstergœtland, les visigoths de Væstergœtland, ou l’île de Gotlande, etc.; aujourd´hui ceci est douteux.

”Général Wrede” - comte Fabian WREDE (1760-1824), plus tard ministre et maréchal, avait visité Paris en juin 1810 pour féliciter l’empereur de son mariage avec Marie-Louise. A la même époque, l’envoyé extraordinaire, le général baron Gustaf LAGERBIELKE, avait présenté à Napoleon le choix de la diète suédoise d’un nouveau prince héritier, un prince danois; mais le deuxième courrier, le jeune comte Carl Otto MÖRNER, visitant le maréchal Bernadotte, lui offrait la même position! Cette audacité fut rapportée à Wrede (et à l’empereur par Bernadotte). Wrede décida de rendre visite au maréchal, et la situation se développa comme nous la connaissons.


Maréchal Davoust” - Louis Nicolas Davout [ou Davoust] (1770-1823), maréchal de France, duc de Auerstädt, prince d’Eckmühl, un excellent commandant en chef et stratège, mais sévère jusqu’à la cruauté. Instrument de la volonté de l’empereur, il était un ennemi de Bernadotte. Les sentiments étaient réciproques!


”Les temps d’Odin” - voyez le premier commentaire!


Selon quelques experts français que j’ai consulté, la langue du roi ne montre aucune trace de son idiome de jeunesse, le béarnais.


La dictée fut discutée et utilisée prèsque immédiatement, entre autre par l’historien et l’écrivain, le professeur de l’Université d’Upsal, Erik Gustaf GEIJER, auteur et orateur des éloges du Roi lors des funérailles en mai 1844 - mais la traduction en suédois de la dictée contient quelques malentendus et au moins une erreur qui est intentionelle. Un essai en suédois sur la dictée, intitulé Carl XIV Johans sista diktamen par le professeur Sten CARLSSON (successeur récent de Geijer), fut publié en 1963 dans Carl Johans Förbundets Handlingar för åren 1958-1963 (Les Actes de l’Alliance Charles Jean pour les années 1958-1963, Upsal, p. 117-123). A la fin de cet essai se trouve la dictée en français.

L’auteur remercie infiniment sa collègue Mademoiselle Marie-Astrid VOISIN, conservateur adjoint au Cabinet Royal des Monnaies et Médailles à Stockholm, pour avoir beaucoup amélioré la langue de son texte, et son ami Claude ARTHUS-BERTRAND, Paris, pour les corrections qu’il a fait.

Les derniers mots du Roi Charles XIV Jean de Suède et de Norvège par LARS O. LAGERQVIST


Maladie et mort
Dans la soirée du 25 janvier 1844, S.M. le roi prenait son repas (”le souper en chambre”) comme à l’ordinaire après 8 heures (trop tard pour les suédois!), et il avait avec lui quelques invités; parmi eux la présence de Niklas BYSTRÖM, Sculpteur breveté du Roi, et comme toujours, le grand maréchal du royaume, qui prâtiquait la langue de Molière à la perfection. Le roi, qui mangeait très peu pendant la journée, se voyait servir au menu du soir huit plats ou plus. Il se couchait comme à l’accoutumé après minuit. Le matin du 26, jour du 81ème anniversaire du roi, vers 6 heures et demie, le valet de chambre en service au Palais Royal de Stockholm fut alarmé par une retentissante sonnerie venant de la chambre à coucher de Sa Majesté; celui-ci normalement ne s’éveillait qu’environ 4 heures plus tard. Le valet inquiet appela les autres domestiques, il ouvrit les portes (toujours verrouillées pendant la nuit) et entra. Il trouva le roi, inanimé victime d’un malaise violent et prit d’une respiration accélérée. Les médecins furent appelés; l’un d’entre eux, le 1er médecin attitré du Roi, Eric af EDHOLM (1777-1856), docteur en médecine, anobli en 1821, fut présent au chevet du roi pendant les six semaines qui précédèrent la mort de Sa Majesté Charles Jean. Il publia plus de quarante bulletins concernant l’état de santé de son auguste malade, ainsi qu’un ”Rapport concernant la maladie dernière de Sa Majesté de glorieuse mémoire Charles XIV Jean, un résumé du journal quotidien et [plus] minutieux... le 12 mars 1844" (en suédois), imprimé et daté de quatre jours après le décès.

Dans son rapport, af Edholm raconte que le roi, qui ”malgré son grand âge, jouissait d’une excellente santé et d’une vigueur extraordinaire, néanmoins depuis plusieurs années souffrait d’une abondante sécrétion muqueuse, aussi bien des organes respiratoires que ceux de l’appareil digestif. Celle-ci provoqua chez S.M. de violentes attaques de vomissement, après lesquelles S.M. se trouvait toujours bien et soulagé. Depuis l’âge de 64 ou 65 ans S. M. s’était toujours lamenté de ressentir une froideur dans les pieds et les jambes et, pour remédier à cela, se couchait, aussi bien l’hiver que l’été, avec des bouillotes...”

Quand les médecins arrivèrent le matin au chevet du malade, il fut évident de constater que le roi souffrait ce que l’on appelait à cette époque ”une congestion du cerveau”, une hémoragie cérébrale. Avec le consentement du Prince royal OSCAR, qui arriva très rapidement sur place, on fit au roi une ”saignée”, même si le roi précédement avait expressivement défendu qu’on lui fasse un tel traitement. Une amélioration fut perceptible, et de temps en temps le roi repris, du moins partiellement, connaissance. Dans les trois jours qui suivirent, son état de santé empira. Une température élévée le plongea dans un délire pleins d’hallucinations; comme ses contemporains de la révolution, il se rappelait son service dans les armées qui luttaient pour la République une et indivisible; il était aussi hanté par des fantaisies concernant ses ennemis, des conspirations etc. Il hurlait: ”Vous êtes tous des traîtres!”, et s’exclamait en ajoutant: ”On va tous vous pendre, oui tous”. Et il murmurait à son fils: ”Oscar nous nous défendrons!”

Présentation et commentaires par Lars O. LagerqvistPrésident de la Société des Amis du Musée Bernadotte en Suède

LA MONARCHIE EN SUÈDE

Ces informations ont été publiées dans le cadre des services de l’Institut suédois(Auteurs : Jِrgen Weibull, Carl-Fredrik Palmstierna,
Bjِrn Tarras-Wahlberg ) L’Institut suédois (SI) est un service public
ayant pour mission d faire connaître la Suède à l’étranger. Il produit, en plusieurs langues, un large éventail de publications sur de nombreux aspects de la société suédoise. Pour tous renseignements complémentaires s’adresser àl’Ambassade ou aux consulats de Suède (en France : Centre culturel suédois, 11, rue Payenne, 75003 Paris), ou l’Institut suédois: Box 7434, SE-103 91 Stockholm, Suède..

Les premières données historiquement établies au sujet de la monarchie en Suède sont fournies par la chronique du royaume des Svear, datant du IXe siècle, qui se trouve dans la Légende d’Anschaire où sont relatés les voyages du missionnaire chrétien Anschaire à Birka, centre de commerce des Svear. Ce n’est toutefois qu’à partir de 980 environ que nous connaissons avec certitude les noms des rois, dont la liste, telle que nous pouvons la suivre sur plus d’un millénaire, compte plus de cinquante noms.

Contexte historique

Durant le haut moyen âge, le pouvoir royal était restreint et se limitait essentiellement à la fonction de chef de guerre. Longtemps, le pouvoir politique effectif resta l’apanage des sénéchaux des différentes provinces, qui au XIIIe siècle encore étaient
des entités dotées d’une large indépendance. Cependant, avec l’appui de l’ةglise, le pouvoir central se renforça, ce qui se traduisit par l’instauration, à la fin du XIIIe siècle, de lois s’appliquant à l’ensemble du royaume et par la promulgation de la Loi nationale de Magnus Eriksson, qui remplaça en 1350 les lois provinciales. Le Code royal de la Loi nationale est en quelque sorte la première Constitution de la Suède et contient des dispositions relatives aux modalités de l’élection du roi, ainsi qu’aux attributions et compétences respectives de celui-ci et de son Conseil. Pendant tout le moyen âge, la Suède était une monarchie élective. Les grands du royaume, qui au cours des XIVe et XVe siècles se constituèrent en une véritable aristocratie de conseillers, acquirent une grande puissance politique par leur influence sur l’élection du roi. La Suède était en voie de devenir un état féodal. Mais l’effort fait par les rois pour renforcer le pouvoir central en s’appuyant sur la bourgeoisie et la paysannerie brisa l’évolution en ce sens avant qu’elle eût pu prendre la même ampleur que dans le reste de l’Europe. Ceci aboutit, au Xve siècle, à la création d’un Parlement composé des quatre ordres : noblesse, clergé, bourgeoisie et paysannerie. Sous le règne de Gustave Vasa, 1521–1560, le pouvoir royal prit définitivement le dessus, avec pour conséquence l’instauration de la monarchie héréditaire en 1544. Dans le même temps, la réalisation de la Réforme faisait du roi le chef de l’ةéglise de Suède, et une administration fortement centralisée sur le modèle allemand était mise en place.

L’absolutisme royal
Comme dans la plupart des autres pays européens, l’évolution des XVIe et XVIIe siècles est marquée en Suède par la création d’une administration de plus en plus efficace et centralisée. Dans le domaine de la politique étrangère et du point de vue militaire, la position de la Suède connut également une transformation radicale après son intervention dans la guerre de Trente Ans, sous le règne de Gustave II Adolphe, 1611–1632 ; ses succès militaires en firent une grande puissance et le principal état de l’Europe du Nord. Encore que par périodes le Conseil du royaume bénéficiât d’une forte influence, l’évolution allait dans le sens de l’absolutisme, le roi devenant à partir de 1680 souverain absolu par la grâce de Dieu. Par la Constitution de 1634, qui était un règlement administratif, le Conseil du royaume s’efforçait de défendre les prérogatives lui revenant encore. Aucun des monarques qui régnèrent par la suite (la reine Christine, 1644–1654, Charles X Gustave, 1654–1660, Charles XI, 1672–1697) ne se considérèrent pas cependant comme liés par cette Constitution, qui fut abrogée formellement par le Parlement de 1680. Le Conseil du royaume fut remplacé par un Conseil du roi, en tous points subordonné au monarque.

