dimanche, septembre 17, 2006

L’esprit " BERNADOTTE" par Bertil BERNADOTTE- 2005

La France a fait un grand cadeau à la Scandinavie en 1810 quand le Maréchal Bernadotte est devenu Prince Royal et ensuite Roi de Suède et Norvège
Il est étonnant de constater qu’un seul homme peut arriver à changer une " Culture de guerre " en " culture de paix ". En 1810 le maréchal d’Empire Charles Jean Bernadotte a accédé au trône de la Suède, un pays dans lequel avait régné la " culture de guerre " depuis 1000 ans. En peu de temps il a instauré la " culture de paix ". Voici ce qu’a écrit à son sujet en 1835 le ministre français des Affaires Etrangères le duc de Broglie?:
Le Roi que la nation s’est choisi a su, sinon lui rendre, ce qui n’était plus possible, le rang dont elle était à jamais déchu, au moins la replacer dans des conditions honorables et créer dans son sein de nouveaux éléments de prospérité. Charles Jean s’est attaché à rétablir au moyen d’une administration sage et économe, ses forces épuisées dans des entreprises insensées.
André Chamson de l’Académie française a ajouté :
"Ce que je veux avant tout, c’est essayer de comprendre ce que ce petit Béarnais, devenu roi d’un pays qui n’était pas celui de sa naissance, a pu apporter à sa nouvelle patrie. Est-ce vraiment un maréchal d’Empire qui est monté sur le trône de Suède ? Est-ce un de ces seigneurs de la guerre formé par des années de conquêtes, de spoliations, de pillages, un de ces guerriers habitués à vivre sur les pays vaincus, amateurs d’œuvres d’art qui ne leur appartenaient pas, peu regardant sur les cadeaux que pouvaient leur faire les villes occupées, les provinces soumises à leur loi??"Ce n’est pas un maréchal comme les autres qui fut choisi pour être prince royal de Suède. Ce maréchal fut assez lucide, alors que sa nouvelle patrie était profondément blessée par la perte de la Finlande, pour la détourner de tout esprit de revanche, et pour l’incliner vers une neutralité qui lui a permis de jouer le rôle qui est le sien jusque dans les temps modernes. C’est sur cette sagesse qu’il a fondé une dynastie qui est une des seules a avoir subi victorieusement l’épreuve du temps depuis bientôt près de deux siècles.
Pour la première fois, peut-être, nous voyons se déchirer - non sans éprouver par moment une sorte de scandale (et se déchirer autrement que par la trahison), la fatigue ou le double jeu, ce destin de dépendance absolue qui est celui de tous ceux qui servirent l'Empereur. Si nous sommes ainsi parfois scandalisés, c'est, sans doute, parce que les plus philosophe d'entre nous et même, au-delà de la philosophie, les plus attachés à la liberté, n'ont pas encore tout à fait rompu le serment de fidélité que l'enseignement qui nous est donné, de l'école primaire à l'université, et toutes nos habitudes d'esprit, et toutes nos traditions, et notre longue expérience des malheurs, nous ont fait prêter à cet Homme que nous considérons toujours obscurément comme l'héritier de la Révolution.
Le prince royal de Suède ne dira pas, quand il lui faudra changer de religion : " Paris vaut bien une messe ", mais il découvrira qu'il est du pays de Jeanne d'Albret, qu'il a grandi au milieu- des réformés, qu'il a reçu leur enseignement et leur exemple. Rien ne sera plus naturel que sa conversion.
Sous le règne du petit-fils du Roi Charles Jean, Oscar II, il était question de construire une forteresse à la frontière russe à Kirkenes. Oscar II s’est opposé à ce projet et a ordonné la construction d’une église à la place de la forteresse. L’église y est toujours et témoigne de la " culture de la paix " venue de France. La forteresse aurait sans doute été une incitation à la guerre.
Un autre descendant du Roi Charles Jean, Folke Bernadotte, fut assassiné en Palestine 1948. Il y était en mission de paix pour les Nations Unies.
Grâce à la dynastie des Bernadotte la Suède a pu éviter les guerres et vivre en paix pendant 190 années alors que le peuple suédois était connu pour son attitude de guerrier depuis toujours. Cette nouvelle " culture de non-violence " a déteint dans tous les domaines, enseignement, industrie, juridique, conduite, politique et relations humaines. La volonté d’œuvrer pour la paix dans le monde a été encore soulignée par l’instauration du Prix Nobel de la Paix et l’habitude de régler les conflits sociaux de manière pacifique et ne faire appel qu’exceptionnellement aux actes de violence comme les grèves, les émeutes, etc.
La France qui revendique la paternité du " Droit de l’Homme ". Selon le Prix Nobel