L’ère de la liberté
Les défaites subies dans la Grande guerre du Nord, 1700–1721, et la mort de Charles XII entraînèrent une violente réaction contre l’absolutisme royal, qui sous Charles XI et Charles XII était devenu une véritable dictature. L’exigence d’une nouvelle forme de gouvernement trouva son expression dans la Constitution de 1720. Celle-ci réduisait le pouvoir royal à deux voix au Conseil, dont le membre prééminent, le président de la Chancellerie, devint le chef réel du gouvernement. Le Conseil, quant à lui, était responsable devant le Parlement et le régime évolua, pendant la période nommé l’ère de la liberté, 1720–1772, vers le parlementarisme, le Conseil représentant la majorité du Parlement et changeant avec celle-ci. En même temps, la position des ordres roturiers se renforçait, en raison notamment de l’essor économique. Lorsque par la suite les antagonismes au sein du Parlement prirent la forme d’une lutte entre noblesse et roturiers, Gustave III, 1771–1792, put en 1772, avec l’appui d’une grande partie de la noblesse, s’emparer du pouvoir par un coup d’ةtat.

L‘autocratie Gustavienne
L’époque gustavienne, 1772–1809, vit se consolider davantage encore le pouvoir royal. Le vigoureux engagement de Gustave III et de Gustave IV Adolphe contre la Révolution française et toutes les idées de partage du pouvoir et de démocratie qui étaient à son origine les conduisit à de vifs affrontements avec de larges fractions de la noblesse aussi bien que de la classe administrative de Suède. Ceci aboutit en 1792 à l’assassinat de Gustave III, perpétré à l’instigation d’un groupe de nobles fanatiquement hostiles à l’absolutisme que le souverain avait instauré. La défaite dans la guerre menée en 1808–1809 contre la Russie, avec pour conséquence la perte de la Finlande, entraîna un coup d’ةtat, avec la destitution de Gustave IV Adolphe et l’adoption d’une nouvelle Constitution.
La monarchie dans la Constitution de 1809

La Constitution de 1809, qui est restée en vigueur jusqu’en 1974, avait été élaborée selon la théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu, en tenant compte de l’évolution constitutionnelle suédoise. Il appartenait au roi seul de gouverner le royaume, mais il était assisté d’un Conseil des ministres qui devait contresigner et donc approuver toutes les décisions. Le pouvoir législatif était partagé également entre le roi et le Parlement, tandis que le droit de lever les impôts revenait au Parlement seul.


Le premier Bernadotte

Après le coup d’ةtat de 1809 qui renversa Gustave IV Adolphe, l’oncle de celui-ci, le duc Charles, fut élu roi sous le nom de Charles XIII. Comme il était âgé et sans descendance, il fallut désigner de surcroît un successeur au trône. On avait choisi d’abord le prince danois Charles- Auguste d’Augustenborg, mais comme celui-ci mourut peu après son arrivée en Suède, le maréchal de France Jean-Baptiste Bernadotte fut, à l’été 1810, désigné comme héritier de la couronne, sous le nom de Charles-Jean. Ce choix était motivé entre autres par le souhait d’une alliance avec la France et Napoléon, dans l’espoir de reconquérir la Finlande avec l’appui de celuici.
Mais après son arrivée en Suède, Charles-Jean, devenu de fait le régent du pays bien qu’il ne fût encore que l’héritier de la couronne, s’engagea en 1812 dans une autre voie ; se joignant à une coalition contre Napoléon, il arracha par la paix de Kiel la Norvège au Danemark et en 1814, après une brève campagne militaire, contraignit la Norvège à conclure une union avec la Suède. Cette union ne fut dissoute qu’en 1905.

Dans le domaine de la politique intérieure également, l’arrivée en Suède de Charles-Jean inaugura une époque nouvelle. Ainsi, l’interprétation de la Constitution de 1809 et la pratique qui s’établit dans le cadre de celle-ci furent largement marquées sous le règne de Charles XIV Jean, 1818–1844, par les conceptions et visées personnelles du monarque. Charles-Jean lui-même devait sa carrière à la Révolution française, sans laquelle lui qui n’était pas noble n’aurait jamais pu devenir plus que sous-officier. Dès le départ, en dépit de son origine et de sa carrière, Charles-Jean accepta difficilement les restrictions que la Constitution suédoise apportait à son pouvoir. Dès l’époque où il n’était encore que prince héritier, des divergences se firent jour entre lui et les membres les plus indépendants du Conseil. Devenu roi après le décès de Charles XIII en 1818, Charles XIV Jean choisit de plus en plus ses ministres parmi des bureaucrates dévoués qui exécutaient ses ordres sans objection. Son absolutisme s’accusa de plus en plus avec le temps. Le général de la Révolution s’était métamorphosé en une sorte d’autocrate de la vieille école.

Vers le parlementarisme et la démocratie

Avec l’essor du libéralisme vers le milieu du XIXe siècle s’engagea la lutte au sujet des prérogatives personnelles du roi. Depuis la prise de pouvoir du prince héritier Charles en 1857 jusqu’à la capitulation définitive de Gustave V en 1918 devant les revendications en faveur du parlementarisme et de la démocratie, la lutte pour les pouvoirs personnels du roi constitue le thème principal de l’histoire de la monarchie suédoise. Malgré le renforcement de la position des ministres résultant de la réforme des départements ministériels en 1840, qui faisait des ministres les chefs réels de leurs propres ministères, ceux-ci étaient néanmoins restés avant tout, sous le règne d’Oscar Ier 1844–1859, des fonctionnaires du roi, désignés par lui personnellement. En tant que facteur de pouvoir indépendant, le Conseil ne jouait encore qu’un rôle mineur, et il n’y a pas lieu de parler, sous le règne d’Oscar Ier, d’un cabinet au sens propre du terme. La situation changea à l’époque de Charles XV, 1859–1872. Dès les premières années de son règne, le Conseil des ministres agit comme une entité et à plusieurs reprises, il joua un rôle déterminant dans la politique suédoise. Ainsi par exemple, dans les questions, essentielles pour le pays, des rapports avec la Norvège en 1858–1860, d’un appui au Danemark dans sa guerre contre l’Allemagne en 1864 et de la réforme du système de représentation en 1866, ce furent le Conseil des ministres et le Parlement, et non le roi, qui élaborèrent la politique de la Suède. Durant le règne d’Oscar II, 1872–1907, celui-ci par contre chercha beaucoup plus activement que son frère et prédécesseur à diriger le cours des événements. Il prit contact de sa propre initiative avec des hommes politiques de premier plan, et face au Conseil des ministres également, il tenta d’affirmer le droit du roi à faire valoir son opinion. Les efforts d’Oscar II pour faire prévaloir le pouvoir personnel du roi ne connurent toutefois guère de succès. Ceci tenait au premier chef à ce que le Parlement, après la réforme du système de représentation en 1866 qui abolissait l’ancien Parlement des ordres et instaurait un Parlement bicaméral, devenait un centre de pouvoir de plus en plus important qui soutenait le Conseil des ministres contre le roi. Avec la limitation du droit de vote et les conditions d’éligibilité prévues par le règlement du Parlement adopté en 1866, les paysans propriétaires acquéraient la majorité à la Seconde Chambre, tandis que la Première devenait le forum des propriétaires terriens, des hauts fonctionnaires et des commerçants et industriels fortunés des villes. Les revendications de la Première Chambre en vue d’un renforcement de la défense nationale et d’un développement des cadres administratifs n’étaient pas conciliables avec le rigoureux esprit d’économie de la Seconde Chambre, sa politique restrictive en matière de crédits et son exigence résolue de suppression des taxes foncières. La vie politique se figea en une guerre de positions entre les deux Chambres du Parlement. Les initiatives du roi, qui étaient toutes plus ou moins orientées dans un sens conservateur et portaient au premier chef sur une amélioration des traitements des fonctionnaires et un renforcement de la défense, échouèrent devant l’opposition de la Seconde Chambre. Ce n’est que dans les années 1890 que l’on réussit à obtenir un compromis résolvant les questions des taxes foncières et de la défense nationale. Mais l’artisan de cette politique était le Premier ministre, et non plus le roi. Le pouvoir échappait au monarque vieillissant. Le roi Oscar avait finalement renoncé à lutter pour le pouvoir personnel du roi. Mais le combat final ne se déroula que sous le règne de son successeur. Lorsque Gustave V accéda au trône en 1907,il s’abstint de se faire couronner, devenant ainsi le premier monarque non couronné sur le trône de Suède. Mais ce geste, loin d’être le signe d’une attitude plus démocratique, était plutôt une réaction contre l’engouement d’Oscar II pour les cérémonies de toutes sortes et exprimait la réticence que ressentait Gustave, d’un naturel plus réservé, devant la participation à ce genre de célébrations.
En revanche, il était prêt à lutter pour la position du roi en tant que telle. Les dix premières années de son règne furent marquées par ses efforts pour affirmer le pouvoir personnel du roi. Le conflit atteignit un sommet avec « le Discours de la cour d’honneur » en 1914. Sur le plan des faits, la lutte portait sur la défense nationale, le roi demandant des décisions immédiates de renforcement tandis que le gouvernement libéral, parvenu au pouvoir entre autres sur des promesses de désarmement, ne voulait procéder que par étapes. Pour appuyer les exigences du roi dans la question de la défense nationale fut organisée en février 1914 « la Marche des paysans », au terme de laquelle plus de trente mille paysans de toutes les régions du pays se rassemblèrent dans la cour d’honneur du palais royal de Stockholm. Ce n’est toutefois pas la Marche des paysans en soi qui allait provoquer la violente crise politique — chute du gouvernement, dissolution du Parlement et nouvelles élections — mais le discours du roi aux paysans, dans lequel il se joignait à leur exigence d’un renforcement immédiat de la défense nationale. Le Discours de la cour d’honneur était une tentative d’imposer par des moyens extra-parlementaires la volonté personnelle du roi dans la question de la défense, sans tenir compte du Feuillet de documentation sur la Suède gouvernement légal du pays. Par là même, le conflit ne portait plus simplement sur la question de la défense. Désormais, il s’agissait aussi, et avant tout, de savoir si c’était au roi personnellement, ou au gouvernement avec à sa tête le Premier ministre, de gouverner le pays. Dans l’optique contemporaine et avec l’interprétation de la Constitution qui fait maintenant autorité depuis des décennies, le roi Gustave avait excédé ses compétences en prenant dans son discours des engagements sans avoir consulté le gouvernement et reçu son accord. Mais il faut en toute justice se souvenir qu’à cette époque, avant la première guerre mondiale, la Constitution suédoise n’était pas interprétée comme elle l’est de nos jours. En 1914, les termes de la Constitution, « il appartient au roi seul de gouverner le royaume », étaient encore loin d’être lettre morte. Devant les paysans rassemblés dans la cour d’honneur, Gustave V défendit avec vigueur et non sans habilité la cause du pouvoir personnel du roi. Mais ce combat n’en était pas moins voué à se terminer par une défaite. L’avenir appartenait à la démocratie et au parlementarisme. Pour le roi Gustave, il s’en fallut de peu que sa politique n’aboutît à une défaite encore plus grave. Déjà, des exigences d’abdication et d’instauration d’une république étaient dans l’air. Le roi dut son salut à la question même sur laquelle il avait fondé son action — la défense nationale. Pour ce qui était de la situation en Europe, il avait vu plus clair que les dirigeants politiques. En juin 1914, c’était l’attentat de Sarajevo, et le 1er août éclatait la guerre. En Suède, ces événements eurent pour conséquence la mobilisation et la résolution de la question de la défense sous le signe de l’unité nationale. Aux élections de 1917, les partis de l’aile gauche, c’est-à-dire les libéraux et les sociaux-démocrates, l’emportèrent et Gustave V fut contraint d’accepter à nouveau un gouvernement libéral, cette fois même en collaboration avec les sociaux-démocrates, qui prenaient ainsi place pour la première fois dans un gouvernement. Pour ce qui est du roi, il n’accepta qu’avec hésitation de faire entrer au Conseil les représentants d’un parti qui avait à son programme l’instauration de la république Ainsi, la victoire définitive du parlementarisme était acquise ; depuis lors, c’est le Parlement . et non le roi qui décide quel doit être le gouvernement de la Suède.
La monarchie démocratique

Malgré sa défaite dans la lutte pour le pouvoir personnel du roi, Gustave V conquit durant son long règne, 1907–1950, l’affection de son peuple. Pendant la seconde guerre mondiale, il devint le symbole de l’unité nationale. La monarchie avait de la sorte acquis des racines grâce à la popularité personnelle du souverain. Durant son règne, 1950–1973, Gustave VI Adolphe se conforma strictement aux règles de la monarchie constitutionnelle qui s’étaient peu à peu élaborées. Grâce à ses qualités personnelles, il mena à bien l’évolution engagée et, plus peut-être qu’aucun autre des monarques de notre temps, il contribua à créer un type nouveau de monarchie — la monarchie démocratique. Pendant presque tout le règne de Gustave VI Adolphe se poursuivirent les travaux de rédaction de la nouvelle Constitution qui remplaça en 1975 celle de 1809. Tandis que se poursuivaient ces travaux, nul autre que Gustave VI Adolphe n’a sans doute eu une telle signification pour le maintien de la monarchie en Suède. Plusieurs facteurs ont concouru à lui permettre de réussir à créer une opinion à peu près unanime pour le maintien de la monarchie — malgré les fortes revendications en faveur d’une république qui existaient au départ. Le principal de ces facteurs résidait dans ses qualités personnelles. à cet égard, un élément qui a sans aucun doute joué un grand rôle était l’étendue de ses connaissances et de ses intérêts, dans des domaines tout à fait étrangers à son «métier » proprement dit. Il s était fait un nom réputé comme archéologue. Un autre facteur qui a largement contribué à la popularité du roi était son attitude simple et naturelle. Pour sa part, il évitait délibérément la pompe et la cérémonie. La grande contribution de Gustave VI Adolphe à l’histoire de la Suède aura été de réussir au cours de son règne à faire évoluer la monarchie en fonction du rythme et du style de la société suédoise d’aujourd’hui, créant ainsi les conditions de la survie de la monarchie en Suède, avec la dynastie Bernadotte sur le trône.

La monarchie dans la Constitution actuelle

Dans la Constitution de 1809, les dispositions concernant les attributions du roi sont introduites par les termes : « Il appartient au roi seul de gouverner le royaume ». Ce droit royal n’était limité que par l’obligation de consulter le Conseil des ministres désigné par lui-même. Cependant, bien avant la promulgation de la nouvelle Constitution, ces termes étaient devenus lettre morte, à la suite de la transformation de la Suède en un état parlementaire et démocratique. La Constitution de 1975 s’ouvre sur la formule : «En Suède la souveraineté émane du peuple» et donne le pouvoir politique au Parlement et au gouvernement. Les attributions incombant au roi Charles XVI Gustave et à ses successeurs sur le trône de Suède sont les suivantes : • Le roi est le chef de lةétat. • Il ouvre tous les ans au mois de septembre la session parlementaire. • Il dirige le Conseil des ministres spécial qui se réunit lors d’un changement de gouvernement, ainsi que les conseils ordinaires, dits conseils d’information, au cours desquels les membres du gouvernement l’informent des affaires en cours. • Il est président du Conseil consultatif des affaires étrangères, conseil désigné au sein du Parlement et chargé des consultations entre le gouvernement et le Parlement dans le domaine des affaires étrangères. • Le roi détient le grade militaire le plus élevé du pays. Cependant, les forces armées relèvent exclusivement de l’autorité du gouvernement. • En sa qualité de chef de l’ةtat, le roi reçoit, c’est-à-dire approuve les lettres de créance des envoyés étrangers, de même qu’il signe les lettres de créance des envoyés suédois. Selon la nouvelle Constitution suédoise, les attributions du souverain se situent donc essentiellement au plan de la représentation et du cérémonial. Sur la demande du gouvernement, le roi reçoit les autres chefs d’état et effectue des visites officielles à l’étranger. Lors de ces visites, il est régulièrement accompagné d’un ou plusieurs membres du gouvernement qui ont des entretiens avec des représentants du gouvernement du pays hôte, sur des questions politiques, économiques et culturelles.
Le roi bénéficie de l’immunité pénale, c’est- à dire ne peut faire l’objet d’une procédure pénale pour ses actes, mais en matière civile il est possible de saisir les tribunaux de prétentions à son encontre. Le roi est tenu de déclarer ses revenus et d’acquitter des impôts sur ses revenus privés et sa fortune comme tout autre citoyen suédois. Les crédits alloués au roi et ses activités, que l’on appelle l’apanage, sont fixés annuellement par le Parlement. Les membres de la Maison royale ont le droit de vote, mais par tradition n’en font pas usage.


Nouvel ordre de succession

Selon l’ordre de succession qui a remplacé en 1980 celui de 1810, la succession au trône est désormais intégralement cognatique. Ceci signifie que l’aîné des enfants du couple royal est l’héritier du trône quel que soit son sexe. La princesse Victoria est donc l’héritière de la couronne suédoise.

Charles XVI Gustave

L’accession au trône de Charles XVI Gustave en 1973 donna à la Suède un roi de deux générations plus jeune que son prédécesseur. Charles XVI Gustave, né le 30 avril 1946,était le cadet des enfants et le seul fils du prince Gustave-Adolphe et de la princesse Sibylla de Saxe-Cobourg-Gotha. Les époux avaient déjà quatre filles, dont trois allaient épouser des roturiers. La mort du prince Gustave-Adolphe dans un accident d’avion en 1947 fit de son fils l’héritier de la couronne de Suède dès l’accession au trône de son grand-père Gustave VI Adolphe en 1950. Sa mère mourut en 1972. Le prince héritier Charles-Gustave effectua l’essentiel de sa scolarité dans un internat de Sigtuna, non loin de Stockholm, et passa son baccalauréat en 1966. Sa scolarité achevée, le prince héritier accomplit son service militaire en suivant pendant deux ans et demi une formation dans les diverses armes, l’accent étant mis sur celle de la marine. Après sa formation militaire, le prince héritier fit des études aux universités d’Uppsala et de Stockholm. Afin de donner au prince héritier une connaissance approfondie et diversifiée du mode de gouvernement et du fonctionnement des institutions de son pays, ainsi que de la vie des Suédois d’aujourd’hui, un programme de formation fut mis au point en vue de ses futures fonctions de chef d’ةtat. Il effectua ainsi des visites d’étude dans les administrations et services publics centraux et locaux, dans des industries, des usines, des laboratoires et des écoles. Il s’initia au fonctionnement des tribunaux, des organismes de protection sociale, des syndicats et des organisations patronales. L’accent était mis en particulier sur les travaux du gouvernement, du Parlement et du Ministère des affaires étrangères. Après son accession au trône, Charles XVI Gustave a continué de se tenir régulièrement informé de l’évolution des divers secteurs de la société suédoise en effectuant des visites auprès d’administrations, organisations et institutions de toutes sortes. Les tournées officielles qui le conduisent dans tous les départements et provinces de Suède, une tradition des monarques suédois remontant au moyen âge et connue sous le nom d’« Eriksgata », revêtent une grande importance à cet égard. Adepte actif du scoutisme depuis son enfance, le roi s’intéresse beaucoup à la nature et à la vie en plein air. En 1977, il est devenu résident honoraire de la Fondation du scoutisme mondial. Très tôt, il a exprimé avec vigueur ses prises de position en faveur de la protection de l’environnement et il préside l’organisation suédoise du Fonds mondial de la nature. Le roi pratique le nautisme, la plongée sousmarine, le ski de fond et de descente ; il a participé plusieurs fois au « Vasaloppet », la fameuse compétition annuelle de ski de fond de 90 kilomètres. En 1976, Charles XVI Gustave épousa Silvia Renate Sommerlath, qui devenait ainsi reine de Suède. La reine Silvia, née à Heidelberg le 23 décembre 1943, est la fille de l’homme d’affaires allemand Walther Sommerlath et de son épouse brésilienne Alice, née de Toledo. La future reine de Suède a vécu longtemps à Sمo Paulo, où son père représentait une entreprise suédoise. Lorsque la famille Sommerlath quitta le Brésil pour revenir en République fédérale d’Allemagne, Silvia suivit pendant quatre ans les cours de l’école d’interprètes de Munich et obtint en 1969 le diplôme d’interprète de langue espagnole. En 1971, elle fut nommée hôtesse en chef du comité d’organisation des Jeux Olympiques de 1972 à Munich. C’est au cours de son activité d’hôtesse olympique que mademoiselle Sommerlath fit la connaissance de Charles-Gustave, à l’époque encore prince héritier. Ils se fiancèrent le 12 mars 1976 et le 19 juin de la même année, leur mariage était célébré à Stockholm.
La reine Silvia oeuvre activement en faveur des handicapés. Elle préside le Fonds du mariage du couple royal, qui soutient la recherche dans le domaine des sports et activités physiques pour les jeunes handicapés. Le couple royal a trois enfants : la princesse héritière Victoria, née le 14 juillet 1977, le prince Charles-Philippe, né le 13 mai 1979, et la princesse Madeleine, née le 10 juin 1982. Jusqu’en 1981, la famille royale avait sa résidence habituelle au Palais royal de Stockholm, puis elle s’est installée au château de Drottningholm, situé dans un cadre verdoyant à proximité de la capitale.

BERNADOTTE À TABLE – UNE ANECDOTE


Il y a beaucoup d’histoires à raconter concernant la vie de Bernadotte dans le Nord. Il avait donc 47 ans à son arrivée en Suède, un homme entre deux âges, on peut dire, qui ne pouvait pas, ou ne voulait pas, changer ses habitudes, et qui n’apprit jamais la langue suédoise, et n’aimait pas la nourriture locale – et pas plus les boissons alcoolisées suédoises!
Cette anecdote, illustré par l’homme aux talents multiples, Fritz de Dardel (peintre, caricaturiste, officier, homme de Cour, haute fonctionnaire en tant que Directeur Général de l’Administration des Bâtiments Publiques, écrivain, etc.), concerne un dîner que Bernadotte prenait en 1815, alors Prince Héritier (son père adoptif, Charles XIII, fut après deux attaques d’apoplexie pas capable à régner). Il mangeait avec un de ses officiers d’ordonnance, le général d’Orchimont (descendant d’une famille venue en Suède plus que 100 ans avant Bernadotte).
« On dit que j’ai l’apparence d’un aigle. Quesque vous en pensez, mon général ? », disait le Prince, saisissant une cuisse de poulet (un de ses mets favoris).
« Oui, particulièrement quand V.A.R. ronge un os », répondait d’Orchiment. Le pauvre général reçut un regard foudroyant, et Charles Jean ne parla plus jamais d’aigle.

LE DRAPEAU ROYAL SUÉDOIS par Sylvianne LEVEILLE

Créée en 1690 avec des Suédois faits prisonniers à la bataille de Fleurus durant la guerre de la Ligue d’Augsbourg, cette unité faisait partie des troupes dites allemandes de l’armée du roi de France. Prenant tour à tour les noms de ses colonels-propriétaires (dont celui d’Erik Sparre qui fut ensuite ambassadeur de Suède à la cour de France), le régiment devint Le Royal Suédois en 1742 par ordonnance de Louis XV et appartint dès lors à des colonels de a famille de Sparre, en sa branche française et comtale. En 1783, il fut acheté par le comte Axel de Fersen qui le commanda jusqu’à la Révolution française. En 1792, il perdit son nom pour devenir le 89ème Régiment d’Infanterie, numéro qu’il gardera tout au long des vicissitudes de son existence et à travers diverses formes (demi-brigade par exemple) jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Dissout en 1940, il avait eu l’honneur, deux ans plus tôt, de voir le prince Bertil de Suède, oncle de Carl XVI Gustav, nommé caporal honoraire en son sein lors d’une cérémonie à Auxerre où ses drapeaux et traditions étaient conservés. Ayant réalisé cette maîtrise en 1984 et introduisant encore ce régiment dans mon doctorat portant sur les relations de la France et de la Suède au XVIIIème siècle, je fus contactée en 1989 par Radio-Suède qui désirait faire une émission sur ce thème entrant dans un programme ayant trait aux commémorations de la Révolution française. Je partageai ainsi les ondes avec le prince Bertil, convié lui aussi à parler de cette unité. Cette émission fut entendue en Suède par les descendants de la famille Sparre qui prirent contact avec moi. Un projet se forma alors : réaliser une cérémonie à l’occasion du Tricentenaire de la création du régiment. Pendant que nous y travaillions, le général Bengt Selander, qui avait été aide-de-camp du roi de Suède et attaché militaire en France, me demanda de l’aider à réaliser le discours qu’il devait faire pour son entrée à l’Académie des Sciences militaires et qui avait pour thème l’histoire de cette unité. Il se joignit donc à nous pour réaliser notre projet.. Ce fut en 1994, au mois de mars, que nous vîmes l’aboutissement de nos efforts. De Suède arrivèrent les dragons du Roi et leur musique ainsi que le régiment des Karolins, revêtu du célèbre uniforme bleu et jaune voulu par Charles XII et ressemblant beaucoup à celui que porta longtemps le Royal-Suédois. De Nîmes monta le 3ème Régiment d’Infanterie « Piémont » qui devait assurer la continuité du Royal-Suédois après cette commémoration. Après une première cérémonie au château de Versailles, en présence du maire de la Ville et du gouverneur militaire, pendant laquelle les Karolins firent une démonstration d’attaque telle qu’elle se déroulait au XVIIIème siècle, tous se retrouvèrent dans la cour des Invalides, à Paris. Devant une très nombreuse assistance et en présence du Roi et de la Reine de Suède, du président Mitterrand et de son épouse, du ministre de la Défense M. Léotard, des chefs d’Etat-Major suédois et de la famille de Sparre, branches suédoise et française réunies pour l’occasion, la musique des dragons du Roi joua la marche du Royal-Suédois que j’avais retrouvée et que le chef de musique avait accommodée à la manière de Bellman. Elle résonnait pour la première fois depuis le XVIIIème siècle… Ce fut ensuite la remise du drapeau et des traditions du Régiment Royal-Suédois au 3ème RI : le baron Per Sparre déploya ce magnifique étendard aux armes de Suède frappées de France que j’avais pu reconstituer grâce à des descriptions et dessiner pour le Musée de l’Armée de Stockholm. Le roi le reçut et le remit au chef du régiment français qui l’emporterait à Nîmes où le Royal-Suédois, sorti des cartons de l’oubli et secouant la poussière du temps, continuerait ainsi à vivre…

« LES JEUNES FONT LEUR CINÉMA » AU MUSÉE BERNADOTTE.

L’association « les jeunes font leur cinéma » regroupe des lycéens et des collégiens de la région paloise, et a pour objectif de réaliser des films en impliquant des jeunes dans toutes les phases de production.

Nous avons tourné plusieurs scènes de notre premier film au musée Bernadotte.
Ce film raconte l’histoire de deux frères issus d’une grande famille de capitaines d’industrie. Il nous fallait « générer » leur espace privé, et cet espace devait être fortement suggestif : Il devait « planter le décor » ( suivant l’expression ), mais plus encore « planter les valeurs » des personnages.
Nous avons d’emblée pensé au musée Bernadotte. Nous avons donc demandé l’autorisation d’y tourner. Et Monsieur le Conservateur a eu le gentillesse de nous l’accorder.
Cela reste une grande expérience pour nous tous. Elle est difficile à définir, je vais essayer d’en détacher quelques éléments :
Tout d’abord, il y a la magie du lieu : Niché au cœur de Pau, incrusté dans la rue tel un diamant brut… Sans ostentation… Quand on passe la petite cour pavée, puis la porte d’entrée, on a le cœur qui se serre et vacille… sans savoir pourquoi…
Et puis, il y a l’intérieur. Que nous avons « habité » quelques heures. Nous avons improvisé un vestiaire au rez-de-chaussée, empiétant quelque peu sur « l’espace vital » du guide, et nous avons tourné plusieurs scènes au premier étage ( et sur le balcon ).
Là encore, point d’ostentation : Le mobilier est sommaire, et les pas résonnent sur le parquet. Mais l’air vibre, comme s’il avait une mémoire. Est-ce le réseau des tableaux et gravures ?… L’air vibre… Et nous avons eu le sentiment que c’était le lieu lui-même ( ou ses hôtes ) qui parfois, au gré d’une inflexion ou d’un sourire, parlait par la bouche des acteurs…
Il y a des indices qui ne trompent pas : Nous avons tourné dans des endroits plus « spectaculaires » ( par exemple la salle des Ambassadeurs du Palais Beaumont ) que le musée Bernadotte. Ils ont fait grosse impression sur le moment. Mais plus le temps passe, plus s’impose à la mémoire l’indicible présence du musée Bernadotte.
Une dernière chose : Le titre du film est « Ambre et Opium ». Nous l’avons trouvé après le tournage. L’inspiration est insondable, mais je suis convaincu que nous devons l’ambre au musée Bernadotte.
- Patrice Debrabant, Président de l’association les jeunes font leur cinéma.

COMPTE-RENDU DE l’ASSEMBLEE GENERALE du 15 octobre 2005


Le président a ouvert la séance à 15heures 10 en remerciant les participants et en prononçant quelques mots à la mémoire de Monsieur le Comte Lennart Bernadotte, décédé et inhumé à Mainau en Allemagne et Mme Françoise DEBAISIEUX décédée quelques semaines auparavant et. qui fut l’une des fondatrices de notre association

RAPPORT MORAL ( donné par M. Bertil BERNADOTTE, président)
2 bulletins ont été édités :

Un en décembre 2004 qui déclinait principalement notre dernière assemblée générale avec le nouveau bureau ainsi que la liste des membres de notre assemblée.
et un en juillet 2004 ayant pour objet :
Bureau Français et Suédois ,La légende de la dame du lac d’Estaing –Par Paul Baringou ,Les derniers mots du Roi Charles XIV - par Lars O. Lagerqvist , Liste de quelques ouvrages en français sur Jean-Baptiste Bernadotte

Depuis un an, qu’est ce qui s’est passé :

Ø Nous n’avons pas récupéré l’ancien appartement du conservateur qui se trouve dans le musée. Une étude globale de réorganisation du musée étant à l’étude à la Mairie ; Cependant nous avons réussi à ce que le drapeau suédois flotte de nouveau . en effet différents contacts suédois m’avait demander d’œuvrer dans ce sens. Et même si le musée est municipal, rien ne l’interdit d’arborer ce dit drapeau. ;Nous avons mis à jour les informations concernant notre association sur le site municipal ; Le système des audio-guides devrait être mis en place prochainement ;7OOO flyers relatifs au Musée Bernadotte ont été envoyées par le Centre Culturel Suédois ;Contact avec l'association Franco/Suédoise de Bourgogne ;Contact avec le Président des Amis du Château de la Grange (Résidence de Jean-Baptiste Bernadotte) ; Contact pris avec la Mairie de Sceaux (Don d'une photocopie de l'acte de mariage de J.B. Bernadotte avec Désirée Clary. ( à accrocher au Musée) par ailleurs, la revue municipale de la ville de sceaux a relaté notre existence. ; Caserne Bernadotte. Invitation du Bureau de notre Société, le 1er décembre 2004, à la Caserne Bernadotte lors de l'inauguration de l'escalier dit « Bernadotte »- Un article à été édité dans le journal interne des armées mettant en valeur notre société. ;

Ce que nous désirons rapidement mettre en œuvre. :

Ø Ø Site Internet,
Ø Ø Faire valider nos nouveaux statuts (Ceux-ci ont été présentés par monsieur Paul BARINGOU et distribués aux personnes présentes, ils seront envoyés à tous les membres pour lecture et seront soumis aux votes lors de la prochaine assemblée. Ces dits statuts pourront être amender avant le vote (changement d’intitulé de notre société ---Amis de Jean-Baptiste Bernadotte par exemple)
Ø Ø Proposer la transformation de l’ex-appartement de monsieur COMTE en deux parties, à savoir : -Une salle de réunion à l’usage exclusif de la société des amis du musée BERNADOTTE, et u salle d’exposition permanente.
Ø Ø Faire l’inventaire des documents appartenant à la société et actuellement dans la bibliothèque du musée. Énumérer le nombre exact d’éditions complètes des bulletins de la société en vu de les proposer à la vente et d’en offrir à certains organismes ( caserne BERNADOTTE, Ville de Sceaux…)
Ø Ø Publier une plaquette à l’intention des établissements scolaires…Ø Etudier la possibilité d’une protection intellectuelle du nom Bernadotte…

L’esprit " BERNADOTTE" par Bertil BERNADOTTE- 2005

La France a fait un grand cadeau à la Scandinavie en 1810 quand le Maréchal Bernadotte est devenu Prince Royal et ensuite Roi de Suède et Norvège
Il est étonnant de constater qu’un seul homme peut arriver à changer une " Culture de guerre " en " culture de paix ". En 1810 le maréchal d’Empire Charles Jean Bernadotte a accédé au trône de la Suède, un pays dans lequel avait régné la " culture de guerre " depuis 1000 ans. En peu de temps il a instauré la " culture de paix ". Voici ce qu’a écrit à son sujet en 1835 le ministre français des Affaires Etrangères le duc de Broglie?:
Le Roi que la nation s’est choisi a su, sinon lui rendre, ce qui n’était plus possible, le rang dont elle était à jamais déchu, au moins la replacer dans des conditions honorables et créer dans son sein de nouveaux éléments de prospérité. Charles Jean s’est attaché à rétablir au moyen d’une administration sage et économe, ses forces épuisées dans des entreprises insensées.
André Chamson de l’Académie française a ajouté :
"Ce que je veux avant tout, c’est essayer de comprendre ce que ce petit Béarnais, devenu roi d’un pays qui n’était pas celui de sa naissance, a pu apporter à sa nouvelle patrie. Est-ce vraiment un maréchal d’Empire qui est monté sur le trône de Suède ? Est-ce un de ces seigneurs de la guerre formé par des années de conquêtes, de spoliations, de pillages, un de ces guerriers habitués à vivre sur les pays vaincus, amateurs d’œuvres d’art qui ne leur appartenaient pas, peu regardant sur les cadeaux que pouvaient leur faire les villes occupées, les provinces soumises à leur loi??"Ce n’est pas un maréchal comme les autres qui fut choisi pour être prince royal de Suède. Ce maréchal fut assez lucide, alors que sa nouvelle patrie était profondément blessée par la perte de la Finlande, pour la détourner de tout esprit de revanche, et pour l’incliner vers une neutralité qui lui a permis de jouer le rôle qui est le sien jusque dans les temps modernes. C’est sur cette sagesse qu’il a fondé une dynastie qui est une des seules a avoir subi victorieusement l’épreuve du temps depuis bientôt près de deux siècles.
Pour la première fois, peut-être, nous voyons se déchirer - non sans éprouver par moment une sorte de scandale (et se déchirer autrement que par la trahison), la fatigue ou le double jeu, ce destin de dépendance absolue qui est celui de tous ceux qui servirent l'Empereur. Si nous sommes ainsi parfois scandalisés, c'est, sans doute, parce que les plus philosophe d'entre nous et même, au-delà de la philosophie, les plus attachés à la liberté, n'ont pas encore tout à fait rompu le serment de fidélité que l'enseignement qui nous est donné, de l'école primaire à l'université, et toutes nos habitudes d'esprit, et toutes nos traditions, et notre longue expérience des malheurs, nous ont fait prêter à cet Homme que nous considérons toujours obscurément comme l'héritier de la Révolution.
Le prince royal de Suède ne dira pas, quand il lui faudra changer de religion : " Paris vaut bien une messe ", mais il découvrira qu'il est du pays de Jeanne d'Albret, qu'il a grandi au milieu- des réformés, qu'il a reçu leur enseignement et leur exemple. Rien ne sera plus naturel que sa conversion.
Sous le règne du petit-fils du Roi Charles Jean, Oscar II, il était question de construire une forteresse à la frontière russe à Kirkenes. Oscar II s’est opposé à ce projet et a ordonné la construction d’une église à la place de la forteresse. L’église y est toujours et témoigne de la " culture de la paix " venue de France. La forteresse aurait sans doute été une incitation à la guerre.
Un autre descendant du Roi Charles Jean, Folke Bernadotte, fut assassiné en Palestine 1948. Il y était en mission de paix pour les Nations Unies.
Grâce à la dynastie des Bernadotte la Suède a pu éviter les guerres et vivre en paix pendant 190 années alors que le peuple suédois était connu pour son attitude de guerrier depuis toujours. Cette nouvelle " culture de non-violence " a déteint dans tous les domaines, enseignement, industrie, juridique, conduite, politique et relations humaines. La volonté d’œuvrer pour la paix dans le monde a été encore soulignée par l’instauration du Prix Nobel de la Paix et l’habitude de régler les conflits sociaux de manière pacifique et ne faire appel qu’exceptionnellement aux actes de violence comme les grèves, les émeutes, etc.
La France qui revendique la paternité du " Droit de l’Homme ". Selon le Prix Nobel

RÉUNION À STOCKHOLM DES MEMBRES DE L‘ASSOCIATION SUÉDOISE - 2005

La branche suédoise s’est réunie le 29 novembre au Palais Royal de Stockholm. Environ 25 membres étaient présents. Le Président montra deux des chambres, où habitait S.M. le Roi Charles Jean à partir de 1823 et où il mourut dans son lit le 8 mars 1844. Normalement, le Roi ne quittait pas ces chambres pendant l’hiver, sauf pour les grands dîners de représentation, pour ouvrir la session parlementaire, où pour diriger l’extinction d’un incendie majeur dans la capitale(!). Une des deux chambres était sa chambre à coucher, dans laquelle il se réveillait très tard, environ vers 10 à 11 heures du matin, prenait son café-au-lait au lit et accueuillait les premiers visiteurs, le plus souvent des secrétaires de son Bureau Particulier (« Enskilda Byrån »). Ce rituel portait par l’opinion publique – particulièrement l’opposition – le nom de gouvernement de chambre à coucher (« sängkammarregementet »). Entre midi et 13 heures, S.M. se rendait à l’autre côté de la chambre, à la table de toilette, où un des valet coiffait ses cheveux, dont les boucles n’étaient plus naturelles. Toujours un ou deux fonctionnaires s’y trouvaient, exposants les affaires d’état. Il s’habillait, normalement en civil, et s’asseyait près d’une petite table, avec face à lui le directeur de son Bureau Particulier, pour préparer les résolutions présentées pour le Conseil d’État durant l’après-midi. Un des secrétaires d’Etat était présent, assis à gauche, avec ses papiers. Tout était, naturellement, présenté en français.
Après 13 heures, S.M. prenait, dans l’autre chambre, chauffée à environ 22-24 degrés, un déjeuner léger composé d’un consommé ou d’une omelette et un verre de vin rouge avec de l’eau. Un jour par semaine, les personnes du public pouvaient suivrent les audiences. Dans la même chambre S.M. prenait ses fameux dîners de chambre (« kammarspisningar »), invitant seulement quelques hôtes, d’un nombre de quatre à huit. Il mangait à une table séparée, avec son Grand Maréchal du Royaume, le Comte Brahe, mais les tables étaient proches et pouvait de de ce fait converser à l’aise avec les invités. S.M. prenait le seul repas de substance du jour, comprenant environ huit plats. Aujourd’hui les pièces ne sont utilisées que pour le service des grands dîners comme par exemple le 11 décembre pour les lauréats du Prix Nobel. Après le tour guidé, nous nous rendîmes à la salle à manger du Roi Charles XV, maintenent la salle de conférence au palais. S.A.R. la Princesse héritière se lia au groupe. Le Président exprima notre plaisir de voir S.A.R. avec nous, et fit la présentation « le français en Suède » avec quelques illustrations.

La soirées se termina avec un soupé dans la Bibliothèque de la Reine Louise-Ulrique au Cabinet Royal des Monnaies et Médailles, de l’autre côté de Slottsbacken.

Membres honoraire

La Comtesse Sonja Bernadotte af Wisborg, Schloss Mainau, était élu membre honoraire pendant une visite chez notre Société à Stockholm il y a plus d’un an et demi, accompagnée de son marie le Comte Lennart, déjà membre honoraire depuis 25 ans. Le Comte Lennart mourut à la fin de l’année 2004. Le 9 décembre 2005, le Président et le Trésorier ont présenté le brevet de membre honoraire à la Comtesse, alors en visite à Stockholm.

DU DESSIN D’HUMOUR À LA PHOTO FABRIQUÉE par Paul Baringou

C’est à l’école de Tardets , au Pays Basque, que mon instituteur des cours majeurs m’a inoculé le virus du dessin, dont je n’ai jamais voulu me débarrasser. Ce virus a fort heureusement, rencontré des chromosomes amis. Il est évident qu’un certain atavisme a joué, prédisposant à recourir de préférence à ce mode d’expression. Ma grand-mère, paternelle, arrière petite-fille du premier baron Jean Bernadotte, faisait partie de la famille de Saint Martin-Beyrie,famille comportant des dessinateur illustrateurs de réputation régionale. J’avoue que ce virus sympathique me plonge dans des états seconds merveilleux, dans des sortes de bulles, propices au vagabondage de l’imagination.
Il est rare que de la maternelle à la terminale, on réalise des dessins humoristiques. Ce n’est donc qu’en faculté de droit, sous l’influence conjuguée du "Canard Enchaîné" et du "Monde"que, progressivement, l’humour s’est installé dans mes réalisations graphiques.
Pourquoi le "Canard Enchaîné" et le "Monde "? Le "Canard " parce qu’il constituait à l’époque, le seul journal illustré par des dessins satiriques. Le "Monde" parce que les professeurs de droit recommandaient sa lecture.
Faire reconnaître ses dessins au plus grand nombre représente une ambition particulièrement motivante. J’ai donc envoyé mes dessins aux journaux et publications que je lisais plus ou moins régulièrement, sans être parrainé par qui que ce soit.
C’est ainsi que l’hebdomadaire "France-Observateur", l’ancêtre du "Nouvel Observateur", publie un de mes dessins sur un événement de la guerre d’Algérie. (mon premier dessin reproduit dans la presse nationale) Puis ce fut le tour "d’Ouest France" (le premier quotidien français par sa diffusion au "Canard Enchaîné"(une surprise insolite et jajeuse) De "Témoignage Chrétien" au "Monde "( autre surprise étonnante), du "Courrier de l’ouest" au "journal du Pays Basque"(je fais partie de la diaspora basco-béarnaise), et de la télévision régionale (FR3 Ouest, Canal 8 Le Mans)
Vous ne pouvez pas savoir l’immense plaisir que l’on ressent à tenir au bout de son crayon les puissants de ce monde , pour les contester ou les approuver. Les dessinateurs humoristes de presse descendants des "fais du roi", ces personnages qui pouvaient dire à leurs monarques leurs quatre vérités sans craindre des poursuites et des condamnations.
Je continue à dessiner, le virus persistant, heureusement, à manifester encore ses effets bénéfiques. Parallèlement, depuis 2004, avec l’aide de mon épouse, je me suis lancé dans la réalisations des photos"fabriquées" (mise en scène allégoriques sur des sujets les plus variés grâce à des photos numérique et à l’ordinateur.- Photos exposées au salon d’Automne de Paris, à celui de la figuration critique également à Paris, et au salon internationale du Mans ; Trait commun entre le dessin et la photo "fabriquée" : l’Humour
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Expositions des dessins d’humour en France , Bulgarie, Espagne et Canada et dans les collections publiques (musées et fondations en France et étranger)
Livres et dessins d’humour : "Un monde pommé" –éditions Jupilles (épuisé) et un livre illustré "Calembourdes" – édition "le Petit Pavé" 2005
Dessins d’humour reproduits avec commentaires dans : "Dico Solo" (édition Té Arte –1996), "Histoire de France par la caricature" ( 1589-1995) par Annie Duprat (universitaire) (édition Larousse 1999, réédité en 2000), "Le Chili d’Allende et de Pinochet dans la presse française 1970-2005" par Pierre Vayssière (universitaire) (éditions l’Harmattan 2005)
Livre de textes courts et de dessins d’humour : "Faites l’humour pas la guerre"- édition "le Petit Pavé" à sortir en octobre 2006

LA MÉDAILLE DU ROI REMISE À LARS O. LAGERQVIST




Lors d’une cérémonie dans les appartements Bernadotte au Palais royal de Stockholm, le 31 janvier courant, le roi Carl XVI Gustaf a remis à Lars O. LAGERQVIST sa Médaille de récompense en or. La reine Silvia a remis au médaillé une enveloppe contenant la Lettre de remise de la Médaille du Roi.

Cette cérémonie de remise des médailles du Roi a lieu deux ou trois fois par an. Pour ces occasions trois médailles royales sont remises aux médaillés: la Médaille du Roi (43mm, 33mm ou 30mm), la Médaille Litteris et Artibus et la Médaille pour long et loyal service. Monsieur Lagerqvist a reçu la médaille de deuxième taille avec le ruban de l’ordre des séraphins. Parmi les autres médaillés de cette journée on trouvait entre autres: l’ancien directeur général de la Banque Centrale de Suède et l’entraîneur suédois de l’équipe de football anglais, Sven Erik Göransson (”Svennis”). (traduction de Svensk Numismatisk Tidskrift par Marie-Astrid Voisin

BERNADOTTE

lorsqu’on se penche quelque peu sur les biographies de Napoléon et de Bernadotte, on ne peut s’empêcher de constater entre elles une grande analogie. Ces deux destins exceptionnels qu’une étrange fatalité semble s’être ingéniée à rapprocher et à opposer pressentent en effet entre eux bien des ressemblances.

C’est une aventure fabuleuse que vécurent ces deux génies politiques et militaires qui devaient atteindre à la dignité suprême, celle de souverain, alors que rien dans les origines de l’un ou de l’autre ne les destinait à une telle accession.

Certes, le premier, l’un des plus grands héros de tous les temps, a dominé de très haut son époque. Il est entré dans la Légende en même temps que dans l’Histoire et sa carrière fut sans doute plus épique et plus fulgurante que celle du second. Mais alors que l’empire fut sans lendemain, et que sa chute précéda même la mort de son créateur, Bernadotte devenu Charles XIV Jean fonda une dynastie qui règne encore en suède. Cette pérennité, peut-être encore plus que tout le reste, confère à l’existence de l’Enfant du Béarn, sa véritable grandeur.

Jean-Baptiste Jules Bernadotte est né à Pau le 26 janvier 1763, d’un père procureur au sénéchal et de Jeanne de Saint-Jean, dans cette maison de la rue Tran, aujourd’hui aménagée en musée.

En 1780, il décide d’être soldat. Il quitte son emploi de clerc et s’engage dans le Royal Marine. Sergent- Major au début de la Révolution, il obtient son brevet de sous-lieutenant le 9 novembre 1791 après avoir à Marseille, sauvé la vie à son colonel, Monsieur d’Ambert. Il participe aux compagnies de la République. Il commande une demi-brigade, puis, après la bataille de Fleurus, il est nommé général de brigade (29 juin 1794) . On le trouve ensuite au siège de Mayence. Quelques mois plus tard, il arrête les Autrichiens à Creutznach. On note aussi sa présence à Wurtzbourg et à Altenkirchen.

Vers la fin de l’an V, il conduit en Italie un renfort de 20 000 hommes. C’est là que pour la première fois il rencontre Bonaparte. Malgré quelques dissensions qui d’ailleurs finissent par s’aplanir, ce dernier lui confie un commandement à l’avant-garde. C’est pour Bernadotte l’occasion de nouvelles victoires. Il bat plusieurs fois l’Archiduc Charles, notamment lors du passage du Tagliamento et à Palma-Nova. Il s’empare de Trieste le 24 mars 1797.

Bonaparte l’ayant chargé de présenter au Directoire les drapeaux enlevés aux Autrichiens. Il se trouve à Paris au moment du 18 fructidor. Mais il n’en prend aucune part.

En vendémiaire, il est envoyé à Marseille où son esprit de modération parvient à rétablir l’ordre menacé par la Contre-Révolution.
Il assume ensuite divers commandements et divers missions. Nommé Ambassadeur à Vienne, il est désavoué et rappelé par le Directoire à la suite de plusieurs incidents. C’est après son retour qu’il épouse, en août 1998 Désirée Clary, fille d’un négociant à Marseille. Il devient ainsi le beau-frère de Joseph Bonaparte qui, en 1794, avait épousé Julie Clary, sœur de désirée.

Le 3 juillet 1799, Barras l’appelle au ministère de la Guerre où ses talents d’organisateur et d’administrateur lui permettent de résoudre des problèmes difficiles.

A son retour d’Egypte, Bonaparte se brouille avec lui et l’éloigne de Paris en lui donnant le commandement en chef de l’Armée de l’Ouest où le futur Roi de Suède emporte quelques succès. Il le nomme ensuite Gouverneur de la Louisiane et Ambassadeur aux États-unis, mais les circonstances empêchent Bernadotte de rejoindre ces deux postes.

Lors de la proclamation de l’Empire, Napoléon le fait maréchal et le nomme chef de la VIIIe Cohorte de la Légion d’Honneur, puis le 2 février 1805, Grand Aigle de l’ordre.

Bernadotte commande quelque temps l’Armée de Hanovre, il dirige à Austerlitz le 1er corps de la Grande Armée.Pour sa participation importante au succès de la bataille, il reçoit en récompense la Principauté de Ponte-Corvo avec le titre d’Altesse Sérénissime (5 juin 1806).

À l’exception d’un revers à Wagram, qu’il rachète le lendemain, les opérations qui suivent lui permettent d’accomplir de nouveaux exploits. Il est blessé, un première fois, le 4 mars 1807, sur le Passarge, d’une balle dans la tête et une deuxième fois, le 5 juin, à la prise du pont de Spandau. Il doit cependant subir à plusieurs reprises les ressentiments souvent injustifiés de l’Empereur qui lui reproche notamment de n’avoir pas pris part aux batailles d’Iéna, d’Auerstaedt et d’Eylau alors que son inaction est due à l’absence d’ordres ou à l’imprécision des instructions reçues.

C’est alors que ce posa la question de la succession au trône de suède. Le vieux Roi Charles XIII étant resté sans postérité. Le jeune lieutenant Carl Otto Mörner, en mission à Paris, entre, de sa propre initiative, en rapport avec Bernadotte pour lui proposer la couronne. Le Maréchal dont la mésentente avec Napoléon grandit accepte cette offre, avec toutefois le consentement de, l’Empereur. Le 21 août 1810, la Diéte réunit à Oerebro l’élit Prince Royal de suède. Le 5 novembre il arrive à Stockholm en cette qualité et, à la suite de son adoption par Charles XIII dont il devient le suppléant, en qualité d’héritier présomptif de la Couronne. Comme la constitution de sa nouvelle Patrie l’exige, il adopte la Religion Luthérienne. Il adopte en même temps les intérêts du peuple suédois. En 1812 , il signe avec la Russie une convention qui promet à son nouveau pays la possession de la Norvège dont la Couronne, en effet, sera réunie à celle de Suède en 1814.

Désirée, venue rejoindre son mari, accompagné de son fils, le futur Oscar 1er , quelques mois après l’élection , incapable de s’acclimater, retournera seule en France. Ce n’est qu’en 1823 au moment du mariage de son fils avec Josephine de Leuchtenberg, fille d’Eugène de Beauharnais qu’elle se fixera à Stockholm.
aprés la mort de Charles XIII, Bernadotte est proclamé Roi de Suède, sous le nom de Charles XIV Jean. Il est sacré et couronné le 11 mai 1818. Trois mois plus tard, il est sacré Roi de Norvège. Ce n’est qu’en 1823, à son retour de Suède que sa femme sera solennellement couronnée Reine.

Atteint par la maladie au cours de l’hiver 1843, il sera frappé par une attaque de paralysie au début de 1844 et mourra le 8 mars de la même année.

Pendant son règne, Charles XIV Jean s’est entièrement dévoué à la cause de son Royaume au service duquel il a mis ses immenses qualités de politique et d’administrateur. Son gouvernement donna la prospérité à la Suède comme à la Norvège et assura à ces deux pays une longue période de paix. Ce programme orienté vers le bonheur de ses sujets fut dicté au souverain par la belle devise qu’il donna à sa dynastie :

"Que l’amour du Peuple soit ma récompense"

texte écrit en 1963 par David Ojalvo

Conservateur du Musée Bernadotte et du Musée des Beaux-arts de la Ville de Pau

LES MONNAIES COMMÉMORATIVES BERNADOTTE


La Monnaie de Paris a frappé en 2006 deux pièces commémoratives sur Bernadotte, 10 € en or et ¼ € en argent. L’envers montre Bernadotte comme maréchal de France, le revers comme roi de Suède. Cette initiative bien remarquable fut présentée le 7 juin à l’Ambassade de France à Stockholm. S E l’ambassadeur Denis DELBOURG souhaita la bienvenue à tous les invités dans ce beau hôtel, construit il y a cent ans dans une nouvelle partie de la ville, selon un plan étoile, tout à fait à la Haussmann. Monsieur Herman LINDQVIST, écrivain connu, historiographe, parla du maréchal et sa carrière en France; les temps changent, Bernadotte était jusqu’à nos jours pour bien des français un traître, qui avait abandonné Napoléon et s’associait avec ses ennemis. Maintenant on fait attention à la circonstance qu’il était le seul des « napoléoniens », qui restait sur ses trônes (la Suède et la Norvège) jusqu’à sa mort. Monsieur Lars O. LAGERQVIST, président de la branche suédoise de notre société, prit la parole et décrivit Charles Jean comme roi, les couronnements à Stockholm et à Throndheim, sa politique essentiellement conservateur, sa mort en 1844 dans le Palais Royal à Stockholm, et sa dernière dictée (imprimée en 2005 dans notre Bulletin). Il a présenté à l’Ambassadeur une médaille sur le roi Charles Jean, le cadeau d’audience jusqu’à 1844, frappée à Paris en 1821, de laquelle le Cabinet Royal des Monnaies et Médailles à Stockholm dispose d’un nombre de doubles.
Le Directeur de la Monnaie de Paris, Monsieur Dov ZÉRAH, présenta les monnaies et expliqua les causes sous-jacentes des éditions de la Monnaie. Les frappes commémoratives qui ne sont pas de valeurs courantes dans la zone Euro (2 € jusqu’à 1 cent) sont valables seulement en France. Une représentante pour l’agence qui vend les pièces en Suède, Mynthuset SA, Malmö, informa comment les obtenir, si l’on ne visite pas Paris et la Monnaie, Quai de Conti. Les dessins des pièces sont créés par Madame Fabienne COURTIADE; elle a aussi gravé l’avers, mais le graveur du revers fut Monsieur Pierre SAMPO. Les deux travaillent à la Monnaie de Paris. Le portrait de Bernadotte comme maréchal de France a comme modèle le tableau par Fr.J. KINSON à Versailles, qui se trouve comme réplique aussi à l’Ambassade de France à Stockholm. Le portrait du revers est inspiré d’une peinture à l’huile par Fredrik WESTIN des années 1820. Il était le peintre favori du roi. Le fond montre le Palais Royal à Stockholm. La pièce en or pèse 8,45 g (920/1000), mesure 22 mm, la pièce en argent 22,2 g (900/1000), mesure 37 mm.

CE QUE LA SUÈDE DOIT À LA FRANCE

Dès les temps les plus anciens, la France a été en contact avec les pays du Nord, et on connaît les visites que firent les Vikings le long des côtes, visites au cours desquelles pillages et ravages furent choses courantes. Paris même ne fut pas épargné. En opposition avec cette image un peu brutale, en voici une autre plus paisible : un moine français, le bénédictin Ansgarius gagne les pays du Nord au Christianisme. Et c’est ainsi qu’au cours des siècles, un échange constant se produisit entre la France et les pays scandinaves.

Les vieux parchemins narrent les voyages de nos compatriotes en France aux fins les plus divers. Dans le domaine du commerce, un vif courant d’échanges s’établit très tôt et nous voyons le bois, les peaux, et le fer servir de monnaie d’échanges pour nous procurer les denrées qui manquent et en particulier le sel et le vin.

Très vite l’art religieux subit une influence française par l’intermédiaire de l’architecte Etienne de Bonneuil, de la corporation des bâtisseurs de Notre-Dame, appelé à Upsal pour y construire l’une des plus merveilleuses cathédrales du nord . Cela se passait au XIIème siècle.

Un autre chaînon de ces précoces relations fut le mariage de notre roi Magnus Erikson avec la reine Blanche de Namur ; il est curieux de noter que cette femme, célèbre pour sa beauté, portait dans ses armes, outre celles de Namur et de Norvège, le lion de la dynastie des Folkungar et les lys d’argent de France.

C’est vers cette époque que se place l’arrivée à l’Université de Paris des premiers jeunes étudiants suédois, où plus d’un, nommé professeur, eut sa chaire d’enseignement. Les autres, revenant au pays natal, furent investis des plus hautes charges ecclésiastiques et c’est ainsi que leur science puisée en France fut un profit pour la Suède, science dont la philosophie scolastique formait le fond.

Les scandinaves étaient, même à cet époque, les plus nombreux à l’Université de Paris et, pour autant que l’on puisse préciser, on en comptait une cinquantaine par an, à savoir plus qu’aujourd’hui. Comme nous avons maintenant notre Maison suédoise à la Cité Universitaire, ils avaient à leur époque pignon sur rue dans la" Domus Scholarium Sueciae" acheté en 1285 par le savant mécène d’Upsal Andréos And. Cette maison était située au cœur du Quartier Latin, dans la rue Serpente. Une plaque commémorative, élevée il y a quelques années, signalait le fait à l’attention des passants, si je ne m’abuse en ces termes "Lieu où était situé le plus anciens des collèges fondés au Moyen Age pour servir de foyer aux étudiants suédois fréquentant l’Université de Paris."

L’Université de Paris subit un grand essor à cette époque et fut pour nos jeunes Suédois une source féconde. Ils appréciaient hautement la culture française en approfondissant leurs connaissances et en enrichissant leurs âmes.
Ce siècle merveilleux, qui vit se construire tant de belles cathédrales, fit de la France la patrie de la plus haute culture humaniste, le centre d’un mouvement précédant la Renaissance et tendant comme elle à rénover l’âme humaine par la connaissance de l’antiquité et par le réveil de la conscience nationale.

La répercussion de ces contacts sur la suède et sa culture est inappréciable et la dette de reconnaissance envers la culture française n’a cessé d’augmenter de siècle en siècle jusqu’à nos jours. Ces liens intellectuels furent encore consolidés par la création, à la fin du XV e siècle, de l’Université d’Upsal. Mais ce charme de la civilisation française qui exerce son influence sur nous, Suédois, à travers les siècles, n’a pas trouvé ses moyens d’expression seulement à Paris et dans son antique Sorbonne, mais aussi dans les divers domaines de la vie intellectuelle des autres villes de France.

Je ne puis citer qu’en passant l’influence sur notre industrie qu’eurent les mineurs de la langue française - pour la plupart Vallons - qui émigrèrent en Suède. Le Roi si "Renaissance " que fut Erik XIV, fils de Gustav Wasa, appela en suède des artistes français et eut un historiographe également français. Malgré le grand nombre d’œuvres d’art que la guerre de Trente ans amena d’Allemagne, ce n’est pas tant ce pays que la France catholique qui devait façonner notre savoir d’années en années et les rapports franco-suédois s’intensifièrent. Je citerai pour témoin notre reine Christine qui s’orienta si fortement vers les choses de France. Elle fit entre autre, venir le savant René Descartes et eut son peintre français à la Cour en la personne de Sébastien Bourdon. La littérature suédoise mit un point d’honneur à suivre les doctrines de Boileau. Nos architectes prenaient modèle sur Versailles, et les parcs se dessinaient sur le modèle de ceux de Le Nôtre. Le XVIIIème siècle fut marqué au coin de la culture française.

Sans doute l’émigration vers la France est-elle moins conséquente que l’inverse, mais vers le milieu du XVIIème siècle cependant, un Königsmark, à la demande de Turenne, lève un régiment de cavalerie pour le compte de la France. Vers la fin de ce siècle, sous le commandement du Comte Sparre, beau-père du Comte de Tessin, il prend le nom de Royal suédois. Ce fut une sorte d’école militaire pour nos officiers suédois et le drapeau du régiment fut victorieusement présent à de nombreuses batailles. Ce régiment fut tristement dissout à la Révolution française.

Nos savants et nos artistes ont été en rapport avec la France jadis comme de nos jours. Il nous suffit de citer Linné, le botaniste, et le chimiste Berzelius, élève de Berthelot.

La colonie d’artistes suédois à Paris remonte à quelque deux cent cinquante ans. Déjà l’année précédant la mort de Charles XII, l’émailleur suédois Charles Boit fut admis à l’académie des beaux-Arts. Au cours des années suivantes, le pastelliste Gustav Lundberg exerça son art aimable, apprécié de la Cour et du monde, fut membre de l’Académie et peintre de Louis XV ; La même gloire échut au portraitiste Alexandre Roslin et au merveilleux peintre en miniatures Per Adolf Hall. Le peintre suédois Nicolas Lafrensen, qui franchisa son nom en Lavreince, conquit le cœur des parisiens par l’élégance de son art. Ses gouaches délicieuses qui illustrent si bien l’histoire du XVIIIème siècle, appartiennent de nos jours aux pièces rares du marché international. Avec Roslin, Wertmüller exposa au salon, et bien connu est son tableau de Marie-Antoinette avec ses enfants dans le parc du Petit Trianon.
Jamais l’influence française en suède ne fut si forte que durant le XVIIIème siècle. Si nos artistes furent connus à paris, les artistes venus en Suède eurent également une influence dominante sur le développement du goût français dans ce pays. Il nous suffira de nommer le Comte Charles Gustave Tessin, créateur de l’Académie des Beaux –Arts de Suède, d’après celle de France, et dont le premier directeur fut le peintre français Guillaume Thomas Taraval.

Un autre nom important aussi est celui du sculpteur, Jacques Philippe Bouchardon, frère d’Edmé Bouchardon. Nous ne pouvons passer sous silence la brillante ambassade du Comte de Tessin à Paris, qui, pendant ce séjour, acheta à se ruiner toutes ces oeuvres d’art français qui sont aujourd’hui l’orgueil de notre musée à Stockholm. Le Comte de Tessin fut nommé plus tard surintendant des bâtiments royaux.

C’est grâce à lui que furent connues en Suède les oeuvres de Rigaud, Nattier, Tocqué, Chardin , Lancret, Bouchet, Oudry et bien d’autres. Les riches collections de Tessin eurent une influence prépondérante sur la Suède, assez pauvre à cette époque en belles oeuvres d’art. Hélas ses compatriotes ne surent pas apprécier à leur juste valeur ses efforts dans ce domaine. Ils virent plutôt en lui un gaspilleur. Mais le Comte de Tessin défendait ses achats onéreux et importants par ces mots fameux, que je ne puis m’empêcher de citer " Un affamé, qui dispose de ses dents et de sa liberté, peut-il rester devant une table toute servie sans manger ? "

Au cours du siècle suivant –le dix-neuvième siècle – l’art français fut encore une source d’inspiration pour nos artistes et ce sont de joyeux souvenirs qui restent de notre petite colonie d’artistes suédois à Grez-sur-Loing, dans les environs de Fontainebleau .

Cet héritage des temps anciens est toujours géré avec le même soin et les relations toujours étroites entre les deux pays. La même culture et l’art, la littérature et les modes, sont encore redevables en grande partie à la "Douce France".

L’épanouissement de l’art suédois contemporain a ses racines profondément enfoncées dans la terre de France. Nous sommes sur le sol classique.

Quoique chaque nation doive garder sa personnalité, elle ne doit pas non plus perdre le contact avec la vie intellectuelle des autres pays civilisés, et mon souhait est que mon pays ne brise jamais le lien qui rattache la Suède à l’esprit et au génie français, fidèle gardien de l’héritage gréco-romain et rayonnant aujourd’hui comme hier de clarté et d’universalité.

texte écrit en 1963 par Gunnar W. Lundberg

Directeur Fondateur de l’Institut Tessin
Conseiller culturel auprès de l’Ambassade de Suède à Paris
Président de la Société des Amis du Musée Bernadotte.

VISITE DES MEMBRES DE LA FAMILLE SUÉDOISE BERNADOTTE AU MUSÉE BERNADOTTE



Il existe des hommes et des femmes qui veulent faire évoluer les choses et qui désirent que "l’Esprit des Bernadotte" perdure, que "l’Esprit de Famille" demeure. Des gens dont l’intelligence est telle que le contact se fait facilement et que l’on a l’impression de se connaître depuis toujours.

Ceux que nous avons eu l’honneur d’accueillir au musée en font partie.

Christina Bernadotte Af Wisborg m’avait promis qu’elle viendrait visiter le musée, mais que son emploi du temps ne lui permettait pas de me fixer une date. Alors après quelques mois, non seulement elle a tenu sa promesse, mais elle m’a fait le plaisir de venir accompagnée des membres de sa famille, dont son père, le Comte Oscar Bernadotte Af Wisborg .

La visite commentée par Jean-Marc, gardien du musée, a fortement intéressé nos visiteurs, notamment le Comte Oscar Bernadotte qui n’avait pas eu l’occasion de revenir dans la maison natale de son aïeul depuis 1947.

Une journée riche en échanges et qui, je l’espère, aura été aussi agréable pour nos hôtes qu’elle l’a été pour nous.

MARIE-MARTINE GOMEZ OU LA FANTASTIQUE FAISEUSE D’IMAGES



Marie-Martine Gomez est la fille du célèbre maître verrier et mosaïste Jean Lesquibe, Ce dernier lui a fait découvrir Arnaga, un soir de son et lumière, tout en lui narrant l’histoire de Murat et Napoléon.
Depuis, le temps à coulé et de ses expositions à New-York ou Tokyo en passant par Londres, Rome, Paris, elle transporte son talent, son humour, sa précision technique, son univers fantastique entre enfance et clair voyance. A tel point que certains critiques l’ont comparé à Magritte ou Dali . "Mais je crois que je suis inclassable, je n’en ai pas envie et j’en suis fière" dit elle en souriant.

Portraitiste de grands noms, réalisatrice de logos, d’affiches, elle puise son inspiration dans la vie des figures prestigieuses de l’histoire de France et l’interprétation humoristique qu elle en a.

Marie Martine Gomez avait crée quelques tableaux sur le thème de "l’Aiglon ". C’est alors que commandée dans le cadre du bicentenaire de Napoléon par Jacques Le Gay, descendant de maréchal d’Empire et par le baron Claude Napoléon de Mérieval, descendant direct du secrétaire particulier de Napoléon, elle à consacrer une série à l’épopée napoléonienne.

Marie-Martine GOMEZ - "l’Obsidienne"
19, Av. du Cardinal Lavigerie – 64100 Bayonne - ( : 05.59.59.26.11 )

LA RÉUNION ANNUELLE DE 2006 DE LA SOCIÉTÉ DES AMIS DU MUSÉE BERNADOTTE, BRANCHE SUÉDOISE.

La réunion annuelle de la Société des amis du Musée Bernadotte, branche suédoise, en la présence d’environ 30 membres, a eu lieu dans l’ancienne salle à manger Charles XV au Palais royal de Stockholm. La réunion a été ouverte par le président de l’Association, Lars O. LAGERQVIST, qui au nom du comité a souhaité la bienvenue à tous les membres présents. La réunion s’est déroulée selon l’ordre du jour, le rapport annuel ainsi que le bilan ont été lus et approuvés. Le comité a ensuite obtenu la décharge et a été réélu pour un nouveau mandat.

Les hauts protecteurs de l’Association Leurs Majestés le Roi et la Reine ont reçu un hommage télégraphique du Comité, un hommage qui fut rendu. Au grand plaisir de notre Association, nous avons reçu l’accord de pouvoir nommer pour premier membre honoraire Son Altesse Royale la Princesse Héritière Victoria. La branche suédoise a durant l’année 2005 eu un total de 145 membres.

Après la réunion annuelle le journaliste et l’auteur, Madame Magdalena de RIBBING, a tenu un exposé fascinant et intéressant sur ”Les joyaux de la famille Bernadotte”. La soirée s’est terminée avec un dîner au Cabinet Royal des Monnaies et Médailles.

Stockholm, le 19 avril 2006 - Leif T. JANSSON (Trésorier de la Société)

(traduit du suédois par Marie-Astrid Voisin, Conservateur auprès du Cabinet Royal des Monnaies et Médailles)

L’ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT - juillet 2006



Ce début d’année 2006 aura endeuillée notre association. En effet les disparitions de Messieurs André LABARRERE et de Christian BAZIN laisseront un grand vide intellectuel au sein de notre association.

Le Sénateur Maire de Pau a toujours œuvré pour faire reconnaître Jean-Baptiste Bernadotte en autre, à travers la vitrine que représente le musée. Il avait de grande ambition pour faire valoir cette enfant du pays, tel ce projet d’une magnifique statue de celui qui devint Roi de Suède Nous perdons non seulement un membre éminent de notre association, mais un grand défendeur de nos actions..

Christian Bazin a certainement écrit l’un des meilleurs ouvrages sur l’illustre personnage qu’est Jean-Baptiste Bernadotte. "Bernadotte, un cadet de Gascogne sur le trône de Suède". Centralien, diplômé de Sciences Politiques et de la Columbia Université de New-york, il portait un grand intérêt aux bouleversements de la révolution française et à l’Empire et avait un regard objectif sur la carrière historique de celui qui allait devenir Roi de Suède.

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Je profite de cet encart pour remercier un de nos membres, en l’occurrence Monsieur Robert Malus. Ce dernier a réalisé un très bel opuscule relatif au fabuleux destin des sœurs Clary. Un document riche en information, qui sera prochainement consultable sur notre site.

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Chez les « Bernadotte » l’Art est une seconde nature, qu’il soit pictural, littéraire ou autre. C’est pourquoi nous avons décidé d’y consacrer une chronique dans nos bulletins. De plus, comme notre site devrait être opérationnel cette année, nous insérerons, en autre, une rubrique avec les différentes photos des œuvres de nos artistes avec leurs coordonnées ainsi que les liens Internet utiles.
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Dernièrement, une question insolite m’a été posée : Jean-Baptiste Bernadotte était-il Franc-Maçon ?

Certes, il existe une historiographie officielle ou du moins classique de la franc-maçonnerie, société dont le secret nourrit tous les fantasmes. Une franc-maçonnerie respectueuse des puissants de l'heure, policée et symbolâtre à souhait. Cependant, toute société organisée étant par essence conservatrice, il faut donc des hommes décidés pour écrire les seules pages de l'histoire qui méritent qu'on ouvre et qu'on pose le livre : celles des révolutions.

Depuis 1789, ils ont conquis le monde à leurs idées. Vérifiant ainsi le vieil adage : "la franc-maçonnerie nulle part, les francs-maçons partout". Parmi eux se trouve effectivement Jean-Baptiste Bernadotte. Il a été reçu initié en France par une " loge militaire " A noter que la plupart des généraux de l’époque ont également été reçus "frères" ( Kellermann, Masséna et Soult) Après son accession au trône de Suède, il devient Grand Maître.


Pour votre information, il faut savoir que plusieurs "Bernadotte" ont également été initiés maçon, en l’occurrence, le fils de Jean-Baptiste (Oscar) qui fut Grand Maître de la Loge suédoise et le Roi de Suède Gustave-Adolphe VI, pour ne citer qu’eux…